‹ Œuvres diversesChapitre 89 sur 221 · SA VIE ET SES OUVRAGES. CLXV · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES OUVRAGES. CLXV

Sanders, de son vivant, professeur de théologie à l'université de Louvain, et victime lui-même de la persécution, parut à Maucroix un historien trop partial des faits qui, pour être odieux aux yeux de tout bon catholique, n'avoient pas besoui d'être exagérés. L'ouvrage de Sanders est efTectivement un livre où il y a beaucoup de passion et très-peu d'exactitude, deux qualités, dit Bayle, qui vont ordinairement de compagnie. Maucroix, en acceptant le travail qu'on lui imposoit, se chargea de lui donner la modération qui lui manquoit : c'est du moins le témoignage d'un écrivain protestant, J.-B. de Rosemont {Préface de îa réforme de l Eglise anglicane, par Burnet), suivant qui Sanderus est doublement redevable à M. de Maucroix : d'abord de l'avoir bien traduit , ensuite de n'avoir pas exposé au public et en langue vulgaire ce qu'il appelle ses emportements et ses fureurs. — Le Journal des savants, du 15 février 1677, assure que Sanderus et sa suite sont traduits avec la même netteté que l'auteur avoit auparavant gardée dans la version des diverses homélies de saint Chrysostôme. De son côté, Baillet {Jugement des savants) prétend que Maucroix a tant retranché de choses dans l'ouvrage de Sanderus, qu'il semble qu'il ait voulu donner plutôt un abrégé qu'une traduction. Quant à Bayle, il se contente de dire que la traduction de M. Maucroix est fort polie.

Tout adouci que se produisit sous la plume de Maucroix l'ouvrage de Sanders, le traducteur ne s'en crut pas moins obligé de justifier près du lec-

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teur le zèle outré de son modèle. Je ne sais de quel œil le prélat accueillit le travail de Maucroix, mais, satisfait ou non des tempéraments apportés au texte latin, Charles- Maurice dut être flatté dé l'épître dédicatoire. Cette épître, en effet, me semble un morceau précieux de style, de raison et de louanges délicates. Le traducteur, après avoir justifié Sanders des reproches que lui adressent les réformés, loue l'archevêque de son zèle pour les intérêts de la religion , et (ce qui semble un compliment outré, si l'on s'en rapporte aux libelles du temps qui peignent Le Tellier comme un homme ennemi du travail et de la résidence), il exalte les travaux, la sollicitude du prélat, ses visites pastorales, le soin qu'il met à pourvoir ses églises de pasteurs fidèles, et à éloigner ou suspendre ceux dont la doctrine et les mœurs laissent à désirer *; puis, faisant allusion à ce qu'étoit le diocèse de Reims sous son prédécesseur, Maucroix porte un dernier coup au cardinal Barberin. « Certainement, Monseigneur, votre Eglise a heureusement changé de face depuis que vous en avez pris le gouvernement : on peut dire

4 Nous avons trouvé, à la Biblioth. nationale, des témoignages irrécusables du zèle que mettoit M. Le Tellier à l'accomplissement de ses devoirs épiscopaux. Ce sont, entre autres, les registres qu'il tenoit de ses visites pastorales. Nous recommandons surtout le Détail du diocèse de Reims par doyennés, 5 vol. in-io, et le Dénombrement des cures et des curés du diocèse de Reims, i \ol. pet. in-4o, le tout autographe et plein de curieux renseignements, pour l'histoire des églises et paroisses de l'ancien diocèsede Reims.

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