Josuè, chap. xix, v
LES PASTEURS EN ÉGYPTE
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ment où toutes les forces nationales étaient employées dans le Nord; ils avaient pu se livrer impunément à leurs déprédations habituelles. Ahmès Ie1' les châtia vigoureusement. Dans cette campagne, notre héros fit encore remarquer sa vaillance; un cinquième collier d’or lui fut octroyé.
La neuvième section est le corollaire de ce qui précède; elle nous montre le pharaon revenu triomphant dans son empire, après avoir subjugué les peuples du Midi aussi bien que ceux du Nord. On peut conclure de là que, pendant la durée de l’expédition en Nubie, les Pasteurs n’avaient fait aucune tentative pour ressaisir leur domination sur la Basse- Kgypte.
S’il est vrai que le récit de Josèphe soit contredit par le témoignage positif des monuments originaux, il en est tout autrement do celui d’Apion, le grammairien. Au rapport d’Eusèbe1, cet auteur qui avait composé, entre autres ouvrages, cinq livres à’Ægypticica, disait, dans son quatrième livjre, qu’Ainosis démantela la ville d’Avaris. Apion, de même que Ptolémée, prêtre de Mendès, font d’ Ahmès le contemporain d’Inachus, mais cc rapprochement mythologique n’éclaircit pas beaucoup la question chronologique.
On doit donc considérer décidément, comme un point acquis à l’histoire, que la prise d’Avaris et l’expulsion finale des Pasteurs eurent lieu sous le règne du pharaon Ahmès 1er. Il devient par conséquent superflu de chercher à identifier avec un Thothmès quelconque le Misphragmuthosis de Josèphe. On ne doit non plus aucune croyance au rapport du même historien que les Pasteurs fortifièrent Avaris après leur défaite: l’armée de 480,000 hommes, que Thuthmosis aurait vainement employée à réduire les 240,000 Pasteurs, doit être de même reléguée au nombre des faits imaginaires. Les états de service du capitaine Ahmès, si simples et si précis, nous font toucher du doigt la vanité de ces traditions prétentieuses.