Champollion, Monuments , pl
DÛ MUSÉE DE LEYDE
remarquer que le texte se sert à dessein de l’expression le roi lai-même, qui ne peut guère se référer qu’à une action matériellement exécutée par le monarque en personne, comme c’est le cas pour d’autres cérémonies expliquées dans les mêmes termes; par exemple lorsqu’il est dit que le roi accompagne lui-même autour des murs du temple le cortège des statues divines.
S’il pouvait exister quelques doutes sur ce point, la question serait résolue selon moi par les curieux outils de charpentier que possède le Musée de Leyde et qui portent la légende du pharaon Thothmès III; ils sont au nombre de cinq, savoir :
1° Une hache de bronze à manche de bois rond et légèrement arqué (Æy Mon. van het Nederl. Mus., IIe Aid., pl. XC, 1. 155);
2° Deux ciseaux à bois emmanchés (Æg. Mon. van het Nederl. Mus., IIe Afd., pl. XC, 1. 157 et 159);
3° Un grand couteau de bronze à manche de bois ( Æg . Mon. van het Nederl. Mus., IIe Afd., pl. XC, 1. 161);
4° Une espèce de doloire ou de rabot, dont le travailleur se servait en ramenant fortement vers lui la lame fixée à plat et horizontalement sous une poignée ou manche de bois. C’est l’outil avec lequel les menuisiers polissaient leurs pièces; on le voit entre les mains des fabricants d’arcs, etc. (Æg. Mon. van het Nederl. Mus., IIe Afch, pl. LXXX, 1, 3 a, 3 b).
Ces outils, d’assez petites dimensions, représentent parfaitement les truelles et les marteaux mignons qu’on met entre les mains des grands personnages lors de la pose des premières pierres. Ils n’étaient pas destinés à un travail bien sérieux : Thothmès III les a touchés cérémonieusement lorsqu’il a eu à frapper quelques coups sur les premiers pieux d’un édifice élevé par ses ordres, au lieudit Ammon S or. C’est ce qu’explique positivement la légende identique^ de chacun de ces cinq instruments :