‹ Œuvres diverses (volume 2)Chapitre 40 sur 45 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

itf. Le Tellier administre le diocèse.

'^8?^^ 8 novembre 1684, le chapitre orfe^ rW donna qu'à l'avenir on ôteroit le clia- «JEi^^ peron à rélévation du Saint-Sacrement; l'ancienne coutume d'avoir le chaperon sur la tête fut changée sur ce qu'on rapporta que S. M., entendant la messe dans l'égUse de Reims, avoit été scandalisée de voir les chanoines couverts à l'élévation, jusque-là qu'il fut sur le point de leur envoyer commander de se découvrir, ce qu'il ne fit pourtant pas; 3Ionsieur l'Archevêque en donna aussi l'exemple, et ne se couvroit plus à l'élévation.

Le 15 septembre, Monsieur l'Archevêque arriva à Reiras, où il demeura peu de temps ; il alla à Sedan, pour avancer la conversion de huguenots de cette ville-là ; vingt-quatre familles hérétiques se convertirent. Madame de Termes, jusque-là fort arrêtée dans sa religion, fit aussi abjuration. De Sedan, Monsieur l'archevêque

revint à Reims, fut à Ay, où il reçut l'abjuration de tous les huguenots de ce lieu-là : ce fut le 20 octobre que cette al)juration se fit ; ensuite il revint à Reims ; il nous lut la révocation de redit de Nantes, et nous dit que tout exercice de la religion prétendue réformée avoit cessé à Paris, et que l'on travailloit à démolir le temple de Charenton.

Le 50 octobre mourut à Paris M. Michel Le Tellier, chancelier de France; on sonna à Reims pour ce seigneur, comme pour les archevêques défunts.

Le lendemain de la Toussaint le Roi, étant à Fontainebleau, nomma M. Boucherai, ancien conseiller d'Etat, chancelier de France.

Le 25 octobre 1688, Monsieur l'Archevêque arriva à Reims ; il fut à Sedan avec le sieur Cote, architecte du Roi , beau-frère de Mansard , architecte de Versailles , pour résoudre de la construction du portail de l'église de Sedan.

Sur la fin de son séjour à Reims, il fit assembler l'université pour adhérer à l'appel interjeté par M. le procureur général , au futur concile, de tout ce que le Pape a fait ou pourroit faire

au préjudice du Roi et du royaume, des liberté? de l'Eglise gallicane, etc. L'acte est du "2(3 ou 27 novembre 16S8.

Le 27 novembre, il obligea quatre pères jésuites, savoir le père Lioncourt, provincial, le père Audry, recteur du collège de Reims, le père Parent et le père Béguin, ancien jésuite, âgé de près de quatre-vingt ans, à se rétracter de certaines propositions contenues dans un livre manuscrit composé par ce père Béguin et approuvé par ces pères.

Le 29 novembre 1688, M. de Reims dit, en parlant pour Paris, que nous avions un mauvais organiste et une mauvaise horloge; que nos orgues étoient les meilleures de France, comme il est vrai , mais que l'organiste étoit le pindu royaume, ce qui est vrai encore. Le lundi 21 avril, à neuf heures du matin, mourut à Paris , chez Monsieur l'Archevêque, à l'hôtel do Longueville, M. Philippe le Feron , docteur de Sorbonne , chanoine et vidame de l'église de Reims, grand-vicaire et ofllcial de Monsieur l'Archevêque ; sa mort lui fui causée par un coup de pied de cheval à la jambe. C'est dommage, c'éloit un bon homme, franc, sincère, libéral,

aumônier, et de ces gens qui savent agonisari pro justilid, mque ad mortem.

Le 11 octobre 1692, il tomba de la neige en quantité ; le jour d'auparavant il avoit gelé à glace : la vendange n'étoit pas encore faite, et l'on doutoit si l'on en feroit.

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