LE PORTRAIT
Afin d'adoucir mon tourment Je baise Ion portrait, Iris, à tout moment, Ma peine est un peu moins dure :
Mais pour ne te déguiser rien, C'est peu qu'un remède en peinture Pour un mal si grand que le mien.
QUATR4IN*
Honneur, tyran trop sévère, Je devrois bien te haïr ; Si Philis me désespère Ce n'est que pour t'obéir.
DE MAUCROIX. lî)
ÉGLOGUE
TIIICIS, IRIS.
TIIICIS.
Coulons-nous proniplement sous cel épais feuillaj^e.
IRIS
Ne vois-tu rien, Tircis, dans ce sombre bocage?
Ma belle, en quelque endroit que je porte les yeux, Je ne vois rien.
IRIS
Ni moi.
TIRCIS
Séjour délicieux, Favorable aux amants, retraite solitaire, De nos tendres amours soyez dépositaire! Sous ce chêne branchu veux-tu te reposer i*
IRIS
Je le veux; garde-toi, Tircis, de Irop oser, Sur Ion respect, berger, lu vois que je me fie; Tu sais ce qui m'est cher cent fois plus que ma vie.
TIRCIS
Ne crains rien, mon Iris. Que tes baisers sont doux !
Faunes, de mon bonheur n'êtes- vous point jaloux !
J'éprouve de l'amour toute la violence,
Et je t'aime encor mieux , Iris, que je ne pense.
Donnons un peu de trêve à nos jeux innocents,
Et laisse-moi goûter les plaisirs que je sens.
Que je trouve l'amour une aimable folie,
Et que dans ses transports doucement on s'oublie !
Nous n'avons qu'un moment à rester en ces lieux ;
Soyons bien ménageis d'un temps si précieux;
Iris, situ voulois
IRIS
Quoi? que penses-tu faire?
Insolent, où va donc cette main téméraire?
TIRCIS
IRIS
Mais que m'as- lu promis?
Bien folle qui se fie à de pareils amis !
DEMAUCROIX. %\
TfRCIS.