‹ Œuvres diversesChapitre 122 sur 221 · A OLYMPE · texte numérisé non relu

A OLYMPE

^^^^^^LYMPE, que ce jour fut fatal à ma joie ç^^^^Quand detesdoux altrailsmoii cœur devintla proie .l^f^^AO que de mon repos le sort fut envieux Alors que dans le temps il t'offroit à mes yeux !

l Cette élégie a éié imprimée pour la première fois dans le recueil des Poésies choisies de Charlesxde Sercy, édit. 1G60, t. V, p. 509.

Grands Dieux que j'invoquois, portiez-vous tant d'envie

Au calme bienheureux où je passois ma vie ?

Jusqu'à ce jour fatal mes désirs impuissants

N'avoient point prétendu l'empire de mes sens ;

Jamais lille à mes yeux n'avoit coûté des larmes;

Je parlois de l'Amour comme d'un dieu sans armes :

Et tous ses désespoirs, ses plaintes, ses tourments

Passoient dans mon esprit pour feintes de romans.

Mais que de faux pensers mon ame étoit déçue !

J'en reconnus l'erreug sitôt que je t'eus vue;

J'éprouvai de tes yeux l'invincibic pouvoir,

Et je fus aussi prompt à t'aimer qu'à te voir.

J'ai ressenti depuis un mal si véritable,

Que j'ai bien vu qu'Amour n'étoit pas une fable.

Et mes propres tourments ne m'ont que trop appris

Que ce n'est point un dieu qu'on traite avec mépris.

Si quelquefois d'Urfé, dont tu fais ton élude,

D'un amant malheureux dépeint l'inquiétude,

Olympe, si tu vois qu'il soupire en tous lieux.

Que les plus doux objets d'^plaisent à ses yeux,

Que pour flatter un peu la douleur qui le presse

Il répète cent fois le nom de sa maîtresse,

Qu'il jure de souffrir un tourment sans égal,

Que toujours il déteste et chérisse son mal,

Ne crois pas que d'Urfé te fasse une imposture,

Et décrive des maux que personne n'endure.

Le ciel me puisse-t-il refuser son secours,

S'il n'en dit l)raucoup moins qu'on n'en voit tous les jour

DE 3IAU0R01X. i»

Car Amour m'est témoin que ma douleur est pire, Et que j'en souffre plus qu'il n'en pouvoil écrire. Toi-même, vois quels maux il faut avoir soufferts î Ils m'ont fait consulter pour ilélacher mes fers, Kt jusques à tel point ma douleur est venue, Que j'eusse bien voulu ne l'avoir point connue. J'ai fait pour mon repos des pi'ojets superflus, Et j'ai dit mille fois : Je ne la verrai plus ' Ma s que les vrais amants gardent mal ces paroles, r.l que tous ces serments sont des serments frivoles î Je n'avois pas juré de vivre librement, Que je brûlois déjtà de rompre mo:i serment. La raison avoit beau combattre cetie envie : Je regardois assez le repos de ma vie. Mais lu me possédois avec tant de pouvoir, Qu'enfin je concîuois qu'il falloil te revoir; De si peu de bon sens mon ame étoil pourvue, Que même j'espérois me guérir par ta vue, Et trouver dans tes yeux qui peuvent tout charmer Quelques légers défauts pour ne les plus aimer. Je disois... (Mais, ô dieux, le disois-je sans crime?) Sa beauté seroit-eile au point où je l'estime? Amour en sa faveur m'auroit-il point surpris? Kt peut- on bien juger quand on est iùen épris? Je trois qu'on ne voit rien si beau que son visage; Mais qui n'en dit autant de l'objet qui l'engage? Un autre comme moi lient le même discours, Et jamais un amant ne blâme ses amours;

Chacun à son avis aime la plus parfaite,

Et veut par son vainqueur excuser sa défaite,

Si tant d'autres amants sont trompés par leurs yeux!

Peut-être que les miens ne me servent pas mieux,

Qu'ils se sont abusés par la seule apparence,

Et qu'avec l'amour même ils sont d'intelligence.

Il faut, si je le puis, la voir plus froidement,

La regarder en juge et non pas en amant,

EL voir si sa beauté, sans lui faire de grâce,

Peut mériter le rang où mon amour la place.

Je blaspliémois ainsi contre tes doux appas;

Mais, belle Olympe, alors je ne te voyois pas :

Cette erreur par les yeux fut bientôt elFacée;

Un seul de leurs regards corrigea ma pensée ;

Mon ame en fut émue ; et, selon mes souhaits,

Sitôt que je les vis je les trouvai parfaits.

Ainsi quoiqu'en l'aimant je souffre un mal extrême,

Je sens bien que mon cœur veut encor que je t'aime;

Il ne se doit jamais iasser de soupirer ;

Et puisque la franchise a du m'être ravie.

En si belle prison je la vois asservie

Que je ne voudrois pas pouvoir l'en retirer.

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CHANSON*

Sur l'herbe de nos campagnes Manelte pleiiroil un jour Et disoit à ses compagues, En se plaignant de l'amour :

Vivez toujours inhumaines, Jeunes bergères, vivez :

L*amour cause trop de peines:

N'aimez pas... si vous pouvez!

STANCES*

Amants, connoissez les belles, Si vous voulez être heureux :

Elles ne font les cruelles Que pour allumer vos feux.

Si voire fière maîtresse Fait voir un petit courroux, Profitez de sa faiblesse ; Elle souffre plus que vous.

Quand tout bas elle soupire, N'en soyez pas interdit :

Ecoutez ce qu'on veut dire, F,t non pas ce que l'on dil.

Par nos yeux et nos manières Jugez de nos sentiments:

Ce sont les seules lumières Qui conduisent les amants.

Si vous avez bien envie De vous conserver nos vœux , Par un peu de jalousie Il faut rallumer nos feux.

De tout faites un mystère, Soyez toujours plein d'ardeur.

A. la fin, la plus sévère Se laisse toucher le cœur.

DE JIAL CROIX.

AIR*

Que vos yeux, aimable bergère, Que vos beaux yeux Fout naître de feux !

Mais, par malheur, seriez-vous point légère? J'ai vu le temps que vous éliez moins fière;

Hélas! ne reviendra l-il pas?

Hélas î hélas ! ne reviendra-l-il pas?

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