Tanis and Acaris, p
LES PASTEURS EN ÉGYPTE
mine la ligne 7 de la première page du Papyrus Sallier I. C’est à la rigueur possible; mais il est possible aussi que le signe final du cartouche ne soit qu’un déterminatif particulier du nom d’Apapi, dont le commencement se voit précisément dans un débris déplacé, qui paraît appartenir à la même ligne. Quoi qu’il en soit, ce cartouche, lors même qu’il n’appartiendrait pas à Apapi, ne nous apprendrait absolument rien de nouveau.
Il reste toutefois suffisamment prouvé que des rois pasteurs autres qu’Apapi ont encadré leurs noms à la manière égyptienne ; mais je crois que tel n’a pas été le cas pour ceux de la succession immédiate de Salatis. Ce n’est que dans la période des relations pacifiques et dans celle de la guerre d’indépendance que la science et les usages de l’Égypte ont pu s’introduire parmi les Pasteurs. Alors seulement les rois de ces Barbares purent songer à s’entourer de lettrés, à édifier des temples, à encourager la statuaire, tout en remplaçant par leurs propres cartouches, sur les statues de l’Ancien-Empire restées debout, les noms des pharaons qui s’étaient érigés ces monuments. Cette époque de civilisation nous a seule laissé des sphinx, des statues et des légendes rappelant l’art de l’Égypte; les mœurs des dominateurs étrangers s’étaient alors sensiblement adoucies; mais cette circonstance ne contredit en aucune manière le récit de Manéthon, puisque, ainsi que je l’ai déjà fait ressortir, cet historien distingue lui-même entre l’époque de cruautés et de guerres continuelles qui se continua deux cent cinquante ans après la conquête, et les temps postérieurs jusqu’à l’expulsion des envahisseurs.
Il y a lieu de faire remarquer ici que la Basse-Egypte n’avait fait aucune résistance, et que les villes voisines de la frontière orientale, fréquentées de toute antiquité par la race des Men-ti et des Sati, s’étaient probablement soumises sans peine à la domination des Pasteurs. Ceux-ci les occupèrent à leur aise, et loin d’y porter le fer et le feu, ils
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les conservèrent pour en faire des places d’armes, d’où ils se jetaient ensuite sur les nomes voisins. Il est donc tout naturel que Tanis, en particulier, ait peu souffert de leur présence. Les statues, les temples peut-être, y sont restés debout, inutilisés pendant plusieurs siècles; et finalement, ayant pris les coutumes du peuple vaincu, les derniers Pasteurs les firent servir à leur usage.
Il faut toutefois distinguer entre les cartouches gravés sur des monuments et ceux qu’on peut rencontrer dans des listes dynastiques. Les premiers, lorsqu’ils font partie de légendes attributives, appartiennent presque toujours à l’époque du personnage qu’ils désignent; les autres, au contraire, n’ont aucune signification chronologique, en dehors de la place relative qu’ils occupent. Par conséquent, le Canon royal de Turin a bien pu contenir les noms des rois pasteurs, depuis le premier jusqu’au dernier, et leur attribuer, pour la forme, les titres de la double royauté et le cartouche. C’est ainsi (pie le Papyrus Sa! lier, après avoir donné à Apapi la qualification de chef, se sert ensuite exclusivement de celle de roi pour le désigner. Il suit de là que l’attribution, proposée par M. Devéria1, des trois noms du fragment 112 du Papyrus de Turin aux pasteurs Béôn, Apakhnas et Apophis, est parfaitement admissible; elle ne prouve pas (pie ces chefs des Pasteurs aient eux-mêmes fait usage du cartouche royal, mais seulement que le scribe du Papyrus n’a pas cru devoir leur refuser ce signe distinctif de l’autorité, qu’ils avaient bien réellement exercée. En somme, Apapi est le seul des rois pasteurs, qui se présente à nous avec une consistance historique certaine. Nous ne savons ni le nom, ni les actes de ses précédessseurs, et nous ne sommes pas plus avancés en ce qui concerne ses successeurs, à cela près cependant que nous avons le droit de les considérer comme ayant laissé leur puissance s’amoindrir