SUR LA MORT DE DIANE
Depuis deux fois quinze primlems, Je pleure et regrette Silvie, Que les fiers destins m'ont ravie, En la fleur de ses jeunes ans !
Je ne veux point vanter ses charmes, Ni son esprit, ni sa douceur :
Qu'on en juge par la longueur De mes regrets et de mes larmes.
CHANSON*
La belle et jeune Balarin Est éprise d'un dieu marin, Mais un peu trop vieux pour bien faire Lere la, etc.
Bientôt la belle Balarin, Dans la cité de Mazarin, Fera le métier de sa mère, Lere la, etc.
Pauvre capitaine Balon, Si tu n'en as pas tout du long, Je pense qu'il ne s'en faut guère, Lere la, etc.
Ce matin, Charlotte Roland, Couchée avecque son galant, En tout honneur s'est laissé faire Lere ift, etc.
J82 roÉsiiis
ÉLÉGIE
A PHILIS
Reviens, chère Philis; reviens, chère inhumaine ; Ton absence me cause uue incroyable peine. Qui peut te retenir? pourquoi tant différer? Ne preiids-lu de plaisir qu'à me désespérer? Je rêve incessamment, je deviens solitaire. Pour vaincre mon chagrin, je ne sais plus que faire, C'est en vain qu'à Fieury je cherche des secours ; Ah ! j'ai beau m'éloigner, mon mal me suit toujours. Fieury, qui si longtemps m'avoit servi d'asile Contre les vains soucis qui naissent à la ville? Où je bravois du sort la haine et l'amitié, Où le bonheur des rois m'a souvent fait pitié ! Fieury, ce lieu de paix, ce séjour si tranquille, Philis, est contre vous un refuge inutile : Amour m'y fait sentir la rigueur de ses lois; Le cruel me poursuit jusqu'au fond de nos bois. Hélas ! ni les forêts, ni les prés, ni les plaines, Ne sauroient dérober un amant à'ses peines. Amour, que tu me hais d'un courage constant! Je t'ai si bien servi, pourquoi m'en veux-tu tant?
Quelle aiUre déité de la troupe immortelle Ai-je honore jamais d'un culte si fidèleî? De quoi, perfide Amour, mesaurois-tu blâmer? Depuis que je respire ai-je cessé d'aimer? Veux-tu donc que jamais je ne fasse autre chose? Hélas! n'est-il pas temps que mon cœur se repose ? Mais, qu'ai-je dit, Amour ? garde bien de guérir Un mal quim'est si cher que j'en veux bien mourir. K est vrai qu'à mes vœux Philis est inflexible ; Mais peut-être qu'un jour eile y sera sensible ; De tes feux tôt ou tard les cœurs sont enflammés; Les fidèles amants à la fin sont aimés, Et l'on voit rarement que la plus inhumaine Paie un amour constant dune constante haine. Dieux î pourrai-je espérer que ma longue amitié Pourra peut-être un jour mériter sa pitié? Quoi! peut-être qu'un jour j'entendrai ma déesse Me dire en rougissant : Tyrsis, je le confesse, On ne hait pas toujours ce qu'il faudroit haïr, Et souvent la raison se fait mal obéir. Ah ! qu'il est malaisé d'être toujours contraire A ces doux ennemis qui ne tâchent qu'à plaire; Qui par tant de respects attaquent vos esprits, Et qui savent aimer jusques à vos mépris! Quand je vous vois, Tyrsis, je tremble, je soupire, Et je sens... Devinez, je n'ose vous le dire. » Mais de quoi m'entretiens-je, insensé que je suis? De quels songes trompeurs flatté je mes ennuis?
Sorlez de mon esprit, adorables chimères;
Vous plaisez, il est vrai, mais vous ne durez guères.
C'est ainsi qu'un berger , les yeux mouillés de pleurs, Aux échos de Fleury racontoit ses douleurs. Les nymphes des forêts plaignirent son martyre, Et blâmèrent Philis de n'en faire que rire.