SA VIE ET SES OUVRAGES. CLIII
publier. Au surplus son début fut un coup de maître. Parmi les auteurs sacrés, il ne s'attaqua point au plus faible , au plus facile, mais à saint Jean Chrysostôme , le Platon et le Démoslhènes de son temps. Né à Antioche , vers le milieu du iv« siècle , et d'une des premières familles de la province, Jean avoit, comme notre poète, débuté par le barreau où d'éclatants succès étoient venus couronner ses efïbrts. Mais bientôt dégoûté de la chicane, de la vie factice de l'avocat et des erreurs fréquentes de la justice, on avoit vu Jean, après les vicissitudes habituelles de la jeunesse, fuir le monde, s'enfoncer dans le désert et se réfugier, à vingt-trois ans, dans les austérités de l'Evangile. Bientôt reparoissant au milieu de cette société corrompue, on le vit entreprendre sa réforme et la conversion de ses contemporains : mission, dit un biographe, qu'il remplit avec d'autant plus de fruit qu'à une éloquence touchante et persuasive, il joignoit des mœurs célestes.— On voit à ce simple exposé où s'arrêtent les similitudes et où commencent les oppositions entre les deux écrivains. Maucroix ne fut point détourné par ces dernières , et il choisit précisément, parmi les œuvres du grand orateur , celles qui lui sembloient offrir quelques autres rapprochements avec les faits de sa vie. Il entreprit la traduction des Homélies. On sait à quelle occasion la plupart de ces morceaux oratoires furent composés. Jean Chrysoslôme avoit assisté aux déchirements de sa pairie , aux troubles, aux révoUes du peuple d'Anliochc, et surtout