BOUTADE
Que Reims est un triste séjour 1 Tout l'hiver le soleil à peine S'y montre une fois la semaine; I.a nuit y dure tout le jour.
Tout l'été l'objet que j'adore, Pour les champs quille la cilé.
Tout bien pesé, Reims est encore Plus plaisant l'hiver que l'été.
ÉPIGRAMME
J'ai passé deux mois sans la voir, Et durant celte longue peine, Je me consolois de l'espoir Qu'elle reviendroit plus humaine.
Après bien des vœux la voilà.
Mais sa cruauté continue :
Philis épine s'en alla, Philis épine est revenue.
CHANSON
Hélas î on m'oblige à celer Le mal dont mon ame est atteinte, El pom- mieux le dissimuler, On me défend jusqu'à la plainte î
Pour plaire à l'objet que j'aime,
Je tâche d'être discret :
Mais quand l'amour est extrême,
Il a bien peu de secret.
Songez à me rendre content ; Que vous sert d'être si sévère?
Ce devoir que vous prisez tant Après tout n'est qu'une chimère.
Seroit-ce un crime, ma belle,
De reconnoilre ma foi ?
Hélas! soyez moins cruelle,
J'en prends tout le mal sur moi.
DEMAUCROIX. 17
ÉPIGRAMME
Que ta mère prend de souci De nous venir chercher ici !
Cette jalouse, en son absence, Craint sans doute pour la vertu.
0 ma belle Iris, que n'es-tu Aussi volage qu'elle pense !
AUTRE
Les dévots prêchent nuit et jour Contre les plaisirs de l'amour ; Mais ils ont beau dire, on s'en raille. Si l'on punissoit ce péché, Il faudroit, dit un débauché, Remplir le paradis de paille.