U SECONDE RACE DES DAUPHINS DE VIENNOIS
ID* Degré.
BEATRIX, Dtui>hine, comlesse de GraisivMd» et d'Albon.
Elle eut trois maris.
Le premier fust GuiUaume Taîllefert, fih puisnay de Raymon V, comte de Tolose, Tan 1163. Il se qualifie comte de Grenoble en une donation qu'il fit à Fabbé de Temiers d*nne maison appdlée Terne au territoire de Belle-Combe , de tout ce qu'il avoit à Avalon, despuis le pré Belenger comme il estoit divisé par l'Isère , jusques à la ville soubz Bellecombe , plus, la part qu'il avoit en la forest de Gemetes et une terre voisine. L'acte est à la Chambre des Comptes sans date. Il mourut l'an 1175.
Ce fttst en faveur de ce Taillefert que l'empereur Frédéric I«r, par sa bulle du 3 des kal, d'aoust 1177, en confirmant au comte de Valentinois son péage , entre Valence et MontéUimart, relevant du Dauphin.
Ce fut dans la ville d'Arles où cet «sipereur estoit venu et où les grands des environs l'estoient venu visiter aussy bien que les prélats; c(»nine il avoit besoin d'eux» il les confirma en tout ce qu'ils possédoient, qui dépendoit du royaume de Bourgogne, pourvu qu'ils relevassent de l'empire. Jusques alors les petits princes et les prélats qui s'estoient faits souverains avoîent lieu de craindre d'estre destrones par les prétentions des empereurs à qui le royaume de Bourgogne sembloit appartenir, mais l'em* pereur Frédéric les y afiférmit par plusieurs bulles qu'il leur accorda en 1177 et 1178. Ce fiist en faveur de
Eudes , évéque de Valence ; | Nicolas , évoque de Viviers ; * Robert , évéque de Die ; | Bertrand , évéque de Vaison ;
356 l'histoire des comtes
Taillefert, comte de Graisi-
vaudan ; Guillaume de Poitiers , comte
de Yalentinois; Bertrand des Baux;
Raymon , seign. de Heuillon; Bernard , évêque de Gap ; Guillaume, évèqUe de Verdun; Ponce, évèque d'Avignon.
Le 2« mary de Bèatrix fust Hugues m , duc de Bourgogne, l'an 1184 : cette année il transigea avec Jean, évèque de Grenoble. D y prend la qualité de duc de Dijon , dit qu'il avoit épousé la fille du comte Dauphin, veufve de Taillefer , fils du comte de Tolose , et qu'en cette qualité tenoit la comté d'Albon. Ce duc se plaignoit de ce que l'évèque detenoit injustement la plaine qui leur devoit estre commune , que le partage fait avec le comte de S. Gilles n'avoit pas bien procédé. Se plaignant encore de ce que l'évèque fait bastir une maison et un moulin , ce qu'il n'avoit pu faire sans son consentement, à quoy il sgoutoit que l'évèque prenoit un certain droit pour le louage des mesures hors le temps du marché, au préiudice ces anciennes coustumes.
A quoy l'évèque , en répondant , se plaignit à son tour que le duc avoit exigé des tributs des chanoines, ecclésiastiques, et habitans de cette ville, ce qui n'avoit jamais esté fiût par les comtes ses prédécesseurs.
Sur quoy , attendu que l'évèque tenoit du duc ce rachat perpétuel en engagement pour 100 marcs d'argent, tous les droits et revenus que les comtes avoient de coutume de prendre sur les foires de cette ville, et que l'évèque avoit encore donné au duc 1,600 sols, l'évèque lui remit tout le droit qu'il avoit sur les mesures , à la réserve des jours de marché; et le duc confirma le dit partage qui avoit esté fait de la plaine par le comte de S. Gilles; il déchargea les chanoines, ecclésiastiques, leurs hommes et fomilles de toute contribution ; et, expressément pour le lieu de S. Donnât, confirma les libertez et bonnes coutumes des chanoines et des hommes qu'ils avoient, tant à S. Donnât qu'ailleurs; promit aussy de conserver les foires de mesme que s'il en tiroit les revenus ; estant dit , à la fin de cette transaction , que le duc et l'évèque l'avoient confirmée le lendemain en présence de la duchesse. Le tout est inséré dans une bulle du pape Urbain du 2 des kal. de mars. Le tout est au livre de la Cité de
Grenoble f fol. 151 • Juste! le rapporte en V Histoire de la Tour d'Auvergne.
Philipes Auguste, royde France, et Richart, roy d'Angleterre, s'estant croisez, plusieurs princes voulurent les suivre et entre autres Hugues, duc de Bourgogne , mary de nostre Béatrix qui, bien loin de le dissuader de faire ce voyage, l'y excita et fournit de son bien pour en faire les fraix, et vendit la terre de Morges à Raymond Bérenger. La vente porte que la somme de 120 marcs d'argent, du prix de cette terre, devoit estre employée pour les fraix du voyage de Hyerusalem. C'estoit en 1188 , et l'assemblée fut Êdte à S. Vallier, en Dauphiné. Les roys s'estant retirés , le duc resta seul général des troupes chrestiennes en Asie.
L'an 1191 , et le 24 de juin, Béatrix fit de grandes largesses
à l'abbé ?, particulièrement d'un revenu annuel de
40 sestiers de froment qui luy estoient deubz pour le pré Comtal à S. Donnât.
