‹ Œuvres diversesChapitre 55 sur 221 · SA VIE ET SES OUVRAGES. XCXIX · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES OUVRAGES. XCXIX

Celle-ci, d'im caractère hautain el difficile, malmenoit Isabelle : il fallut les séparer. La marquise de Rambouillet obtint pour elle la coadjulorerie de Saint-Etienne de Reims.

Nous n'avons pas acquis toutes les lumières désirables sur la nature des relations qui s'établirent entre la jeune abbesse de Saint-Elienne et Maucro ix. Tallemant est, contre sa coutume, fort discret à cet endroit. Le respect dont il faisoit état pour la maison de Rambouillet a-t-il tenu sa plume captive? Cela est au moins douteux, si l'on veut bien lire tout ce qu'il dit des siens et de la marquise de Montausier elle-même. Encore devons-nous noter qu'il se tait ici. Toutefois examinons : on a vu qu'en parlant des regrets de Maucroix pour madame de Brosses, il dit : « Il a été plus de quatre ans à s'en consoler, et il n'y a eu qu'une nouvelle amour qui l'ait pu guérir. » Or, c'est justement quatre ans après la mort de la marquise que mademoiselle de Rambouillet est nommée coadjutrice de Saint-Etienne.

A moins de faire disparoitre des œuvres de notre auteur certaines pièces très-significatives ou de les supposer le fruit d'un simple badinage poétique, il est bien difficile de ne pas croire à des relations fort tendres. Je me bornerai à signaler, au milieu d'autres pièces qu'on pourra lire, le dialogue en forme d'églogue et dont je ne citerai que quelques vers. Licidas et Phidias, tous deux hommes de chapitre, et qui me semblent n'être autres que les deux frères Maucroix, sont épris, l'aîné de la coadjutrice de Saint-Pierre, le jeune de la coadjutrice de Saint-

Etienne : l'une Marguerite-Angélique de Bélhune, élue en 1653; l'autre Isabelle-Louise d'Angennes, élue en 1654. Voici quelques vers de ce petit dialogue :

lYClDAS (l'ainé).

Un harangueur, velu ^e la couleur de lis, M'a détruit pour jamais dans l'esprit de Philis. Le perfide qu'il est, fût-il cent pieds sous terre! Et maudit soit le jour qu'il vit jamais Saiul-Pierre !

* PHIDIAS (le cadet).

Un galant inconnu, velu de violet, Est aimé de Cloris : tout autre lui dcplaît. Maudile soit cent fois la perruque poudrée, Et maudite cent fois la pantoufle dorée !... Adorable Cloris, d'où dépend tout mon bien, Apprenez qu'en amour la couleur n'y fait rien, Et que, tout bien pesé, les hommes de chapitre Aiment peut-être mieux que les porteurs de mître!...

L'auleur des Historiettes, qui ne nous a pas dit le nom de celle qui remplaça Henriette de Joyeuse dans le cœur de Maucroix , nous raconte avec les concelti qui lui sont familiers les plaisantes scènes qui précédèrent et suivirent l'élection d'Isabelle- Louise d'Angennes.

« Les religieuses de Saint-Etienne avoient, du vivant même de leur abbesse (madame de Saint-Paul), qui étoitfort âgée, formé des brigues pour l'éleclion qui devoit avoir lieu après sa mort. Cela mit un tel désordre dans le couvent que cette pauvre abbesse, ayant quelque crédit auprès de Madame la Palatine (Anne de Gonzague), qui avoit été

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