CLXXX MAUCROIX
temporel des évêclîés vacants. Ce droit, que le gouvernement faisoit remonter au temps de Louis-le- Jeune, ne s'éloit point exercé sans conteslalions de la part de quelques prélats françois. Ces mécontents, qu'on désignoit sous le titre discrédité d'ultramontains, prétendoient que, selon les lois divines et humaines, les biens meubles et immeubles de l'évêque défunt apparlenoient à son successeur. De là des procès fréquents portés au parlement par les chapitres elles évêques qui persistoient à se croire exempts du droit royal. Louis XIV entreprit de les soumettre et de faire cesser les réclamations de ce genre. Après plusieurs édits et déclarations, le haut clergé se soumit, à la seule exception des évêques d'Alet et de Pamiers, dont le pape Innocent XI approuva la résistance. L'affaire ayant acquis par là un caractère assez grave, le roi convoqua l'assemblée du clergé et la chargea de l'examiner avec soin. A la tête du parti de la cour qui pressoil une solution contraire à la politique romaine et aux intérêts des évêques, se trouvoient, avec Bossuet, Achille de Harlay, archevêque de Paris, et Charles-Maurice Le Tellier, archevêque de Reims, trois prélats d'un rare mérite sans doute, mais connus par leur condescendance excessive pour le pouvoir. On a beaucoup écrit sur ce point de notre histoire ecclésiastique : et pourtant, qu'on me permette de citer ce que pensoit Colbert des actes et des chefs de cette assemblée de 1682. Dans Le Testament politique publié sous le nom de ce grand ministre (attribution contestable sans doute,