Denkmaler, IV, pl. 9, a
RÉPONSE A LA CRITIQUE
égyptiens qui signifient durée, temps, époque , etc. La phrase
je
relative au dieu Tum : \^J ^ ^ m
vous inscris les temps du dieu Tum, ne saurait embarrasser personne autre que M. Brugsch, dont voici la singulière version : Je vous destine par écrit les souveni/'s du dieu Tum! ! ! Destiner des souvenirs par écrit, c’est un peu fort de clarté.
Depuis Champollion on connaît la valeur du verbe
ois-Tit , faire une offrande, qui admet différents déterminatifs,
notamment L <=±e=,, l r\. quelquefois ce groupe est
suivi de ses compléments naturels, c’est-à-dire de l’énumération des objets d’offrande, tels que pains, breuvages, bœufs, oies , etc. ; parfois aussi il est employé seul et n’en signifie pas moins faire une offrande. Il serait superflu de donner la démonstration de choses tout à fait élémentaires. Seul, l’esprit de clarté de M. Brugsch ne s’en arrange pas; il invente un verbe outen avec le sens d’étendre, afin de traduire : ils étendent leurs oblations, un texte qui signifie tout simplement: ils offrent leurs oblations'. De même il traduit : ils s’étendent sur la terre, une phrase dont le sens est : ils font des oblations sur la terre. Il s’agit de certains dieux que le soleil rencontre dans son cours. Le texte dit quhVs vivent des mets de Phra et des pains de Khentament; qu’ils offrent des oblations sur la terre et que l’ eau fraîche leur est puisée par le seigneur de la nourriture. Tout le passage a trait à l’abondance des aliments que les Égyptiens ne cessaient de solliciter pour les mânes; ils chargeaient d’offrandes les tables des dieux dans les temples et demandaient que cette profusion profitât à leurs morts. Le seul point de
1. Bonomi, Sarcophagus of Seti /, pl. 4, 6; la suite dit : ils font V encensement.
voyage d’un égyptien en syrie, etc.
doute dans la version de la légende susrelatée est celui de savoir s’il ne faut pas lire : il leur est fait des oblations sur la terre (sont oblations d’eux sur la terre). Mais encore une fois le verbe otth ne signifie pas s’étendre.
M. S. Birch a, je crois, le premier signalé la valeur du groupe ^ ^ x n , ott , jeter, lancer, émettre, infliger, to put
tbrth. Jusqu’à présent tous les égyptologues l’ont employé avec ces acceptions, qui satisfont à tous les cas. M. Brugsch seul fait exception et propose les valeurs : transporter, transmettre, mettre de côté, détruire, arracher, lâcher, toutes contradictoires et inexactes. Partant de cette base erronée, il nous donne les traductions suivantes :
1° Retenir les destructions du serpent ;
lisez : Infliger des blessures au serpent.
■ 2° Laisser les péchés à mes ennemis;
lisez : Infliger des maux ci mes ennemis.
3° Arracher les fesses à Horus ;
lisez : Lancer certains projectiles ci Ilorus, etc.
La phrase n° 1 citée au paragraphe précédent est ainsi conçue en hiéroglyphes :
OTT UJIOT-OT U ô>q
Infliger des blessures au serpent.
L’erreur de M. Brugsch ne porte pas sur le groupe ott 1. Bonomi et Sharpe, pl. 2, d, 5.
RÉPONSE A LA CRITIQUE
seulement; grâce à ses idées sur la transcription servile, il fabrique ici un groupe s’eta auquel il donne le sens de destructions. Or, il s’agit tout simplement d’une variante de copte tywT, cœdere, immol are. On peut trouver la même phrase au Rituel, chap. cxxvii, 3, et Sharpe, série II, pl. 17, 6.
Le Papyrus d’Orbiney, qui forme à lui seul un précieux vocabulaire, raconte que l’épouse du pharaon profite de l’instant où elle est à table avec S. M. pour demander de grandes faveurs. C’est à peu près l’histoire d’Esther1 2 : Dixit ei rex postquam vinum biberat abundanter : quid petis, ut detur tibi, et pro qua re postulas? Etiam si dimidiam partem regni mei petieris, impet rabis. La phrase égyptienne
, elle était à la table de S. M.,
répond exactement à l’expression nnrcian du livre d’Esther5. Le mot égyptien signifie bien table, ainsi qu’on peut le voir par les phrases si fréquentes : les pains et les breuvages qui sont sur les tables des dieux. Il se dit aussi de certains vases destinés au service de la table. Mais jamais ce groupe n’a eu le moindre rapport avec le sens faveur que lui attribue M. Brugsch, lorsqu’il traduit : elle était dans la faveur du roi. Le résumé de M. Goodwin aurait dû le mettre sur la voie du véritable sens : the first time shefeasts with the kinq . . .
Le verbe \ ^ \ ^ signifie frapper avec le glaive, sablier. Dans le poème de Pentaour, M. de Rougé s’est servi du mot massacrer, et moi-même d’immoler, dans mon