‹ Œuvres diversesChapitre 88 sur 221 · CLXIV MAUCROIX · texte numérisé non relu

CLXIV MAUCROIX

sible à tous. Bref, indulgent aux foiblesses humaines, il exigeoit surtout des siens la décence et le respect de soi-même, recommandant plus volontiers, suivant les tendances du siècle, la formule et le culte extérieur que le fond de la doctrine, qu'il jugeoit sans doute hors d'atteinte. Du reste, doué d'un médiocre talent pour la chaire, il excelloit dans la conversation qui, chez lui, tournoit volontiers à la raillerie, et même à l'épigramme. Avec ces qualités et ces défauts, Charles-Maurice se croyoit appelé à la triple mission de relever la discipline ecclésiastique et d'étouffer l'hérésie dans son diocèse, tout en restant le zélé défenseur de ce que l'on appeloit les libertés de l'Eglise galUcane.

Digne fils de Michel Le Tellier, et décidé, comme il rétoit, à combattre l'hérésie par tous les moyens possibles, Charles- Maurice jeta les yeux sur Maucroix, comme sur un homme dont la plume pouvoit seconder ses vues. 11 avoit autrefois couru de par le monde un livre latin de Sanders (ou Sanderus), rempli de faits curieux sur l'état de la religion en Angleterre pendant la persécution. Une traduction de ce livre avoit bien été publiée à la fin du xvi« siècle, mais le style vieilli en paroissoit grossier et barbare, même pour le temps; d'ailleurs, elle étoit devenue rare par le soin qu'avoienl pris les Anglois d'en supprimer les exemplaires. Le prélat chargea Maucroix d'en refaire la traduction dans ce style délicat et noble des homélies de^ Chrysostôme. Maucroix obéit : mais je doute qu'il fût bien l'homme qu'avoit pensé Charles-Maurice.

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