Comme le duc Hugues, son mary, estoit obligé de rester en Bourgogne, elle avoit auprès d'elle Eudes, son fils aisné , qu'elle fit régent de Daupbiné. Elle et son fils eurent quelques différends avec Guillaume, seign. de Qérieu, au siyet de l'hommage de quelques terres entre le Rosne et l'Isère qu'ils prétendoient l'un et l'autre. H fust réglé par une transaction du mois d'octobre de cette année. Béatrix donna à Qérieu la terre de la Roche de Glun, pour la tenir d'elle à foy et hommage, et Qérieu luy soumit celle de Qérieu et se déclara son vassal.
Ceux qui s'entremirent â cet accommodement furent :
Robert, archevêque de Vienne ;
François, évoque de Grenoble;
Hugues, abbé de Bonnevaux.
Le 3» mary de Béatrix fut Hugues, sire de Gol^y et de Revermont.
Elle vivoit encore l'an 1201 et n'eut point d'enfans du 2« ny du 3» mary. Elle en eut du duc de Bourgogne et entre autres :
358 l'histoire des comtes
il* Degré.
GUIGUES ANDRÉ, Dauphin X de Viennois, comte de Graisivaudan et d'Âlbon.
Le 1« d'octobre de Tan 1301, Hombert, évèque de Die, consentit que les fie& que Syhion de Grest temût de luy qu'il les prit d'André DaupUn et de ses successeurs, comtes d'Albon, ce fust en présence de :
Albert de la Tour;
Barlion, son fils;
Odobert de Ghateauneuf ;
Odon de Toumon.
Justel rapporte ce titre en l'Histoire de la maison de la Tour d'Auvergne et dit de l'avoir tké d'un chariolaire de l'église de Die.
n eut trois femmes :
La première fiit Semnoresse de Poitiers, fille d'Aymar de Poitiers , comte de ValentinoiB et de Diois, et de Philqie de Fay , qu'il répudia. J'en donneray les preuves en son ordre.
La seconde fut Béatrix de Oaustral, fille de Reynier de Claustral, prince de Blarseille, de la fiimille de Sabran, et de Garceime de Forcalquier , fille unique et héritière de Guillaume , comte de Forcalquier et de Marguerite de Bourbon. II l'espousa au mois de juin 1202. Guillaume, oomie de Forcalquier intervint au contrat et fit la constitution dotale : Prcselaro ai q%êiàem Delphino prœdictus cornes WUlelvhMëdêdU in iMiorfm neptetn 9uam, ideat fiUam filiœ suœ Becttricem^ et totam terram quce à Ponte BurefU de Sistariee eureum eefy et eoBtenéitur per episcopcUum Vapincensem et epUcopatum Ebroduneneemy sicut ipie meliua et pater eiue ^ antiqtri oit» comitee Forealqiœrii prœdietam terram hàbuerant.
Cette donation comprend tout l'Ambrunois et une partie du Gapençois, car le reste estoit à l'évèque de Gap , en tirant contre les Baronnies. Comme l'archevêque d'Ambrun avoit une espèce de souveraineté en ce qui composoit cette donation, et l'évèque
DB GRAISIVilUDAN ET D'ALBON.
de Gap une autre dans le Gapençois , cela donna lieu , à la suite, à plusieurs diflërens qui fiirent terminez par des transactions que je rapporteray.
Yoila la troisième acquisitloa fidte par nos Dauphins. La première avoit esté le Briançonnois , comme je l'ay dit. La deuxième, la comté d*Albon. Nous verrons à la suite quels autres pays furent unis à cette province pour en faire la composition telle quelle estoit lorsqu'eUe fùst transportée en 13fôà la Royalle maison de France.
Cet acte, rapporté tout au long par Rufl^ en son Histoire de ForcalquieTj M fait dans le lieu de S. Euphene, porte que, si Béatrix n'avoit point d'en&nts, les choses données reviendroient à celuy qui seroit comte de Forcalquier. Pour Tobservation, les châteaux de Largentières et de Réotier furent mis en ostage entra les mains d*Odon Alleman, de Guignes, son fils, et d'un autre Guigues, firère d'Odon , et forent présens :
Albert de la Tour;
Raymon de Bérenger ;
Artaud de Rossillon ;
Guigues de Briançon;
Guigues Aynard;
Guigues de Bellecombe ;
Lantelme Aynard;
Des plus considérables seigneurs du Dauphiné.
Aimon de Sassenage ; Bellon de Gbateauneuf ; Guillaume de S^ George ; Albert de Sassenage ; Pain AUeman; Jacques de Cemo ;
Rambaud de la Chaulp; Pierre du Motet; Boniiace de Tallart ; Bertrand de ViUemur; Rolland de llanteyer; Giraud de S^ Marcel ; Guillaume de Rêve ; Guillaume de Baix; Hugues de Baix; Dragonet Ruiné; Raymond d*Agout; Arnaud Flotte; Rambaud Osascise ;
Pierre Ratiers; FrançobDoie; Falquesde Veynes; Jordan de Roians; Henry de Montbrun; Guiffrey de Bourdeaux ; Arnaud Desparron ; Amoul de Sigoyer ; Isnardd'Arziliers; Lauger de la Pierre ; boarddePellafol; Jacques Borel; Pierre Giraud.
Tous hommes ou vassaux du comte de Forcalquier.
360 L'mSTOIBE DES GOVTES
Si nous en devons croire Chorier en son Histoire de Dauphiné tome 2, livre 1 , sect 18 , le comte de Forcalquier possédoit la comté de Gap par usurpation qu'il en avoit Êdte sur Hugues, comte qui , vieux en 1090, et qui ayant esté excommunié par le pape Urbain , fiist exposé à cette usurpation. Quant à la comté d'Ambrun, il dit qu'elle avoit esté aux comtes de Tolose, mais il ne dit point comment elle parvint à ceux de Forcalquier. Quant à l'Ambrunois , il parvint à Bernard, comte de Forcalquier , ayant succédé aux enfiauis de Guillaume , comte de Tolose , et d'Emne de Forcalquier , sa tante, et ce ^fust le premier qui se qualifia comte d'Ambrun, selon Ruffy, en son Histoire des comtes de Forcalquier.
