‹ Œuvres diversesChapitre 152 sur 221 · AU KOM DE CINQ RELIGIEUSES DE SAINT-ETIENINE DE REIMS · texte numérisé non relu

AU KOM DE CINQ RELIGIEUSES DE SAINT-ETIENINE DE REIMS

IGuo.

Cinq filles, ô grande Arténice % Viennent vous demander justice, Devinez contre quelles gens?

C'est contre l'un de vos enfants :

Un enfant qui toujours tempête, Qui fait toute chose à sa tête, Et dont enfin, pour dire tout, On ne sauroit venir à bout.

Oui ; madame de Saint-Étienne 2, Madame, fait par trop des siennes ; Chacun en murmure tout haut, Et l'on en parle comme il faut.

Elle mène une vie étrange.

Car elle ne dort ni ne mange.

1 Nom de Madame de Rambouillet. fNotedu mamiscrit.j

2 Louise-Isabelle d'Angennes, qui fut ubbesse de Saint- Étienne de Reims.

Quand il faut la faire coucher On est un an à la prêcher, Et, lorsqu'il faut se mettre à table, C'est une longueur effroyable; Tantôt : Mon Dieu, je n'ai pas faim, Je ne veux qu'un morceau de pain.

Tantôt : Notre soupe est trop grasse * ; Que ce bœuf a mauvaise grâce !

0 mon Dieu ! le méchant mouton !

Otez-moi ce vilain chapon, Qu'il est dur ! c'est un coq sans doute ! Ce petit poulet me dégoûte.

Enfin, la dame fait si bien Qu'elle ne mange presque rien :

Voilà le sujet de nos plainîes, Et la cause aussi de nos craintes.

Qui ne prend repos, ni repas, Va le grand chemin du trépas.

Or, nous voulons, quoi qu'il arrive, Que notre chère abbesse vive :

La perdre, autant vaut trépasser ; Nous ne saurions nous en passer.

Madame, employez donc contre elle Une puissance maternelle ; Donnez-lui si bien sur les doigts, Qu'elle soit sage une autre fois;

1 Ce vers estsans rime dans l'édition daiM. Wâlck.

DE MaCROlX. 107

Nous entendons par être sage, Qu'elle mange bien son potage, Qu'au malin elle prenne un œuf, Mange à diner mouton et bœuf, Soupe à peu près comme sa nièce^, Fasse la nuit tout d'une pièce, Et dorme jusqu'au point du jour.

Si vous nous faites ce bon tour, Que le bon Dieu, grande Arténice, A vos vertus rendant justice, Vous mette dans son paradis L'an mil sept cent soixante et dix.

RÉPOINSE DARTÉNIGE *

A LA REQUÊTE DE CrSQ DAMES DE SAINT-ÉTIENNE.

Chères- dames de Saint-Étietttfe; Que vous avez l'âme clirétientle'!' Qu'on voit en vous decharil'é, D'ardeur, de zèle et de bonté !' Vous êtes, par votr« sagess«; Les abbesses de^ voti*e aftbesse j

1 Mademoiselle de Montausier; gf Siiiafe' lùàïfgêuse.

Il faut sans contradiction Que de son éducation, Ainsi que personnes prudentes, Vous soyez les surinlendantes :

Elle a sans doute grand besoin.

Que d'elle l'on prenne bien soin ; Sans craindre noises ni castilles, Otez-lui surtout ses pastilles; Car il ne faut dans les couvens Pour tout parfum que de l'encens ; Malades m'ont fait trop de peine, Gardez qu'elle ne la devienne î Ne considère-t-elle pas Que je sors de cet embarras?

Jusques à ma petite-fille, Tout fut malade en ma famille, Et je me suis vu quelque temps Le Roger-bon-temps de céans.

J'enverrai ses sœurs au plus vite, Ce printemps faire la visite; On entendra votre rapport, Et si l'on trouve qu'elle ait tort, J'ordonne qu'à cette mutine On donne bien la discipline; Peut-être avant cette saison La mettrez-vous à la raison.

En ce cas Monsieur Saint-Étienne En santé toutes vous maintienne,

Autant celles qui le voile ont, Et qui religieuses sont, Que celles qui n'ont pas peut-être Autrement envie de l'être.

Votre très-humble et très-obéissante servante,

DE VIVONE.

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