‹ Œuvres diversesChapitre 102 sur 221 · SA VIE ET SES OUVRAGES. CLXXXI · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES OUVRAGES. CLXXXI

mais qui n'ôte rien à ce qu'on y trouve de judicieux et de sensé), on lit ce passage remarquable : Colbert s'adresse à Louis XIV :

« L'archevêque de Paris, qui n'aimoit pas la cour de Rome, parce qu'il ne la trouvoit pas disposée à lui accorder le chapeau de cardinal, mit si bien en tête à Votre Majesté que cette affaire étoit juste, qu'elle fit réponse au pape en conformité de son avis . . Cet archevêque de Paris n'eût pas été fâché de faire un schisme, pour pousser sa fortune encore plus loin qu'elle n'étoit... Et s'étant trouvés, la première fois, chez l'archevêque de Paris, au nombre de sept archevêques et de trente évêques, ils élurent pour présidents les archevêques de Paris et de Reims, tous deux fort habiles, mais dont la science étoit moins nécessaire là que des sentiments de religion. Les autres qui composoient cette assemblée étoient à peu près de même trempe, et si dévoués aux volontés de Votre Majesté, que si elle eût voulu substituer l'Alcoran à la place de l'Evangile, ils y auroient aussitôt donné les mains. »

Parmi ces autres, et non parmi les moindres, on n'est pas peu surpris de voir figurer le chanoine Maucroix, pour qui, les affaires de ce genre dévoient avoir peu d'intérêt; depuis surtout sa malencontreuse ambassade, et les ennuis de son sénéchalat , les choses de la république , comme dit Montaigne, n'étoient guère de son gibier. On ne comprend pas trop comment notre homme, avec sa philosophique devise Gaudium pacis, et les antécédants qu'on lui connoit, s'étoit laissé nommer dé-

CLXXXll MAUCROIX.

pillé du clergé de Reims. Peut-être avoit-il cédé aux ordres de M. Le Tellier, qui comptoit tirer parti de ses îumières dans les questions difficiles qu'alloit traiter l'assemblée. L'idée de se rapprocher de ses amis, de se retremper dans le courant des choses parisiennes, put aussi décider Maucroix. Quoi -qu'il eu soit, nous devons aux hautes fonctions dont il fut alors revêtu les lettres les plus piquantes du recueil que nous publions.

Elles sont, la plupart, à l'adresse du chanoine Favart Sans leur secours nous ne connoitrions pas Maucroix. C'est là qu'effectivement on puise, avec l'intelligence de son caractère, l'explication de toute sa vie. Les livres qu'on avoit de lui, ses petits mémoires, l'édition même de M. Walckenaer, y compris la biographie qui l'accompagne, tout cela n'offre qu'un côté de la médaille, le buste en profil grec : les lettres au chanoine Favart achèvent le portrait. Maucroix s'y peint au vif et tel qu'il est véritablement.

« Il faut un peu excuser les gens, écrit-il dans sa lettre du 7 octobre 1681, qui ne disposent pas de leur temps comme ils voudroient. Je vous aurois fait plus tôt réponse si j'en avois eu le loisir. Ohl mon ami, que Scaramouche est un grand personnage I C'est lui qui a dit ; Bella cosa e farniente. Je n'ai pourtant pas fait grand'chose encore, je n'ai fait que ma cour et m'ennuyer à Paris, car, entre nous, je m'y ennuie et ne m'y console que par l'espérance du retour .. Je vous assure, mon cher, qu'il n'y a point de député du deuxième or-

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