‹ Œuvres diversesChapitre 146 sur 221 · CONGÉ · texte numérisé non relu

CONGÉ

Adieu donc, aimable Céphise, De vos mains pour jamais je reprends ma franchise, Et sans plus me ronger d'un amoureux souci, Puisque vous m'oubliez, je vous oublie aussi. Certes, mon amitié, si grande, sisiucère, Mériloilde trouver un plus digne salaire; Je vous ai bien aimée, et j'ose me fialler Qu'un amant tel que moi t^eferaregreKer. i^iaisun amour sans bruit est pour vous sans amorce, El je n'ai pas dessein de vous aimer par force; Votre volage cœur aime à changer de lieu; Aimez qui vous voudrez, belle Céphise, adieu.

ÉPIGRAMME

Vous m'accusez d'êlre infidèle, El de manquera mon amour; Quand je parlis vous étiez belle, Voiis clés laide à mon retour :

Mon ;hangement est il étrange?

Ce n'est qu'après vous que je change.

DE MAUCROIl. 85

ÉPITRE

A M. PAILLEUn,

Ce cher Pailleur, ce cher ami, Qu'on ne voit jamais qu'à demi, Tant on l'aime d'amitié forte, Est donc ]ogé près de ma porte?

Montforl étoit un beau pouillier Pour avoir un tel chevalier^ ! Un homme qui, sans point de faille, Dit combien une tour est haute, Avec je ne sais quel compas, De qui le nom ne se dit pas, Tant on a peur de le mal dire, El d'apprêter aux gens à rire :

Qui sait les qualités, les noms De tous ces astres vagabonds Qui d'une infatigable peine (Courent toujours la prétentaine ; Q ii sait mieux que ?<o^'ra'!amu5 La route du brillant Phœbus,

1 II >t'!; de Mont'ort, et vruloit y retounier 'M s. de Reims. 1

8i pofcsiv:s

Et, je crois, mieux que Phœbus même,

S'il se peut dire sans blasphème!

Ce n'est pas tout : il sait eacor

Les épactes, le nombre d'or.

Quoi plus ! c'est un diable en algibre :

Cet art esl pour lui sans ténèbre !

Ténèbres, votre plurier

Pour ce coup sera singulier,

Mais ma muse vous fait promesse

De vous rendre autre part voire esse.

Et Monîfort prétendroit avoir

Un homme de ce haut savoir !

Il est certaine île enchaîitée^

De peu de mortels fréquentée,

De peu de mortelles aussi,

Où n'habite point le souci.

Là, les jeux, les ris et la danse,

Sont compagnons de l'innocence.

Dans ce délicieux séjour

On ne voit point entrer l'amour,

Si le blond hymen ne l'escorte

El ne lui vient ouvrir la porte.

Là, l'on espère avec raison

De rajeunir le vieil Éson, '

1 Jsle-Verte (en Kretagne), dont étoient M. de M. et plusieurs de ses amis. Ms. de Reims.

El que les bonnes desUnées Fileront deux fois ses années.

Puisse ce cher ami Pallleur, De tous les savants le meilleur.

Dans cent ans démontrer enco' r Le moulinet de Pythagoro !

ÉGLOGUE

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