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ne se contentoient pas seulement de bien faire, ils s'étudioient encore à bien parier, comme les Ciirysostôme et les Grégoire de Naziance, qui employèrent lant d'années à l'étude des belles -lettres; Astérius se nomme aussi le nourrisson des muses, et fait connoitre le commerce qu'il avoit avec Démosthènes , le plus excellent orateur de la Grèce. Tous ces grands personnages éloient bien éloignés de l'opinion de ceux qui se déclarent contre l'éloquence et qui voudroient même la bannir de la chaire de la vérité; ils prélendroient volontiers que l'Evangile ne doit être annoncé aux peuples qu'en des termes rudes et mal polis ; comme si un prédicateur devoit renoncer à un art qui n'a été inventé que pour détruire le vice et pour honorer la vertu. »
Maucroix avoit été amené à s'occuper d' Astérius, évêque d'Amasie, au v^ siècle, par les conseils de son ami PeUisson , qui professoit une estime profonde pour cet orateur chrétien. Avant l'édition des cinq homélies données à Anvers, en 1608, par le jurisconsulte Phil. Rubanius, on ne connoissoit d' Astérius que quelques sermons conservés par Photius. A ces cinq homélies le dominicain Fr. Combéfis avoit, en 1648, ajouté sept autres pièces du même genre, déjà publiées, mais sous le nom de Photius, patriarche de Constantinople.
A quelque temps de là, sans que je puisse en préciser la date, 31aucroix dédioit encore à l'évêque de Soissons un petit poème de deux cents vers, intitulé Les SoUlaires. Je n'ai pas retrouvé l'occa-
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sion de cette petite composition, qui sort tout à fait du genre habituel de Maucroix. La pensée qui domine la pièce, c'est que l'état de mariage n'est pas un obstacle au salut , et que le monde et ses joies n'excluent pas la pratique de la vertu. Le style en est sage, égal et d'une élégance poétique assez soutenue; mais la verve juvénile manque à l'œuvre. 11 y règne un sentiment de tolérance, qui, bien qu'évangélique, n'exclut pas le ressouvenir de la philosophie ancienne, dont Maucroix avoit fait une étude approfondie. La même influence se fait encore jour dans ce quatrain, qu'il fit à l'âge de quatre-vingts ans :
Chaque jour est un bien que du ciel je reeoi, Je jouis aujourd'hui de celui qu'il me donne; Il n'appartient pas plus aux jeunes gens qu'à moi, Et celui de demain n'appartient à personne.
Cependant, quoique chargé d'ans, Maucroix n'en conservoit pas moins , avec une santé vigoureuse, toute la verve sarcastique de son jeune âge. De petites tracasseries suscitées par l'hôtel de ville, à propos de taxes prélevées pour les travaux des fortifications et l'éclairage de nuit nouvellement en «sage ^, avoient fait naître de divers points de la ville
•1 L'édit qui prescrivoit l'établissement des lanternes dans les principales villes du royaume est du mois de juillet 1G97. 11 y est dit que les maires et échevins auroient inspection directe, et privative à tous autres, surlesdites lanternes pour en connoître et juger sommairement, condamner aux amendes... etc. Et à ce propos, un historien de
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des raécontenlements , des murmures et des épigrammes. Dans un pamphlet du temps, nous trouvons ce curieux passage : « Pouvoit-on désirer un magistrat plus éclairé que Julius Xwscits? (Louis Rolland, lieutenant des habitants, de 1691 à 1697.) Sa longue expérience des affaires publiques et particulières avoit fait naître pour lui dans les cœurs la confiance et l'espérance, sur lesquelles on l'a porté au consulat. Cependant, tant de lumières n'ont produit à la ville que l'établissement d'un triste luminaire, entretenu d'un impôt sur le pain , et dont la mauvaise lueur sert moins à éclairer le peuple qu'à l'affliger par le souvenir de ce qu'elle lui coûte. Belle origine de la noblesse que ce bien-aimé magistrat a méritée pour récompense de son administration, dont les premiers litres seront les registres des entrées pour la farine! » (P. Dorigiw, Lettre rti>/.iVo&/et, 30 avril 1702.)
Il faut ajouter à ce petit exposé que le lieutenant Julius Luscus, si rigoureux pour l'exécution des édits, l'étoit infiniment moins dans la vie privée, et que l'hilarité publique avoit accueilli le récit de quelques-unes de ses déconvenues conjugales. Maucroix, après avoir inutilement excipé de ses droits à l'exemption du double tribut, s'exécuta, mais en décochant ce trait à l'impitoyable lieutenant :
Reims écrit : «La ville paya au roi, la somme de 81,000 livres pour l'établissement des lanternes, et pour fournir cette somme, on imposa le droit d'entrée sur les farines do froment pendant trois ans. » (Haluze, Hist. de Reims, fonds Levèque-Laravalière, an 1701.)
CCXXIV MAUCROIX.
Lisandre, tempère ta bile!
Aussi bien est-elle inutile.
Car, quand ton intendant fichu Nous fera payer des lanternes, Des armes et des balivernes, Tu n'en seras pas moins c...
Malgré les joyeuselés souvent indiscrètes de sa muse, lAIaucroix, je le répète, n'avoit jamais cessé d'être chrétien. D'ailleurs l'âge, encore plus que les infirmités, l'inslruisanl assez de sa fin prochaine, il se prépara longtemps avant l'heure au terrible départ. Les archives du Chapitre de Reims m'ont fourni la copie de son testament. Il est simple, laconique et sans ambiguïté. On l'y voit, convaincu des hautes vérités de la religion, fidèle au souvenir de son frère, ami constant et maître généreux, léguer tous ses biens à ceux dont il eut soixante années l'attachement et la confraternité.
Ce fut madame l'abbesse de Saint-Pierre-les- Dames, Marguerite-Angélique de Bélhune, femme alors d'une grande vertu, et dont nous avons eu occasion de parler, que ?daucroix fit dépositaire de ses dernières volontés.
Après cette grande émotion qui suit l'accomplissement de l'acte suprême appelé testament , il semble, quand il a lieu dans des circonstances aussi tardives de la vie, qu'il ne doive plus rester à l'homme que le besoin du repos et de la contemplalion. Il n'en fut point ainsi pour François 3tau-