‹ Œuvres diversesChapitre 222 sur 273 · Voir la traduction du papyrus, p. [387-389], ci-devant · texte numérisé non relu

Voir la traduction du papyrus, p. [387-389], ci-devant

LES PASTEURS EN ÉGYPTE

Apapi est d’ailleurs le seul roi pasteur, dont le cartouche entier soit parvenu jusqu’à nous. M. Mariette a même retrouvé sa légende complète sur un colosse découvert à San. Cette légende se lit ainsi : Le dieu bon Aa-het-to-ti-Ra, Jils du soleil, Apapi' . On voit qu’en s’appropriant les statues des pharaons légitimes, Apapi adoptait aussi leurs titres officiels.

Mais il ne faut pas oublier qu’avec ce pasteur nous touchons à l’époque finale de l’oppression de l’Egypte par la race étrangère. En effet, il a eu pour contemporain, comme je l’ai dit, un prince égyptien dont le prénom est Sekenen- Ra. Or, c’est précisément un roi portant ce prénom, qui a précédé Ahmès, le vainqueur d’Avaris. Lors même que le Sekenen-Ra d’ Apapi et le Sekenen-Ra, sous lequel servit Baba, père du commandant de marins Ahmès, seraient, ce qui est probable, deux personnages differents, ils appartiendraient toujours à la même famille, ou au moins au même groupe de princes. Sans aucun doute, Apapi a régné dans le dernier siècle de la domination des Pasteurs.

Mais il est extrêmement probable qu’il n’a été ni le seul, ni même le premier des rois pasteurs ayant fait usage de l’écriture et du style officiel des Egyptiens. On a signalé, en effet, d’autres cartouches qui peuvent avoir appartenu à des monarques de cette race ; malheureusement nous n’avons aucun moyen d’attribution pour ces noms, dont la lecture est d’ailleurs incertaine.

M. Th. Devéria a notamment fait connaître celui qui se voit sur la poitrine d’un petit lion de pierre trouvé dans les matériaux d’une muraille à Bagdad1 2. Mon savant confrère propose de le lire Ra-set-noub; mais il n’est nullement certain, à mes yeux, 'que les combinaisons de signes Hor-

1. Mariette, Deuxième lettre à M. le vicomte de Rougè, Revue archéologique , 2e série, t.V, p. 298. Le prénom signifie : Soleil magnanime des deux mondes.

2. Lettre à M. Mariette , Revue archéologique , 2' série, t. IV, p. 256.

LES PASTEURS EN ÉGYPTE

noub et Set-noub (Horus d’or et Set d’or) doivent être articulées conformément au phonétisme de leurs deux éléments, dont le rôle me paraît ici seulement symbolique. La prononciation du cartouche en question peut donc être tout à fait différente.

Le même égyptologue a publié aussi la légende d’un autre roi pasteur, découverte par M. Mariette sur la base du colosse de Tell-Mokdamh Cette légende donne au monarque de la race conquérante les titres égyptiens de Dieu bon et de fils du Soleil, avec le titre nouveau d’étoile des deux Mondes (c’est-à-dire des deux Égypte). Mais le cartouche est tellement fruste qu’on ne peut plus y distinguer d’autres signes que l’animal typique du dieu Set. Encore ici le nom nous échappe; une seule chose est à noter, c’est que, selon l’observation de M. Devéria, le petit lion qui porte cette légende présente une certaine analogie avec les lions androcephales de San, (pic M. Mariette rapporte avec raison au règne d’Apophis5.

Enfin M. Brugsch a signalé deux autres cartouches, qui lui paraissent susceptibles de la même attribution. Le premier, qui semble devoir être lu Set-nekht-en-Ra, a été trouvé par ce savant sur un rocher de l’ile de Bigeli, près cle Philæ. Qu’un roi pasteur de la dernière époque ait eu le pouvoir de faire sculpter son écusson sur les frontières de la Nubie, c’est ce (pii sera difficilement admis par la critique. Jusqu’à nouvelle information, il convient de repousser ce nom de la liste des rois pasteurs, avec d’autant plus de raison que la présence du nom de Set dans un cartouche peut s’expliquer tout autrement que par une attribution de cette espèce.

Le deuxième cartouche, signalé par M. Brugsch ', se rencontrerait, suivant lui, dans le groupe incomplet, qui ter-

1 . Lettre à M. Mariette, Reçue archéologique, 2e série, t. IV, p. 259.

2. Lettre à M. le vicomte de Rouge, Reçue archéologique , 2e série, t. III, p. 105.

Page 1