L'an 1202, le Dauphin accorda des privilèges aux habitans de S. Vallier ; j'en fais la remarque parceque l'acte est singulier estant en langage du pays. D a esté copié et vidimé l'an 1395.
Le l«r d'octobre de cette année 1202, Humbert, évéque de Die , donna à Béatrix , daupbine , et à Guignes , son fils, le fief dont Sylvion de Crest luy devoit hommage et à son église , plus les châteaux de Crest, de Lambres, de Divajeu , d'Aouste, de S. Médar , despuis SaiUans jusques à Crest, à la charge de l'hommage ; et la Dauphiné et le Dauphin luy remettent et à son église , les châteaux de Montclar , de S^ Jullien et tout ce qu'ils avoient en ceux de Véronne et de Suze.
Montclar est une terre , dans le Diois , que le comte avôit achetée de l'évéque de Die, pour la somme de 11 ,000 liv. L'évoque voulut la racheter, mais le comte ne voulut point consentir. Il emploia le crédit du Dauphin qui témoigna au comte de vouloir l'acquérir luy mesme-. Le comte ne le refusa pas , mais n'ayant pas d'argent, l'évéque luy presta cette somme, estant dans le prioré de S. Robert, proche de Grenoble , l'an 1203. Il fust dit que l'évéque la garderoit jusqu'à ce qu'Q fust remboursé ; et il y a apparence qu'il le fust, car cette terre est aigourd'huy du domaine delphinal.
J'ay veu en la Chambre des Comptes une inféodation de cette terre à Béatrix , dauphiné, du l" octobre 1201 , par Humbert, évéque. Ce fust la raison dont se servit le Dauphin auprès du Comte.
Béatrix, qualifiée comtesse de Bourgogne et d'Albon, et Guignes , dauphin , son fils , confirment , l'an 1208 , au prioré de
S. Robert de Cournillon , ses possessions allodiales et autres , et luy permettent d'en acquérir à l'avenir y ce qu'ils approuvent de bon cœur et sains d'esprit, que la fille de la duchesse , comtesse de Forcalquier , l'approuvoit aussy , l'archevêque de Lyon , protecteur de ce monastère, de mesme, et furent présens :
Guignes et Odon Alleman , frères ;
Bertrand de la Baume ;
Imbert de Beaumont.
Et il y a que Jean, évèque de Grenoble, estoit vice-prieur de ce monastère.
On voit par cet acte que Béatrix avoit une fille , comtesse de Forcalquier, qu'aucun historien n'a connue.
Ghabeuil est un grand bourg dans le diocèse de Die, qui avoit appartenu à une famille de ce nom. Gontarten estoit seigneur et le soumit au Dauphin en novembre 1206. Lambert , qui en estoit seigneur, le vendit à Jean, dauphin, l'an 1310. Sa postérité continua et finit en Lucresse de Ghabeuil, espouse, en 1609, de Jordan de Vesc.
Le 4 des nones de juin de cette année. Guignes André fit hommage à Charles, comte de Provence, de ce qu'il avoit dans le Gapençois, et Charles donna au Dauphin, le fief que tenoitde luy (îalburge, fille deBeraud de Montauban, et celuy que tenoit Draconet, baron de Montauban. Le Dauphin promit de le faire ratifier par Béatrix, son espouse.
Cette mesme année 1206, le Dauphin inféoda à Aymar de Poitiers, comte de Valentinois, le chasteau d'Estoile , du consentement et de la volonté de Béatrix, duchesse, sa mère, du conseil de R. , archevêque de Lyon, et des grands de sa cour, majorum curiœ nostrœ , qu^il nomme :
Hugues , prévost d'Oulx ;
Disdier, archidiacre de Vienne;
Albert de la Tour;
Artaud de Rossillon ;
Pierre de Toumon ;
Odon Alleman;
Guignes d'Eras;
HumbertPeloux;
Pierre de Laxinolphe, son maréchal.
36S l'histoire des comtes
Enpréaeiicede :
Pons, seign. de S* Priest ;
Albert de Corninon;
Guillaume de TEstoile ;
Pierre Bérenger;
Arnaud Cornet ;
Guigues de Leuille;
Astorge de Chambeau ;
Bérenger de Qeu ;
Guillaume Cornet;
Pierre LamberL
Cet acte est aux archives du comte de S^ Vallier, et fiiat fiût à S^Vallier.
La première transaction fust avec Farchevéque d*AmkruDy l'an 1210. On estoit, en ce temps, là asses complaisant i se soumettre aux églises. Eudes , duc de Bourgogne , et Guigues André , dauphin, scm frère, ne firent pomt de difficulté de donner & l'archevêque ce qui avoit esté constitué à Béatrix de Claustral , dans l'Ambrunois, et de le reprendre pour le tenir de luy & foy et fidélité. Ds disent que c'estoit de ce qui avoit esté donné à Béatrix , femme du Dauphin , bien que répudiée. Us en exceptent Montgardin, Rosset, Espinasses, le Monestier, S. Uichel de la Couche , et Sainct Denys , <pjà demeureroient pourtant communs ; qu'ils y mettroient un baile ; que les dixmes seroient à l'archevêque, paiticulièrement à Chorges; que la jurisdiction que les archevêques avoient à Ambrun leur estoit conservée, et celle que les comtes de Forcalquier y avoient seroit commune au Dauphin ; que l'archevêque prêteroit hommage au Dauphin pour ce qu'il avoit en la cité ; que l'archevêque auroit la domination à S. Crespin, dont les hommages des habitans lui appartiendroient.
