‹ Œuvres diversesChapitre 86 sur 221 · SA VIE ET SES OUVRAGES. CLVII · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES OUVRAGES. CLVII

Après les éloges de la censure, voici ceux de la critique :

« L'habile traducteur, dit le Journal des savants, n'a rien oublié pour exprimer dignement les pensées du plus éloquent de tous les Pères, et pour lui prêter des paroles dont la force et la beauté approchassent de celles qui le firent autrefois admirer par un des auditoires le plus délicat de l'univers i. »

En présence de ces jugements de maîtres assez compétents, je ne me permettrai pas d'apprécier le mérite de la traduction de Maucroix, mais j'affirmerai, après sérieuse comparaison, que si l'élégance et la fidélité que le xvii^ siècle y a remarquées ont été dépassées depuis, les modernes traducteurs ne se sont point fait faute de recourir au travail de Maucroix, d'adopter le sens dont, le premier, il offroit la révélation, et de s'approprier à l'occasion des tournures de phrases, et, autant qu'ils l'ont pu, des expressions, moins cet archaïsme exquis auquel notre époque a renoncé et qui fait précisément le charme des productions de Maucroix.

1 Cette édition de 1671, aujourd'hui assez difficile à rencontrer, ne contenoit que vingt-quatre homélies, celles auxquelles donna lieu la sédition d'Antioche, et principalement connues sous le titre de Discours sur les statues. La seconde édition, Paris, IG...., contint en outre les homélies sur l'incompréhensibilité de Dieu ; Contre la secte des Ânome'ens, avec les Panégyriques de saints Philogène, Jouventin, Maxime et de sainte Pélagie,

CLVIII M4UCR0IX.

Nous reporterons vers ce temps la composition d'une ébauche de comédie intitulée : La Vespière, que l'on trouvera dans notre volume de poésies, et dont M. de Monmerqué a, sur nos indications, cité déjà quelques vers. Tallemant, avec sa prodigieuse mémoire, avoit conservé quelques traits caractéristiques de ce grotesque personnage mis en scène par Maucroix. La Vespière (dit-il à l'historiette de Madame de Gondran), cadet d'un gentilhomme de Picardie nommé Liambrune, étoit un bon gros dada qu'elle n'aimoit point, n Ce peu de mots et les comiques mésaventures que Tallemant lui attribue vont bien à l'idée que nous donne Maucroix de ce perçonnage, dans son imbroglio scénique.

Je mentionnerai ici pour mémoire , les Recueils de Sercy, publiés en 1653, 1660 et 1666 , et qui contenoient la plupart des pièces de Maucroix rééditées depuis par M. Walckenaer. Que l'auteur ait ou non donné son consentement à cette publicité, nous ne voyons pas que les contemporains aient songé à faire un reproche au poète chanoine des badinages échappés à sa muse : tolérance que notre siècle si dégagé de préjugé n'auroit certes pas aujourd'hui.

Maucroix avoit été heureux dans le choix de son Mécène, et l'encens qu'il venoit de brûler eu l'honneur de l'héritier présomptif du siège archiépiscopal devoit produire assez promptementses fruits.

« Le mardi 18 août , dit Maucroix dans ses Me-

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