‹ Œuvres diversesChapitre 138 sur 273 · X ^376 T wm · texte numérisé non relu

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Ouvre ta bouche, 6 roi. . . On oignait les instruments destines à cet usage au moyen d’une huile odoriférante dont les textes du Laboratoire d’Edfou nous font connaître la

recette, et dont le nom était <=>Jj© \ y , huile pour l’ouverture de la bouche. Ici le mot evn~po est déterminé par le signe des livres par le motif que la cérémonie tirait toute son efficacité des formules liturgiques récitées par le prêtre.

M. Brugsch trouve dans ce nom une préposition yer qui n’y existe pas et traduit : huile pour oindre, et en effet son Dictionnaire ne donne à *.n~po d’autre valeur que sacrer, consacrer, oindre ; l’expression ouvrir la bouche et les deux yeux devient pour lui oindre les deux yeux. C’est méconnaître radicalement le sens du mot. Le mot égyptien qui signifie oindre est | ^ ^ n .

RÉPONSE A LA CRITIQUE

Entre autres significations, le groupe \/ a celle de s'expliquer , expliquer , confronter. Tel est le cas dans le passage du Papyrus d’Orbiney1, où Ba'ita, revenu à la vie, confond son épouse coupable en s’ expliquant avec elle devant les hauts fonctionnaires de l’État. On en trouve un autre exemple dans le pronostic relatif au 27 du mois d’Athyr2; il y avait eu explication, confrontation entre Horus et Set, et il avait été mis fin à leur lutte violente. La terre entière avait été pacifiée. A Horus était échue l'Égypte entière, et le désert entier à Set.

C’est dans le même sens que le Rituel parle de l’action des quatre singes de l’étang du feu, qui manifestent la vérité, détruisent les péchés, et

confrontent le malheureux avec le puissant. M. Brugsch traduit : qui se montrent au pauvre et au riche, donnant ainsi au mot une valeur qui ne lui appartient en aucun cas (se montrer), et supposant l’élision d’une particule de régime indirect.

Tout le monde se rappelle la curieuse lettre par laquelle le gardien des archives Ameneman expose au scribe Pentaour les misères de l’agriculteur. Nous en possédons deux exemplaires; la traduction complète a été donnée par

2, Papyrus S allier IV .

voyage d’un égyptien en syrie, etc.

M. Goodwin dans la Revue archéologique' . La lettre se termine par l’exaltation de la profession de scribe. On peut en comparer la double rédaction en consultant les deux originaux {Pop. A nas tas i V, pl. 7, 1, et Pap. Sallier I, pl. 6, 8).

A propos du mot ^ ^ , par lequel débute cette clause finale, M. Brugscli reproduit la traduction qu’a donnée M. Goodwin, bien entendu sans dire où il la prend, et il rend &mr par occupation : l'occupation des savants, elle prend le premier rang. M. Goodwin avait traduit : l’occupation du scribe prime toute autre espèce de travail.

Mais cette version contient une erreur assez grave, dans laquelle je suis peut-être moi-même pour quelque chose. .\nr est du féminin et ne peut être représenté par le pronom

ea AA/WNA

masculin . Ce pronom se rapporte au scribe et

commence une phrase. Le mot ^n-y a par conséquent dans ce texte une tout autre valeur (pic celle d 'occupation. Le vrai sens, selon moi, est celui-ci : Exceptionnel est le scribe; lui, il est au premier rang; le travail de tout le monde est soumis à un contrôle; le travail des écritures , il n’est personne qui lui impose dès taxes.

L’une des scènes qui décorent le sarcophage de Séti Ier représente le serpent Apap, dont la tête est liée au moyen d’une longue chaîne tenue par un grand nombre de personnages et aussi par l’énorme main du Corps caché. Du côté de la tête du reptile, un dieu sans bras est étendu sur la chaîne. Une espèce d’insecte figuré à côté exprime le nom de cette divinité. La légende inscrite au-dessus explique que le serpent qui est dans cette scène et à qui impose

1. Année 1861, Sur les Papt/rus hièratiques[\ ef. t. II, p. 86-105, de ces Œurrcs diverses].

RÉPONSE A LA CRITIQUE 263

des liens? ^ es^ Apap, et que le dieu Soleil

avance dans sa marche lorsqu’on l’a mis dans l’impossibilité de nuire. M. Brugsch, qui lit aksu au lieu de kasu (voir § XXIV), fait du serpent le sujet de la phrase. Je lui demanderai ce que représente le groupe auquel il n’a pas

pris garde, et je lui reproche encore ici la même légèreté d’investigation dont j’ai déjà signalé tant d’exemples.

fl

Le Todtenbuch contient une seule fois le groupe w J 1; on l’y voit à la septième des invocations de 'hoth qui forment le chapitre xx. Thoth y est invoqué comme justificateur d’Osiris contre ses ennemis en présence des divins chefs qui résident à Abydos, cette nuit que tressaillirent les morts tant qu’il y en avait. Des neuf invocations conçues sur ce modèle et se référant à des événements nocturnes de la guerre typhonienne, huit ont exactement la même orthographe dans l’expression aIL. AAAAAA , , . f

cette nuit de. . . Dans celle que j’ai traduite, les signes " ont été déplacés, peut-être par l’inadvertance de quelque copiste dont l’erreur a été plus tard respectée, en sorte que le pronom démonstratif a perdu sa voyelle, la particule du génitif a disparu, et ces deux éléments phonétiques sont venus compliquer l’orthographe du verbe bien connu (| Jl^, *Jl, sauter, danser. On peut, en comparant les formules des chapitres xvm et xix, s’assurer que cet arrangement est tout à fait exceptionnel. Il est donc extrêmement vraisemblable que la langue égyptienne ne possède aucun

Pi WMW n

mot de la forme J ^). Mais si ce mot existait, il faudrait un texte beaucoup plus clair que la courte mention du chapitre xx du Rituel pour nous porter à y reconnaître avec M. Brugsch une forme dérivée de la racine [j J et

VOYAGE D UN EGYPTIEN EN SYRIE, ETC

en aucun cas un égyptologue sérieux ne regardera jamais I comme une forme adoucie de cette prétendue

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cinquième forme.

TJ j\ s^§n^e s’êtendr'e, sc développer. Dans l’hymne au soleil couchant, il est dit de cet astre que son père Tonen tient ses bras étendus derrière lui : ^ ^

^ ' . Au lieu d 'étendre, M. Brugsch traduit poser, placer :

fl a posé ses mains sur toi. Je puis lui certifier que si le texte égyptien avait voulu faire entendre cette idée, il aurait fait usage d’un autre mot pour exprimer le verbe poser, et ne se serait pas servi de la préposition derrière au lieu de la préposition sur.

Le signe ^ sert de déterminatif à plusieurs mots de sens divers; dans l’une de ses acceptions, il a pour valeur phonétique ® , nu, et se dit du temps, de la durée. Rien n’est

AA/WV\

plus fréquent que les formules exprimant des vœux pour que les pharaons jouissent des années ou des périodes d’années delà vie des dieux, et en particulier du dieu Tum.

On voit sur le propvlon du temple de Khons, à Karnak, Ptoléméc Évergète Ier et sa femme Bérénice debout devant le dieu Horus, qui marque des divisions sur le symbole des myriades d’années. Le dieu leur adresse la parole en ces termes : Je vous décrète une durée de vie pour le règne du soleil ; je vous inscris le temps de Tum; votre temps sera le temps du ciel sur ses supports ; vos années seront la durée de l'astre solaire', etc.

Ce texte contient une énumération instructive des mots

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