‹ Œuvres diversesChapitre 151 sur 221 · LYCIDAS, PHIDIAS · texte numérisé non relu

LYCIDAS, PHIDIAS

LYCIDAS

Philisne m'aime plus, l'ingrate m'a quitté, Elle n'a plus pour moi que de la cruauté;

DE MAUCP.OIX. 101

Son changement me coule une peine infinie, Je l'aime, cependant, jusques à la folie !

PHIDIAS

L'adorable Cloris est reine de mon cœur ; Un blondin travesti du sien est le vainqueur; Pour elle toutefois mon amour est extrême, Mais l'ingrate pour moi n'en use pas de même.

LYCIDAS

Le plus grand de mes maux est de n'espérer rien, Hélas! de mon amour je n'attends aucun bien : L'amour, quand il s'éteint, jamais ne se rallume ; Je connois bien aussi qu'en vain je me consume.

PaiDIAS.

Quand on approche un cœur qui n'est point enflammé, On peut avec le temps espérer d'être aimé; Mais à dire le vrai, ce n'est pas s'y connoitre Que d'attaquer un cœur dont un autre est le maître.

LYCIDAS

Un harangueur vêtu de la couleur de lys. M'a détruit pour jamais dans l'esprit de Philis ; Le perfide qu'il est, fût-il cent pieds sous terre ! El maudit soit le jour qu'il vit jamais Saint-Pierre I

PHIDIAS

Un galant inconnu vêtu de violet Est aimé de Cloris, tout autre lui déplaît. Maudite soit cent fois la perruque poudrée, Et maudite cent fois sa pantoufle dorée !

LYCIDAS

Combien j'ai fait pour rompre ma prison ! Mais mon mal est toujours plus fort que ma raison. Je retombe toujours dans mes premières peines, Et ne puis ni briser ni détacher mes chaînes.

PHIDIAS

Combien j'ai dit de fois, à mon ingrate aussi : Le rouge vous plail trop, allez, sortez d'ici. Je veux résolument me tirer d'esclavage, Mais j'ai beau menacer, je n'en suis pas plus sage,

LYCIDAS

Chère coadjutrice, objet jadis si doux,

Venez reprendre un cœur qui soupire pour vous:

Venez le retirer des mains de ma cruelle,

Et ne permettez plus qu'il languisse pour elle.

PHIDIAS

Oh! défunte marquise, objet de tant de vœux! Vous, pour qui lant de fois j'arrachai mes cheveux.; M'abandonnerez-vous à cette autre marquise, Qui sans crainte de Dieu brûle les gens d'église?

LYtIDAS.

Que faut-il faire enfin, que dois-je devenir? Le présent m'assassine et je crains l'avenir. Juste ciel; que l'amour est une dure chose ! Malheureux le mortel dont ce tyran dispose.

PHIDIAS

Mes affaires vont mal, il le faut avouer, Hélas! je ne sais plus à quel saint me vouer ; Je le parle d'amour et de la bagatelle : Je pense qu'à la fin j'en perdrai la cervelle.

LYCIDAS

Ah ! j'avois tant juré de ne plus m'engager.

PHIDIAS

Qui cherche le danger périt dans le danger.

LYCIDAS

Qui veut ne plus aimer, doit éviter les dames :

Leurs yeux sans y penser mettent le cœur en flammes.

PHIDIAS

Mais courrons-nous toujorn^s après ce qui nous fuit ? C'est un vilain métier.

LYCIDAS

Il n'apporte aucun fruit.

PHIDIAS

Ne songeons plus jamais à l'amoureux mystère, Et laissons là Piiilis et la petite chère.

LYCIDAS

Pourrons -nous soutenir des dessins si hardis?

PHIDIAS

Je m'en repens déjà.

LYCIDAS

Et moi je m'en dédis.

PHIDIAS

Ma foi, nous sommes fous de faire tant les braves.

LYCIDAS

OhîPhilis!

PHIDIAS

Oh ! Cloris ! nous sommes vos esclaves ! Adorable Cloris, d'où dépend tout mon bien, Apprenez qu'en amour la couleur ne fait rien; Et que tout bien pesé, les hommes de chapitre Aiment peut-être mieux que les porteurs de mitre.

MARGUERITE DE JOYEUSE i, *

CHANOINESSE A POUSSOY '^ EN 1654.

A Ham, la belle Margot

Auroit été contente:

Mais pour troubler son repos,

Il ne lui faut pas de coq

Qui chante, qui chante, qui chante.

1 Marguerite de Joyeuse, sœur de la marquise De Brosses.

2 Auprès de Grandpré.

DE MAUGROIX. JOÎ

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