La mesme année, ils confirmèrent aux habitans de l'Ambrunois les privilèges et les franchises que les comtes de Forcalquier leur avoient accordez, à la charge que, chacune année, ceux qui habitoient despuys le puy Rostaing jusques à la Durance, foumiroient quatre hommes à cheval pour des calvacades pour . servir le Dauphin un mois ; que les consuls auroient une espèce de justice, mais qu'ils ne la pourroient exercer que de l'avis du baile.
DE GRAJSIVAIIDAll ET D'ALBON. 963
Ces deux actes perlmt : régaant Otton.
Adâûde, comtesse de Piémont, fille d'Oderie, et marquise de Sahioes, ayant guerre avec Raymond Bérenger, comte de Provence, requit le Dauphin de vouloir la secourir et qu'elle luy feroit hommage de son marquisat. Le Dauphin l'accepta et, le 3 d*aoust IMO, eUe hiy fit cet hommage, et alors le Dauphin luy promit de hiy donner annuell^oient en temps de paix 1,000 liv. et, en temps de guerre, 3,000 liv.
Le 3^ jour avant la feste de la Nativité de la S^ 'N^erge de l'an 1215, le Dauj^iin assigna à Béatrix, sa femme répudiée, un revenu de 100 s. , sur les foires de S^ Donnât et de Moras, et sur les revenus de Montbonod.
CSelle répudiati<m avmt eu pour prétexte qu*Us estoient parens en degré proh3>é, et le pape av^ cassé leur mariage. Ds ne Festoient pourtant qu'au 4^ degré, parceque Alix de Bourgogne estoitla bisayeule de Béatrix, et sosur d'Eudes, duc de Bourgogne, bisayeul du Dauphin. Nonobstant ce divorce, elle aimoit si fortement son mary, qu*eUe luy donna tous ses biens, en présence mesme d'Eudes, duc de Bourgogne , son frère , en 1210.
Crest est une vSle de cette province. S^^vion de Grest en avoit une pœrtie, et Arnaud, l'autre. Le premier céda sa part au Dauphin. L'autre partie passa ensuite au comte de Valentinois , à quy le Dauphin ayant succédé ^ toute la v31e est atyourd'huy au roy Dauphin. Lorsque le dauphin Guignes André eut acquis la portion de Sylvion, il en fit hommage à l'évéque de Valence et de Die, en 1215.
L'an 1218 le Dauphin presta hommage à l'archevêque de Vienne et à son église des comtez de Vienne et d'Albon.
La 3* femme de Guignes André fut Béatrix de Montferrat , fille
de Guillaume, 3^ marquis de Montferrat, et de , fille de
r«npereur Frédéric. D passa quittance de la dot, le 11 des kal. de décembre 1219. O est vray que, par un acte du même jour, le marquis desdara que , bien qu'il eut passé cette quittance dans le contrat de mariage , il luy promettoit 1,000 marcs d'argent.
n assigna à cette femme, pour son douaire, la somme de 2,000 Uv. sur le territoire d'Ambnin , par contrat du 11 des kal. de décembre de cette année 1219.
Béatrix testa la feste de S. Nicolas 1228. Elle institue Jean, * dauphin, son fils, pour son héritier, luy substitue Guigues, fils
de ce Jean, lègue à Marguerite, sa fille, femme d'Amédée, fils du comte de Savoye, comme aussy à une fiUe qu'eUe dit estre femme du comte de Ghalon. Par ce testament , nous apprenons des choses inconnues à ceux qui ont escrit la généalogie de nos Dauphins. La première, que Jean estoit, ou avoit esté marié, puisqu'3 avoit un fils ; et la seconde , que cette Béatrix avoit une autre fille mariée au comte de Ghalon. Cette Dauphine ne mourut pas sitost, car je rapporteray à la suite d'autres actes d'elle. Ghorier a parlé de Jean qu'il fait mourir l'an 1238^, mais il ne luy donne ny femme, ny enOsuits. Le comte de Ghalon, qui vivait alors , estoit nommé Jean , mais Duchesne luy donne pour femme Jeanne de Bourgogne.
La mesme année, Béatrix, se qualifiant comtesse de Bourgogne , et André , dauphin , son fils, confirmèrent les privilèges du prioré de S. Robert.
En l'octave de tous les SS. de 1222, il confirma aux moines de Bonnevaux tous les biens faits de ses prédécesseurs qui y sont dénombrez, et entre autres par Mathilde, reyne, à Jean, abbé.
J'ay dit que Semnoresse de Poitiers, première femme du Dauphin , avoit esté répudiée. La dot n'avoit pas encore esté restituée. Elle estoit de 3,000 sols. Aymar, son frère, la demanda et on commit des arbitres en 1224. Ge forent Jean, archevêque de Vienne, Aymar, seign. de Sassenage, et Aymar, seign. de Bressieu, qui condamnèrent le Dauphin de la restituer en quatre termes, à commencer aux festes de Noël prochaines; que s'il y manquoit L'archevéqvie pourroit l'excommunier et mettre ses terres en interdit; qu'après le mesme terme écheu i] se rendroit à Romans où il demeureroit en ostage entre les mains de 10 gentilshommes jusques à ce qu'il y eut satis&it. Ge forent : Aymar, seign. de Bressieu, Qdon AUeman, Guy de Bocsozel , Otbert Maréchal , Ayi^ard Bocza , André Falavel , Rostaing Thivoley, Guillaume de BeUecombe , Hugues de Mirail et Hugues de Lemps.
