Revue archéologique, mars
Description cle la Stèle
M. Mariette nous apprend que la stèle a été découverte, au milieu d’un amas confus de gros blocs entassés, dans la partie orientale du grand temple de San (Tanis). C’est là que se trouvait le sanctuaire; cinq ou six stèles ou tombes toutes officielles, toutes du règne de Ramsès II, y existaient en débris plus ou moins reconnaissables.
La stèle qui est de granit rose
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ainsi que
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le dit le texte hiéroglyphique) est divisée en deux parties ou registres, comme la plupart des monuments de ce genre. Le registre supérieur, qui occupe la partie arrondie, est légèrement entamé par une cassure sur la gauche, mais cet accident n’a fait disparaître que les deux premiers groupes de deux colonnes d’hiéroglyphes, et ces groupes peuvent être restitués en toute certitude (à la première ligne
gouverneur de
honneur , gloire, et à la seconde ville ou préfet.
Registre supérieur
Dans ce registre est représenté le roi Ramsès II tenant de chaque main un vase rempli de vin, qu’il offre au dieu Set debout devant lui et portant les insignes habituels des divinités égyptiennes, la croix ansée et le sceptre à tète de coucoupha. Une particularité que M. Mariette fait ressortir avec toute raison, c’est le long ruban ondulé qui s’échappe de la mitre du dieu et qui rappelle la longue queue fourchue de l’animal typhonien,
Sur la stèle le dieu était nommé Set de Ramsès Meïamon,
1. Je rappelle que je me sers de lettres coptes pour la transcription des mots égyptiens.
mais le groupe qui exprimait le mot Set a été martelé, de même qu’un autre groupe qui se trouvait au-dessus des signes j\^-, vivificateur, et dans lequel nous aurions trouvé, sans aucun doute, un titre du dieu, probablement celui de iihè g^-o-v^p, seigneur d’Avaris, si toutefois la triple identification de Tanis, d’Avaris et de San est un fait bien définitivement acquis.
La colonne d’hiéroglyphes, qui se lit entre le roi et le dieu, a disparu en partie; elle exprimait l’acte du roi et peut se traduire : don de deux vases de vin, dans le désir d’être vivifié.
Derrière le roi et dans l’attitude de l’adoration est représenté le personnage dédicateur de la stèle; il s’adresse à Set dans les termes suivants, qui remplissent les deux lignes d’hiéroglyphes dont nous avons rétabli plus haut les deux premiers groupes : Gloire à toi, Set, fils de Nou, accorde une vie heureuse, pour te servir, au noble préfet, intendant des cavales, intendant des nations, intendant de la forteresse ( ® ) de Djor.
Le nom du dédicateur Séti, qui se retrouve dans le corps de l’inscription du deuxième registre, était probablement inscrit en tête d’une troisième ligne, au-dessus des mains du personnage. Il a disparu dans la cassure qui a atteint ce côté de la stèle et qui a enlevé la tête et le cou de Séti. Le titre de , Aip-sST, intendant de la forteresse, est traduit
conjecturalement, le groupe ^ n’étant pas suffisamment étudié; toutefois le déterminatif hfi fait songer à un édi¬
fice clos, fortifié, défendu. D’ailleurs on connaît, par d’autres
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monuments, le
nement le château, la forteresse de Djor. Il est très possible que ne soit qu’une variante de ® Q.
Registre inférieur
Le registre inférieur est occupé par une inscription hiéroglyphique de douze lignes, dont les deux dernières sont entamées de chaque bout par une cassure de la pierre. Audessous de la douzième ligne existe, au milieu de la stèle, une bande libre qui atteint la largeur d’un quart de l’espacement des lignes; la cassure a enlevé la partie inférieure, mais l’on peut inférer, soit de l’absence de toute trace d’hiéroglyphes sur la bande en question, soit même de l’arrangement du texte, que l’inscription se terminait avec la douzième ligne. Mais il pouvait y avoir un troisième registre, contenant une ou plusieurs rangées de cartouches royaux, devant lesquels Ramsès II était peut-être représenté, comme Séti Ier l’est dans la table d’Abydos. Cette hypothèse s’accorderait assez bien avec la qualification de grande que le texte donne à la stèle, qualification qui ne serait pas justifiée par la dimension du débris retrouvé par M. Mariette.
Le texte n’offre aucune difficulté de traduction; il peut se diviser en trois paragraphes, savoir :
1° Les quatre premières lignes qui ne contiennent que la légende de Ramsès II;
2° La cinquième et la sixième ligne où se trouve mentionné l’ordre du roi relatif à l’érection du monument;
3° Les six dernières lignes qui relatent la date du voyage fait à San par le fonctionnaire Séti, et reproduisent sa prière au dieu du temple.
Le premier paragraphe est sans intérêt; il peut être avantageusement remplacé par ces simples mots : Sous le règne du roi Ramsès II. En voici toutefois la traduction littérale :
« Vivant l’Horus-Soleil, taureau puissant, aimant la vé- » rité, seigneur des panégyries comme son père Ptah, le » roi de la Haute et de la Basse-Égypte, Ra-usor-ma-Sotep- » en-Ra, fils du Soleil, Meïamon Ramsès, vivificateur, sei- » gneur des diadèmes, qui prend soin de l’Égypte et châtie
)) les nations étrangères, Soleil générateur des dieux, qui » possède les deux mondes; épervier d’or, dominateur des » années (Ssarokïiç y pôv wv), le plus grand des vainqueurs, le » roi de la Haute et de la Basse-Egypte, Ra-usor-ma- » Sotep-en-Ra, fils du Soleil, Meïamon Ramsès, Chef su- » prême qui s’empare du monde par les monuments (élevés) » à son nom; le soleil brille au haut du ciel à sa volonté, le » roi de la Haute et de la Basse-Égypte, Ra-usor-ma-Sotep- » en-Ra, fils du Soleil, Meïamon Ramsès. »
La formule
prenant, possé-
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dant la terre par les monuments à son nom, convient parfaitement à Ramsès II, ce grand constructeur, qui couvrit l’Égypte de somptueux édifices et dressa ses stèles de victoire dans tous les pays soumis par ses armes1.
La deuxième phrase mérite un examen plus sérieux; en voici la traduction interlinéaire :
Lig. 5.
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Ordonna S. M. de faire une stèle grande de pierre de syénite
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au nom grand de ses pères dans le désir de faire tenir le nom du père
de ses pères.
Lig- 6- bi Gril V ! (HPO HH
Le roi Men-ma-ra, fils du Soleil, Séti Mcneptah, très stable,
à toujours, comme le soleil, chaque jour.