‹ Œuvres diverses (volume 2)Chapitre 41 sur 45 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

Mort de MM. des Réaux et Pelisson.

'Ç^B^ 10 novembre, mourut à Paris, dans '%ji^^ sa maison près la porte de Richelieu, •^^Ç^ nion cher ami M. des Réaux : c'étoit un des plus hommes d'honneur et de la plus grande probité que j'aie jamais connu. Outre les grandes qualités de 3on esprit , il avoit la mémoire admirable, écrivoit bien, en vers et en prose , et avec une merveilleuse facilité. Si la composition lui eût donné plus de peine, elle auroit pu être plus correcte; il se contentoit un peu trop de ses premières pensées , car, du reste ^ il avoit l'esprit beau et fécond , et peu de gens en ont autant que lui. Jamais homme ne fut plus exact : il parloit en bons termes et fa-

cilement et racontoit aussi bien qivhomme de France.

Le 7 février 1693, mourut à Paris M. Péiisson, dans la maison abbatiale de Saint-Germaindes-Prés. C'étoit un homme d'un grand mérite, ses ouvrages sont des premiers de sa capacité. Son chef-d'œuTre, c'est l'histoire de l'académie ; sa préface des ouvrages de M. Sarazin est aussi fort estimée. Il fit beaucoup de traités sur des matières de religion . 11 mourut sans recevoir les sacrements, non pas par mépris de ces secours si nécessaires aux chrétiens ^ la mort le surprit : depuis sa conversion je ne le vis jamais que dans des sentiments très-cathdiques ; c'étoit un fort honnête homme d'honneur ; peut-être qu'il ne manquoit pas un peu d'ambition, cela lui étoit en quelque sorte pardonnable , il éloit de Castres ; d'ailleurs il étoit généralement applaudi.

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