L'an 1223 , il fit un autre hommage à l'église de Vienne.
Ghorier s'efforce, en ce temps cy, de justifier que le dauphin d'Auvergne est descendu des Dauphins de Viennois. G'est dans son 2* volume de son Histoire du Dauphîné , livre m , sect. 16. Il suppose que cette famille d'Auvergne est descendue de celle
DE GRAI8IVAUDAN ET d'aLBON. 366
des Dauphins, parceque le dauphin d'Auvergne avoit en Dauphiné les terres de Varassieu et de Voreppe qu'il vendit à Guigues André, l'an 1226, et le tait hardiment descendre de Guigues, dauphin, dont il le fait l'ayeul. D n'a d'autres preuves de cette origine que parceque Estienne de Chypre l'a dit en son Histoire de Lusignan , car les terres de Voreppe et de Varassieu furent la dot de Béatrix de Viennois , fille du comte Guigues, 8^ du nom. Ce n'est pas la seule allégation de Ghorier faite par conjectures. L'identité d'un nom ne peut jamais faire une preuve certaine.
Le Dauphin ayant quelques terres en Bourgogne de son patrimoine, il les céda à Hugues, son neveu, la mesme année.
L'an 1228, il fit alliance et ligue offensive et deffensive avec la viUe de Thurin et son évèque. Boniface , marquis de Saluées , en fit autant. Us achetèrent l'un et l'autre un palaix en cette vOle ; l'évoque et la ville s'obligèrent à eux de leur envoyer, en temps de guerre, 50 chevaux deux fois l'année. C'est Pliîlipes Pingon qui le rapporte en son Augusta Taurinorum.
Béatrix fonda le monastère de Prémol , de filles de l'ordre de S. Bruno , en la paroisse de Vaunaveys , au mandement de Visille, diocèse de Grenoble, l'an 1232. Le prieur de Vaunaveys donna le lieu.
Béatrix acheta des religieuses de S^ Just ce qu'elles avoient à Coumillon, auprès de Grenoble , le 5 des kal. de mars 1237.
n fit son testament le 4 des nones de mars 1236 ; U donna à l'église de S. André 30,000 sols , pour en achever la construction, et désire d'y estre ensevely : il fait des légats à plus de 60 églises ou couvents de la province. L'an 1226 il avoit fondé cette église.
D mourut l'an 1237 et fust ensevely en cette église. On le voit par une inscription qui est au chœiir, en ces termes :
ANDItfi DELPHINO VIENNENSI PRINCIPI OPTIMO DEVOTISSIMO HUIUS iEDIS SACRJE FUNDATORI QUI QUOT ANNIS DIEM SUI OBITUS CELEBRARI JUSSIT, OBIIT III ID. MART. MCCXXXVII.
L'empereur Frédéric, par une bulle de 1231 , luy permit de faire battre monnoye à son coing à Césanne, n ne laissa aucuns enfants de sa première femme. De la 2« il
366 l'histoire des comtes
eut Bétttrix^ femme d'Alméric de Montfort, et en secondes nopces de Démétrius, roy de Thessalie.
CMte Béatrix, femme du comte de Montfort, Iransigea aTee André, son père, en juillet 1232, par iMpieHe die céda à son père toutes ses prétentions sur TAnilMrunois et le Gapençois qui luy appartenoioit du chef de sam^re, Béatrix de Oaustral; et le Dauphin promet de les luy rendre, s'il n'a pas des en£ants masles.
Du 3* mariage il en eut trois :
1 Ouigues, à qui je reserve un article;
2 Jean, qui mourut en 1239;
3 Anne, espouse d'Ame IV, comte de Savoye.
1S« Degré.
GUIGUES II, Dauphin de Vieiinois, comte d'AIbon et de Graisivatida».
A peine avoit il 14 ans lorsque son père mourut; aussy dans une transaction qu'il fit l'an 1238, avec les consuls d'Ambrun, ce flist sous l'authorité de Béatrix de Montferrat, sa mère*, et à cause de son jeune âge on PappeUoit Gruigonnet : Cwn querimonta esaet inter Guigonetum delphinuntj filium quondam domini AndrcSy Delphini Viennensia ât Albonensis comiti$^ ^t dominam Beatricem Viennensem et Alhonensem comistissam , matrem tutricem dicti Guigonis.
L'empereur Frédéric, par une bulle du mois de mars 1238, luy confirma, et à Béatrix de Montferrat, sa mère, le péage qu'il avoit accordé à Guillaume, marquis de Montferrat, en quelque lieu de sa comté de Vienne qu'il voulut, et d'y faire exiger 12 den.
La mesme année, et en avril, cet empereur, qui le qualifie comte de Gi^enoble, luy confirma toutes les concessions que les empereurs avoient faites à ses prédécesseurs, luy confirma les minières de Rame , luy permet de &ire battre de la m<mnoye à
DE GRAISIVAUDA^ ET D'aLBON. 367
son coing et luy dcnme toutes les régales de son estât : la bulle est à la Chambre des Ciomptes où il y a pour témoins :
Pélaîn 9 patriarche d' Aquilée ; Hillin, archevêque de Trêves; Evrard, archevêque de Babembourg; Herman, évèque de Constance ; Ordin , évèque de Basle ; .
