Voir ci-devant, p
pas, non plus que la combinaison Hik-sôs , dans les documents originaux relatifs aux Pasteurs.
Il existe bien un peuple nommé Sliasu, qu’on a voulu identifier avec les Hyksos. Mais les textes assez nombreux qui nous parlent de ce peuple s’opposent rigoureusement à cette assimilation1. Je crois qu’aucun égyptologue ne persiste à la proposer. Au surplus, si le nom de Hyksos est formé de deux mots égyptiens, il n’appartient pas à coup sûr à la langue des Pasteurs. Ce serait une qualification égyptienne de la race, mais nous n’y retrouverions pas l’ et; nique que nous cherchons.
Les commentaires des abréviateurs grecs serrent de si près les notions réellement empruntées à Manéthon, qu’il est très difficile de s’y reconnaître. Aujourd’hui, grâce à la connaissance que nous avons de la langue égyptienne, nous pouvons cependant distinguer les causes de certaines confusions. Dans le cas spécial qui nous occupe, par exemple, il est aisé de voir que Manéthon, dans le cours de son histoire, a pu, d’après les expressions des Livres sacrés, nommer les rois des envahisseurs de l’Égypte : Ilyk-shôs, rois vi/s} et leur peuple, surtout après sa défaite, Haq-shôs, captifs vils. Ainsi s’expliquerait la double traduction fautive donnée par Josèphe, historien que préoccupait surtout le désir de faire considérer les Pasteurs comme les ancêtres du peuple hébreu. Toutefois, il ne paraît pas attacher lui-même beaucoup de valeur à ce nom de Hyksos, que seul il rapporte entre tous les abréviateurs de l’annaliste égyptien. Dans tout son récit, il ne se sert, à l’exemple d’Eusèbe, d’Africain, etc., que du nom de mu'fjtsveç, pasteurs. Nous n’avons aujourd’hui aucun motif de changer cette dénomination, qui a au moins le mérite de laisser la question ouverte pour une solution
1. Voir Voyage d’un É y aptien, p. lit et suiv. Le capitaine Ahmès Penneb fît une campagne contre les Shasous sous Thotmës II. Voyez ci-devant, p. [395],
LES PASTEURS EN ÉGYPTE
définitive, si de nouveaux documents nous viennent en aide.
Quoi qu’il en soit de la forme exacte de leur nom, il est au moins certain que les Pasteurs appartenaient à ce groupe de peuples asiatiques, nommés Menti et Sati, si fréquemment cités par les monuments égyptiens. Ils apparaissent l’un et l’autre sous l’Ancien-Empire. Un papyrus de la XIIe dynastie parle de la muraille que le roi avait fait élever pour repousser les incursions des Sati'. Amenemha Ier se vante ailleurs de les avoir fait courir comme des chiens de chasse1 2 3. Quant aux Men-ti, ils sont cités sur les inscriptions du Sinaï dès les premières dynasties, de même que les Petti \
' Si nous ne rencontrons ni sur les monuments, ni dans les auteurs, le nom véritable des Pasteurs, nous ne sommes pas plus heureux en ce qui touche la détermination précise de la race, à laquelle ils appartenaient. D’après les extraits, Manétlion les aurait regardés tantôt comme des Phéniciens, tantôt comme des Arabes. Mais, à en juger d’après les noms donnés par les listes, il est difficile de voir en eux un rameau de la famille chananéenne ou de la famille ismaêlienne. Ces noms : Salatis ou Saïtès, Bnôn ou Béôn, Pakhnan ou Apakhnas, Staon, Arkhlès, Aphobis, etc., ont une physionomie particulière, qui ne permet pas de les rapporter aux langues syro-araméennes.
La seule chose que nous puissions tenir comme vraie, c’est <pie les Pasteurs venaient de l’orient de l’Égvpte. Ils avaient forcé la frontière égyptienne, précisément sur le point où Amenemha Ier l’avait fortifiée contre les incursions des Sati. Nous sommes conséquemment encore amenés à les
1. Voir Chabas, Papyrus de Berlin, p. 38 et 52 [; p. 320 et 334 du t. III de ces Œuvres diverses]-