‹ Œuvres diversesChapitre 201 sur 221 · CONTRE MADAME DE MUIR · texte numérisé non relu

CONTRE MADAME DE MUIR

Madame Climène prend Un pédant pour son galant, Elle en lire un bon office.

Un blondin, pour le déduit, N'est pas d'un si bon service Et fait beaucoup plus de bruit.

AIR*

Uneabbesse de Passy, Moins belle que l'aurore, Disoit d'un ton radouci A son amoureux transi :

Encore, encore, encore.

STANCES

A PHILIS

Il le faut avouer, votre vertu sévère Vous met hors de soupçon.

Mais, Philis, toutefois en baisant votre frère, Vous baisez un garçon.

Voire frère eut du ciel dei attraits en partage

Qu'on ne peut mépriser ; Mais plus il a d'appas, moins, si vous êtes sage,

Vous le devez baiser.

Ne perdez pas pour lui le litre d'inhumaine :

Songez à ce qu'il vaut.

Étant beau comme il est, vous ne pouvez sans peine

Le baiser comme il faut.

Quand je vois dans ses bras qu'il vous tient enlacée

Avec tant de douceur, J'ai peur qu'en ce moment vous perdiez la pensée

Que vous êtes sa sœur.

Cette fille jadis de qui le mont Chimère

A vu le changement, Pensoit, ainsi que vous, ne baiser que son frère,

Et baisoit son amant.

Elle ignora longtemps ses feux illégitimes,

Feux dignes du trépas, Et connut, mais trop tard, qu'elleavoit fait des crimes

Qu'elle ne croyoit pas.

Que si pour votre sang vous êtes animée

De mouvements si doux.

Embrassez voire sœur; nature l'a formée

De même sang que vous.

Vous qu'ici bas le ciel fit nailre sans seconde,

Adorable Philis, Prenez donc garde à vous et songez que le monde

A trop d'une Biblis*.

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