Histoire d’Égypte, p
LES PASTEURS EN ÉGYPTE
une mention de la guerre contre l’Éthiopie entreprise par Aménophis Ier, et nous y apprenons en outre que le même pharaon guerroya aussi contre un peuple nommé Amukehak, dont la situation ne nous est pas connue. On a pensé qu’il devait exister une certaine relation entre ce peuple et les Kehak, nation du nord de l’Afrique. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas à songer aux Pasteurs. Dans l’intervalle d'environ trente-trois ans qui s’est écoulé entre la prise d’Avaris et la mort d’ Aménophis Ier, nous’rencontrons la mention de cinq campagnes des armées égyptiennes, dans lesquelles les Menti-Sati ne furent aucunement mêlés. Ils ont complètement disparu de la scène. Si Ahmès Ior et son successeur immédiat avaient eu à les combattre, nul doute que notre capitaine de marins, vétéran de la guerre d’indépendance, n’eût été appelé à fournir encore ses excellents services, puisque, beaucoup plus tard, il fît encore une campagne en Syrie et en Mésopotamie.
Thothmès Ier, successeur d’ Aménophis 1er, fut un prince belliqueux. Le marin Ahmès le conduisit par le Nil à Khenthannefer, dans la Haute-Nubie; les Égyptiens attaquèrent d’abord l’ennemi sur l’eau; il n’est pas sûr que les mentions de la deuxième inscription suivent sans lacune celles de la première; mais qu’il s’agisse de la même campagne ou d’une seconde expédition de Thothmès Ier, les détails donnés à la quinzième et à la seizième section de l’inscription concernent toujours les Pet ti de Nubie. Le roi les subjugua et rapporta, sanglants trophées de sa victoire, des ennemis suspendus la tète en bas sur les barques qui le ramenèrent en triomphe au palais de Karnak.
Après avoir ainsi terrassé le Sud, Thothmès Ier porta ses armes dans le pays de Ruten (la Syrie), et en Naharina (la Mésopotamie). Notre officier, qui avait été élevé au grade de Her-Kkennou (commandant de marins), à la suite de l’expédition contre Khenthannefer, reprit dans la guerre d’Asie le commandement d’un corps de fantassins. Cet emploi ne
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le privait pas cependant du titre de Her-Khennou, par lequel il est désigné dans son inscription funéraire.
Cette campagne, qui fut la dernière de notre héros, lui valut son septième collier d’or; il s’était emparé d’un char de guerre et des hommes qui le montaient. Le reste de sa vie s’écoula paisiblement; il nous dit lui-même qu’il a atteint la vieillesse et qu’il va bientôt reposer dans la tombe qu’il s’est préparée.
Ahmès Penneb avait également servi dans les expéditions de Thothmès Ier contre Conseil et contre la Mésopotamie. De même que son homonyme, il s’était signalé par sa valeur, et dans sa dernière campagne, il avait tué vingt et un ennemis et pris un char de guerre. Il n’est pas question à cette époque de chars, ni de chevaux employés à la guerre par les peuples situés au midi de l’Egypte; mais les peuples de l’Asie centrale s’en servaient communément. Les bois d’Asie étaient recherchés par les Égyptiens pour la confection de leurs chars.
Sous Thothmès Ier, le style officiel des inscriptions militaires commence à prendre la forme ampoulée, qu’il n’abandonna plus jusqu’aux plus basses époques. Ce pharaon fit inscrire le récit de ses exploits et ses prétentions à la domination universelle sur un rocher de l’île de Tombos1, au sud de Dongola. Il s’y vante de percevoir des tributs sur les peuples du Midi et sur les peuples du Nord, ainsi que sur la terre entière; il a saisi les Barbares; pas un n’a échappé à la torsion de sa chevelure; les Petti de Nubie sont tombés sous ses coups; il a fait reculer leurs eaux; il a inondé leurs vallées comme un déluge, comme des eaux qui montent. Le roi est devenu semblable à Horus, lorsqu’il eut pris sa royauté éternelle; tous les pays du grand pourtour de la terre entière étaient sous ses pieds.
Sans doute, il faut faire une large part à l’exagération de