‹ Œuvres diversesChapitre 22 sur 221 · SA VIE ET SES OUVRAGES. XXXV · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES OUVRAGES. XXXV

avoit atteint sa vingt-deuxième année , et n'avoil pas donné le moindre signe du penchant qui devoit bientôt l'entraîner vers la poésie. Un officier qui se trouvoit en (luartiers d'hiver à Château- Thierry, lut un jour devant lui avec emphase l'ode de Malherbe, sur la mort d'Henri IV, qui commence ainsi :

Que direz-vous, races futures?

» n écouta cette ode avec des transports mécaniques de joie, d'admiration et d'étonnement... Bientôt il fit des vers dans le genre de ce poète, ou plutôt il imita ses défauts , ses expressions ampoulées, et ses froides antithèses. Heureusement un de ses parents, nommé Pintrel, auquel il communiqua les premiers essais de sa muse, lui fil comprendre que, pour se former le goût et pour développer son talent , il ne devoit pas se borner à lire nos poètes françois, mais qu'il falloit aussi lire et relire Horace, Homère, Virgile , Térence et Quintilien. 11 se rendit à ce" sage conseil, et un de ses amis, M. de Maucroix, qui avo't fait une étude particulière des orateurs anciens , contribua aussi à l'affermir dans la route où il s'étoit engagé , et à lui ini^pirer cette admiration pour l'antiquité qui dégénéra même chez lui en une sorte de préjugé superstitieux. » (Walck., page 9.)

Ce récit, dont Pélisson, ami particulier de La Fontaine et de Maucroix, a fourni le canevas, peut fort bien n'être que la tradition d'une bizarrerie

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