SA VIE ET SES OUVRAGES. CLXXI
genre. Malgré ses livres, sa verve et le bon vouloir de ses amis, Richelet, pauvre et presque famélique, vivoit difficilement ; ce sont les biographes qui nous l'assurent. D'Ablancourtl'avoit si vivement recommandé que les académiciens boudeurs décidèrent, à huis clos, que nonobstant le privilège de 1674, ils contribueroient au Dictionnaire de Richelet, à la condition toutefois que celte collaboralion seroit secrète, passive, puisée dans des publications antérieures, et que le livre paroilroit à l'étranger. C'est sous le mérite de ces conventions que Patru écrivit à iMaucroix la charmante lettre que voici :
«Nous sommes convenus que pour ta part, nonseulement tu ferois la même chose pour tes propres ouvrages, mais de plus (garde-toi de dire non) pour tout Balzac. 11 a été réglé , ordonné , nous réglons , ordonnons que tu fourniras cette tâche. Richelet est siir de cinq ou six auteurs vivants qui , pour avoir le plaisir et l'honneur d'être cités eux-mêmes, fourniront d'auîres extraits pardessus le marché, et chacun gardera le silence pour mettre sa petite vanité à labri , conmie de raison. Je m'en suis ouvert au Rapin et au Bouhours qui s'y jettent à corps perdu. Allons, notre ami, travaille et beaucoup et promplement; songe que nous n'avons pas comme loi un bréviaire bien payé, quoique mal récité. Adieu, nous nous aimions à la buvette, aimons-nous toujours.— Ce 4 avril 1677. »
« C'est ainsi, dill' auteur des Causeries du Lundis