Ubalde, abbé de Corbaye; Albert, primat de Verdun ; Albert, prevost d'Oulx; Henry, duc de Saxe; Bertod, duc de Gervigo ; Henry, duc de Carintie ; ladislas , duc de Pologne; Archon, comte palatin; Herman, marquis de Bade ; Hordachier , marquis d'Aire ; Guillaume , marquis de Montferrat ; Ulric, comte de Luxembourg ; Valner , comte de Hanesbourg ; Pierre , prévost d'Oulx ; Estienne de Chevrieres; Guignes de Dons; Alleman, Guy et Guillaume Ruserdel.
Le Dauphin acquit de Gilete Aynard, dame de la Mure, le leyde de la Mure , le 4 des ides d'aoust 1239.
La dot de Béatrix de Montferrat, sa mère, n'ayant pas été payée , Boniface , marquis , son frère , par un acte du 9 d'octobre 1240 , remit pour cela à son neveu les terres de Catagnet , de Re&re, de Burdin et de Gahus qui luy avoient esté constituées par Guillaume , leur père.
La mesme année, il fit quelques bienfaits à la chartreuse de la Sylve-Bénite, comme on le trouve en ses archives.
n inféoda, le 8 de janvier 1241 , à Odon Alleman , une partie de la terre de Valbonnois , despuis le lieu appelé des Ayes jusques au col Segoin.
La terre de Seissins, auprès de Grenoble, faîsoit autrefois partie de cdle de Sassenage. Elle fUt donnée ft Anjarde , fille de
368 L'mSTOIRB DES COMTES
Guigues, seigneur de Sassenage, pour sa légitime et elle la légua au Dauphin, par son testament des ides de mày 1241.
Par un traité qu'il fit, le 2 de décembre 1211 , avec Amédée , comte de Savoye, son beau frère , il fust arrêté que pour la dot d'Anne , sa sœur , la terre de Miribel luy resteroit, et qu'on luy donneroit encore celles de Varassieu , d'Anocieu , d'Aubesaignes et d'Aien.
L'an 1242, il visita le corps de S. Antoine, conservé dans l'église de l'abbaye de ce nom, qui y avoit esté transporté d'Egypte par Disdier, seigneur de Ghateauneuf, l'an 1070, et mit cette abbaye soubz sa protection , comme le rapporte Aimar Falcoz, en son Histoire Antaniane , 3» partie , ch. 25.
Hugues Adémar, seigneur souverain de Montélimart, estant attaqué par le comte de Valentinois, aux fins qu'il luy fit hommage de quelques possessions qu'il avoit en son estât, il s'en deffendit et le comte , armant contre luy , il eut recours au Dauphin et, pour l'attirer à son party, il luy offrit de luy faire hommage de ce qu'il avoit possédé jusques alors en franc-alleu , ce qu'il fit le 2 de mars 1244 , de
Glausenc, terre en seigneurie ;
D'une métairie à S^ André ;
D'un domaine à Sahune;
D'un autre, aux Aubres ;
D'un autre , à Tolignan;
De la moitié d'Autane ;
De ce qu'il avoit à S^ Jalle ;
D'une parerie à Ribiers ;
D'un domaine à Rosans;
D'un autre à Montréal ;
Du domaine de la Baume Rison ;
De celuy de Marcenne ;
D'une parerie à Albosine;
D'un domaine à Teyssiéres;
De la Bastie Verdun;
D'un domaine à Grillon ;
Et pour Penafort;
Le tout aux Baronies.
Estant en guerre avec Amédée de Savoye, ils convinrent de trêves un samedy avant l'octave de S. Jean Baptiste, 1245.
Le 14 des kal. de février de cette année , ils firent un traité de paix par lequel il est résolu que les terres d'Avalon et de Bellecombe, en Graisivaudan , demeureroient au comte pendant 6 ans 9 après lequel temps celle d'Âvalon seroit rendue au Dauphin; et, à regard de Bellecombe et d'Entremonts, qu'il seroit incessamment informé de leurs droits respectifs, que le Dauphin payeroit au comte 75,000 sols, dans 2 mois, à peine de 100 marcs, et font une ligue ofiensive et deffensive.
Ayant convenu des archevêques de Vienne et de Lyon, ils firent sentence le 13 des kal. de février suivant, où Thomas, comte de Genève, et Gratapailles, seigneur de Clérieu, furent aussy en qualité , par laquelle il fust dit que Avalon , Bellecombe et Entremonts appartenoient au Dauphin, moyennant la somme de 75,000 sob viennois qu'il donneroit au comte et que led. Dauphin seroit remis à Qérieu , que les deux princes s'entresecouriroient réciproquement.
Bien que ce que je vais escrire ne soit pas bien important ny nécessaire à cette histoire , néanmoins la singularité m'oblige de le rappeler.
Le mois de mars 1246 , Béatrix , dauphine et Guignes , son fils , inféodèrent à Pierre Bouquin la charge de commander au four, au Bourg d'Oysans, avec certain droit, soubz une redevance annuelle d'une obole d'or estimée 5 s. Humbert, dauphin, le confirma à Guillaume Bouquin. Caterine Bouquin , femme de Pierre Mallein , le vendit , le 8 de février 1368 , à Pierre Besson , pour la somme de 80 florins et il en fust investy par le chastelain d'Oysans , le 10 de ce mois.
Le Dauphin fait hommage à l'évêque de Grenoble et à son église , le dimanche de la Pentecoste 1246.
