‹ Œuvres diversesChapitre 2 sur 273 · Strabon, I, lxix · texte numérisé non relu

Strabon, I, lxix

Bibl. égypt., t. xi.

SUR UN TEXTE ÉGYPTIEN

Cependant, à l’égard de l’astronomie, l’antiquité a incliné vers l’opinion qui attribue aux Chaldéens l’invention et les premiers progrès de cette science. Cette opinion est encore aujourd’hui assez généralement acceptée.

Cette supériorité des Chaldéens ne repose pas toutefois sur des données historiques précises. On ne peut, en effet, ranger sous ce titre les prétendues observations faites pendant les 450 siècles des dix rois antédiluviens, ni les quinze myriades de Bérose, ni même la série d’observations que Callisthène envoya de Babylonc à Aristote, et qui embrassaient une période de 1,903 ans.

Ce n’est guère que depuis la fondation de l’école d'Alexandrie que l’étude des phénomènes célestes paraît avoir revêtu le caractère d’une science méthodique, appuyée sur des observations précises; du moins les témoignages de l’histoire ne nous permettent pas de retrouver ce caractère à une date antérieure. Quoi qu’il en soit, il est certain que l’école d’Alexandrie utilisa un certain nombre d’observations d’origine chaldéenne; Ptolémée, entre autres, cite sept éclipses de lune notées à Babylone entre l’an 720 et l’an 367 avant notre ère. Tel est le titre le plus sérieux qui nous soit resté de la réalité de la science des Babyloniens. Aucune observation égyptienne ne nous a été conservée par les classiques; cependant ils rendent témoignage du soin avec lequel les Égyptiens avaient, de toute antiquité, observé les mouvements des corps célestes’.

De ce silence de l’histoire sur les observations astronomiques des anciens Égyptiens, il ne faut pas se hâter de conclure à l'ignorance de ce peuple en matière d'astronomie. Nous pouvons apprécier aujourd'hui combien l’antiquité classique a été inexactement informée sur l’histoire, la mythologie, les mœurs et les usages de la terre des Pharaons. Rien ne nous porte à admettre qu’aucun des auteurs

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