Cf. Hérodote, II, cii, cvi
Ma traduction ne diffère de celle de M. Mariette que
parce que je lie le verbe
dresser, faire tenir
debout, ériger, à l’adjectif MAAM
.lieu otô.o, combinai¬
son de l’idée de permanence, de stabilité et de celle d’abondance, multiplicité, accroissement, formant un superlatif
absolu analogue à — ^ oHp, grand grand, pour dire très grand, et beaucoup.
En définitive, le sens est des plus clairs : Ramsès II a donné l’ordre d’ériger une grande stèle sur laquelle seraient inscrits les noms de ses pères, afin cpte le nom du père de ses pères , le roi Séti Ier, g demeurât permanent pour toujours.
Malheureusement Séti Iür est le propre père de Ramsès II et non le père de ses pères. Cette difficulté n’a pas arrêté M. Mariette, qui s’est contenté d'interposer la préposition et entre ce titre de parenté et le nom du roi Séti, et qui lit, par suite : afin que le nom du père de ses pères (et celui) du roi Séti, etc.
Il n’existe, sans doute, aucune règle philologique absolue qui puisse s’opposera cet arrangement, car l’ancien égyptien supprime le plus souvent la conjonction copulative. Ce¬
pendant on y rencontre fort souvent aussi le mot ^ , avec,
ainsi que, et, notamment toutes les fois qu’il était utile de faire distinguer les termes des énumérations. C’est ainsi, par exemple, que les différents dogmes expliqués à Cambyse par Outahorsoun sont séparés, dans les inscriptions de la
statuette naophore, par
et même une fois par
puis encore.
M. Mariette est bien obligé de chercher à deviner quel est ce père des pères de Ramsès II. Comme le texte n’a encore jusqu’ici donné que le nom de Ramsès II lui-même et celui du dieu Set martelé dans le premier registre, le savant explorateur est forcé de remonter jusqu’à Ménès.
Or, ce bond en arrière jusqu’au fondateur de la première dynastie historique demanderait au moins à être appuyé sur quelques analogies. Ménès, dont le nom vient d’être heureusement rencontré en tête de la liste d’Abydos, n’apparaît pas souvent sur les monuments ni dans les testes; il serait bien étonnant que ce nom de si rare occurrence ait pu être sous-entendu, et les doutes prennent des proportions considérables, si l’on réfléchit qu’il n’était pas difficile d’introduire dans le texte le cartouche fort court qui eût fait disparaître toute ambiguïté de la phrase.
Les formules du même genre ne sont pas rares. On trouve,
par exemple, que Séti Ier rendit hommage
à son père , le roi Ramsès Ier 1
mi
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; qu’il adressa la parole à
» , ses pères
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tous les rois de la Haute et de la Basse-Egypte'
et encore
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son père Ammon-Râ et
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à ses dieux parèdres 3 ; qu’il éleva un temple (
^jj, au grand nom de ses pères les
dieux \
Ces citations démontrent que les groupes qui suivent le mot père en sont toujours le complément immédiat. Il faut donc lire, comme je l’ai fait, en serrant le texte, le nom du père de ses pères, le roi Séti Ier. Mais, comme cette traduction consacrerait une erreur manifeste, nous sommes forcés de rétablir ici la véritable qualité de Séti Ier, et la phrase devient ce qu’elle doit être : le nom de son père Séti Ier.
Rectifié ainsi, le passage satisfait à toutes les conditions
1. Denkmàler, Abth. III, 131, 3. La même formule y est encore répétée avec le prénom de Ramsès Ier.