‹ Œuvres diversesChapitre 45 sur 221 · SA VIE ET SES OUVRAGES. LXXVII · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES OUVRAGES. LXXVII

de nous manifester ses sentiments à l'égard du Mazarin, ne fut pas le dernier à pousser au mouvement : mais ceci, nous le déclarons, n'esf qu'une hypothèse.

Vers ce temps, la marquise revint à Reims : Maucroix, qui n'étoil point guéri, la revit : il fut frappé du changeaient qui s'étoil opéré dans ses manières. Toujours faible et crédule, sa coquetterie le désespéroit, mais laissons parler Talleniant : « Il soufï'roit plus qu'une âme damnée. .le le persuade de venir à Paris. Il n'y est pas plus lot qu'elle y arrive : il disoit : Je la fuis et elle me suit. Mais la vérité est qu'il n'y étoil venu qu'à cause qu'il espéroit qu'elle y viendroit. Elle y accoucha et cette couche la changea extrêmement : avec cela son mal commençoil à la presser. Il eut une petite consolalion en ce qu'il lui donna un peu de jalousie à son tour. On dit à la dame que le chanoine logeoit chez un de srsamis qui avoit une fort belle femme. En effet on ne mentoit pas , et c'est une des plus belles et des mieux dansantes de Paris. Un jour donc, elle lui en parla, et lui dit en sortant : Adieu, et n'oubliez pas les gens , encore qu'ils ne soient plus beaux. »

De rudes épreuves vinrent bientôt traverser la fortune et changer la physionomie de la maison de Joyeuse. La marquise de Brosses, après celle vie si agitée, se vit définitivement abandonnée par son mari. « Il la laissa en Champagne sans un sou, ma-

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lade , el lui s'en alla en Toiiraine, où est son bien. L'élal pitoyable où elle éloil donnoil de la compassion an chanoine et lui faisoit quasi oublier le méchant tour qu'elle lui avoit fait. Le chanoine l'assiste el la reçoit chez lui. Il a un frère aîné qui est aussi chanoine de Reims, et qui de plus a un bénéiice dont il avoit, je pense , quelque obligalion à M. de Joyeuse. La mère (madame de Joyeuse), étant malade, s'étoit fait porter dans leur logis à Reims, elle y éloit morte. »

En ces circonstances, cruelles expiations d'une vie trop légère, la santé de la marquise de Brosses, déjà bien altérée, dépéril de plus en plus après la mort de madame de Joyeuse. Une fièvre lente !a consumoil. Chaque jour emporloit quelque chose de celle vivacité d'esprit, de cette distinction de figure qui l'avoienl fait rechercher. îJne mélancolie profonde s'empara de son âme el c'est alors qu'elle se jeta dans les bras de la religion. M. Walckenaer nous fait une peinture tout à fait édifiante du repentir, de la résignation et de la fin toute chrétienne de la marquise. Tallemant, qui pouvoit savoir un peu mieux les choses, n'y met point tant de façons. Durant qu'elle éloil chez les frères Maucroix , malade et dans cet état que vient de nous peindre notre chroniqueur , « elle avoua au chanoine <jue tout ce qu'elle avoit vu à la cour ne l'avoil jamais pu guérir; qu'elle l'aimoit encore, mais qu'elle le prioil d'oublier toutes les folies qu'ils avoieni faites ensemble. Elle souflfVil long- Umps : il souiïVoil assurément plus qu'elle Je

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