SA VIE ET SES OUVRAGES. CLI
y verra combien fut prompte la réalisation des inquiétudes des chanoines ; le rôle que joua Maucroix dans les longs démêlés du Chapitre et de l'archevêque; ses ennuis et les expressions de découragement que lui arrachent ses luttes avec le cardinal et ses officiers ; la mention de plusieurs incidents curieux; des détails sur la maladie contagieuse qui, après avoir, en 1668, désolé la Picardie et d'autres contrées de la France, décima si cruellement la ville de Reims, et dans laquelle les médecins du pays déployèrent un si glorieux dévouement ; la promotion de Charles-Maurice Le Tellier à la coadjutorerie du siège archiépiscopal, et quelques autres particularités qu'on ne trouve pas ailleurs.
Maucroix, indubitablement , avoit composé des mémoires plus étendus que les fragments que nous publions. Ils ont été abrégés par le chanoine Murlin, qui les a réduits, pour Tusage et la bibliothèque du Chapitre, aux faits qui concernent presque exclusivement les affaires du sénéchalat. Cependant on voit, parle peu de matières étrangères au Chapitre et conservées par i'abréviateur, tout l'intérêt dont ces mémoires eussent été pour la biographie de Maucroix et l'histoire de ce temps, « Le chanoine, » dit M. de Monmerqué, parlant de ces fragments, « s'y montre un peu trop préoccupé des difficultés qui s'élevèrent entre le cardiual Barberin et le Chapitre de sa cathédrale. Ces détails ont cependant leur intérêt historique, ne fût-ce que pour fixer les souvenirs d'usages anciens et pour mon-
CLU MAUCr.OlX.
trer Topposition que rencontroienl nos principes gallicans dans un archevêque ilalicn... Les Memoires de Maucroix ont d'ailleurs un intérêt tout particulier pour la ville de Reims, où le cardinalarchevêque Barberin est encore aujourd'hui fort peu connu. »
Maucroix cessa ses fonctions de sénéchal le 29 juillet 1669. — C'est lui même qui nous en informe en ces mots, qui prouvent assez qu'il avoit pris son titre au sérieux: « Le 29 juillet on fit les officiers; je sortis de ma charge de sénéchal, et M. Chuffet, chanoine, me succéda. Je prie Dieu qu'il fasse mieux que moi , et que Messieurs en tirent plus de services qu'ils n'ont fait de tous mes soins , et surtout qu'il soit plus heureux que je n'ai été dans cet emploi , l'amour du bien public, que j'ai défendu avec ardeur et sincérité , m'ayant brouillé avec beaucoup de personnes dont sans cela je n'aurois pas encouru la haine : mais l'intérêt public doit prévaloir sur le particulier, il faut faire son devoir quoi qu'il puisse arriver. »
Cependant le temps éloit arrivé, pour Maucroix, des travaux sérieux qui dévoient fonder sa réputation de prosateur françois. Il est assez difficile de fixer la date de son retour aux fortes éludes, mais il est à présumer que le séjour d'Italie eut quelque influence sur son esprit. Comme les poésies de La Fonlaine, qui ne parurent que longtemps après leur composition , les traductions de Maucroix étoient terminées avant qu'il songeât à les