Peyrins, auprès de Romans, appartenoit au Dauphin par indivis avec les chevaliers de l'ordre de S. Jean de Jérusalem. L'archevêque de Vienne, en qualité d'abbé de S. Bamard de Romans , et son chapitre y acquirent quelques domaines qu'ils prétendirent firancs de tous droits seigneriaux. Gomme dans leur acquisition il y avoit de grandes forêts dont ils prétendoient avoir uniquement l'usage, cella causa quelques différends que l'archevêque de Vienne , par une sentence arbitralle du 14 des kal. de décembre 1246, termina, et dit que ce que l'archevêque et son
370 l'histoire des comtes
chapitre avoient acquis leur resteroit en propre, mais que les gens du Dauphin y auroient le paquerage pour leur bétail , et que les firères de S. Jean auroient la connaissance des crimes qui pourroient y estre commis. C'est le commandeur de S. Paul qui en est conseigneur.
L'an 1247 y il rendit hommage à l'archevêque de Vienne et à son église de la comté d'Albon et reconnut, du fief de cette église, tout ce qu'il possedoit entre Voreppe et Grenoble jusques auK fourches du Puy, et entre le Rosne et l'Isère; s'offrit de présenter à l'avenir, chacune année, un cierge du poids de 12 livres à l'autel de S. Maurice, la veille du jour de sa feste. Despuis ce temps là, le gardier de cette ville a offert ce cierge, et j'ay veu en la Chambre des Comptes des requestes présentées au Parlement pour cella.
n eut quelques différends avec l'archevêque d'Ambrun. Le pape commit Robert, évêque de Gap, pour en juger qui, par une sentence du 4 de juin 1247 , confirma le traité de 1210.
L'empereur Frédéric II, par une bulle du mois de juin de cette année 1247, déclare que le Dauphin possedoit à juste titre les comtez de Gap et d'Ambrun qu'il luy confirme , et luy accorde tous les alleus des comtez de Gap , d'Ambrun , de Vienne , d'Albon et de Graisivaudan pour les tenir en fief de l'empire.
Un lundy , 4 de novembre 1247 , il acquit la tour supérieure du Pont, en Briançonnois , de plusieurs personnes.
Le Dauphin et l'archevêque d'Ambrun eurent encore quelque différent qui fùst terminé par une sentence arbitralle rendue cette année 1247 par Robert, évêque de Gap , et par Guillaume, seigneur de Clérieu , où il est dit que la juridiction et souveraineté de cette ville leur seroient communes , comme aussy les bans , les mesures, les poids , le civerage , les proclamations , et autres droits corporels et incorporels, sauf la migeure domination qui estoit à l'archevêque, comme aussy les régales qui luy avoient esté accordées par bulles impérialles ; que les albergements , les tasches , et autres servis et possessions resteroient au chacun ainsy que cy devant ; les bans de justice , les amendes leur seroient communs ; que chacun auroit un juge qui leur seroit commun , qu'ils en pourroient mettre un réciproquement, chacune année, qui presteroient serment à l'un et à l'autre; que l'archevêque
aiu^it la spiritualité et la justice sur les clercs délinquans, et promettent d'observer le traité de 1210.
n y eut pour caution à l'observation de cette sentence l'archevêque de Vienne et de Lyon , pour celuy d' Ambrun ; Févèque de Grenoble, Robert, évèque de Gap, GratapaUles de Glérieu, Roger de Glérieu et Sylvion de Qérieu , baillif de Gap , pour le Dauphin.
Charles, empereur, par une autre bulle du mois de novembre 1248, luy accorde une pension annuelle de 30 onces d'or sur la chambre impérialle.
Le comte de Savoye s'estant saisi d'Avalon, Guillaume de Clairfayet, qui en estoit chastelain, fut soupçonné d'avoir esté d'intelligence avec luy, tellement que ses biens furent mis soubz la main delphinale; mais, s*estant justifié, le Dauphin ordonna qu'ils lui seroient rendus , par ses lettres des nônes d'avril 1248 , et il en fit hommage ; ils y sont dénombrez. Cette fiimille finit environ l'an 1360 en deux filles, l'une appelée Caterine, mariée à Guillon Brun ; l'autre, Commelle, mariée à Giraud de lleffrey. Elles estoient fiUes de Joffrey de Qairfayet.
Berronil de Meuillon et Bertrand Rambaud de la Chaup, frères, seigneurs considérables des Baronnies, se déclarent ses vassaux et luy firent hommage le 7 de septembre 1240, et le Dauphin promit de leur ayder contre tous.
L'empereur Frédéric H, par une bulle du mois de novembre 1250, luy accorda une pension de quinze onces d'or sur la Chambre impérialle. Il l'appelle son cousin.
Le mois de may 1251 , il cadastra le pays d'Oysanc.
Le Dauphin, comme seigneur direct d'Ânnonay , en Vivarais, donna la garde de son église à Aymar, qui en estoit seigneur utile, le 3 d'aoust 1252.
Par une sentence arbitrale, rendue la feste de S** Marie de l'an 1254, entre Guignes, dauphin, et Raymon , seigneur de MeuiUon, il est dit que le lieu de l'Espine appartiendroit à Meuillon, pour le tenir en fief du Dauphin ; celle de Sorbières de mesme pour la moitié, l'autre estant à Osascise ; que Meuillon rendroit la moitié de Rossas au nommé Montalin et qu'il en rendroit hommage au Dauphin de la moitié qui luy resteroH ; que , payant 300 Ut. à Montalin, Meuillon auroit l'autre moitié;
372 l'histoire des comtes
et Meuillon promit de servir le Dauphin en guerre comme son vassal.
Le Dauphin possedoit Beauvoir, en Roy ans, depuis que ses ancestres règnoient en ceste province, ou du moins despuis que la comté d'Albon avoit esté inféodée à Fun d'eux , comme j'ay dit , mais ce n'estoit que d'une partie. Cette terre est en Royans, et Ismidon , prince de ce pays , en avoit l'autre. Aymar de Bérenger , l'un de ses sucesseurs, s'en départit en foveur du Dauphin, le 4 des kal.de juillet 1252.
Il eut quelques différents avec l'archevêque d'Ambrun, qui furent terminez par une sentence arbitrale rendue par Robert, archevêque de Vienne, le 4 des ides de février 1253.
Le Dauphin fit encore un traité avec l'archevêque d'Ambrun, le 4 des ides de février 1253, ensuite d'une sentence arbritrale rendue par l'archevêque de Vienne.
Les nobles qui furent présens à l'acte sont :
Osascise Flotte ;
Artaud de Montauban ;
Guignes de Bérenger ;
Albert Minsar ;
Rodolphe d'Ancelle ;
Peronnet de Groncelin ;
Lombar de Laye ;
Lantelme de Monbrun ;
Poncet de Savines ;
Guignes Charbonel ;
Odon de Rame ;
Jacques de Pontaut ;
Girard de BeUecombe ;
Baymon de Laye.
La comté de Forcalquier estoit mouvante de celle de Provence ; le Gapençois et l'Ambrunois qui en avoient £sdt une partie donnée en dot à Béatrix dé Claustral, lors de son mariage avec Guignes André, de l'an 1202, celui-cy leur fit prester hommage le mardy avant la Madelaine de 1257 , de cette portion au comte de Provence.
Et dans l'acte il est dit que , si le Dauphin venoit à mourir sans en&ns, et ses enEwts sans autres enfants, tout ce qu'il possédoit
dans le Gapençois et le Forcalquier reviendroit au comte de Provence.
Un vendredy après S^ Luce de 1257, le Dauphin et Othon, évèque de Grap , font une li^e ofiensive et déffensive.
Ils se promirent un secours mutuel contre tous , excepté l'Empereur et l'Église romaine ; et le Dauphin y agouta le comte de Provence. L'évèque s'obligea de donner au Dauphin , en fief, la moitié du consolât, des moulins , du four et généralement de tous les autres droits qu'il y avait, pourveu que Charles, comte de Provence, y consentit.
L'empereur Philipes, par une bulle du 8 de mars 1258, confirma à la dauphine Béatrix de Montferrat le péage qui avoit été concédé à Guillaume, marquis de Montferrat, son père; il fust estably à Âuterive , au dessoubz de Vienne, et c'est ce que nous appelions aigourd'huy les grandes gabelles de Romans.
Le 6 de février 1258, le Dauphin promit à Galburge de Heuillon, qu'il appelle sa cousine, de luy ayder à recouvrer la terre de Serres, en Gapençois, que détenoient injustement le bastard de Montferrat et Rostaing de Saluces, à la charge qu'elle luy en feroit hommage.
Le 2 d'avril 1260, Rolland de Manteyer vend au Dauphin la moitié de la justice et juridiction sur la ville de Gap et ses habitans, le droit d'y instituer Bailes, Crieurs et autres ofQciers qui doivent estre entretenus dans l'hostel de l'évéque. Le baile percevant des condamnations pour fourfaitureslelS denier, et, de toutes les investitures et autres condamnations, un sol; ce fust pour le prix de 30,000 sols viennois qui furent payez au dit Manteyer, qui se réserva la sixième partie de ce qu'il vendoit où il y avoit une maison et un chasal , ensemble le pouvoir d'instituer lesdits baile, crieur et mandataire. H les rendit à l'évéque le 4 de juillet 1262.
Le Dauphin acquit une partie de la terre de Savines , un mardy après la Puriffication de 1261, de Guillaume d'Entravanes. C'est ce que le Roy Dauphin y a aujourd'hui. Elle est au diocèse de Gap.
Le Dauphin voulut faire construire un palaix dans la ville d' Ambrun, l'archevêque s'y opposa ; leurs différends furent remis au pape. Cependant, par un acte du 1» de kal. d'aoust 1260, il convint de surseoir cet ouvrage jusqu'à ce que l'archevêque eut
374 l'histoire des comtes
justifié qu'il pourront Pempècher. Le pape, par une buDe des kal. de septembre de la mesme année, commit rarchevèque de Vienne et Térèque de Die pour les régler.
Le 3 des ides de may 1902, Agnès, dame de Foucigny, fait héritière Béatrix, dauphine. Elle estoit fille et héritière d'Aymon , baron de Foueigny, et avdt espousé Pierre, comte de Savoye.
Il y eut un autre traité avec rarcherèque d'Ambrun en 1262.
Ce Dauphin avoit espousé Agnès , qualifiée nièce de Raymond , seigneur de Heuillon, dans un acte du 14 des kal. d'octobre 1262, qui est une procuration que donne ce Raymond, firère prescheur , pour retirer sa dot de 5,000 sols, bonne monnoye ; elle est qualifiée jadis femme du Dauphin , ce qui marque qu'eUe avoit esté répudiée, car le Dauphin avoit alors pour femme Béatrix de Savoye, fille de Pierre, comte de Savoye, quy luy donne pour dot le Foucigny.
U avoit eu une autre femme appellée Gécille, fille de Beraud des Baux , car j'ay veu une bulle du pape Alexandre qui commet Tabbé de S^ Chef, pour s'enquérir par quelle raison il Tavoit répudiée pour espouser Béatrix de Savoye. CShorier a ignoré ces deux premières femmes.
AUevart est un mandement, limitrophe de la Savoye, ayant pour confins celuy de la Rochete. Guignes, seigneur dudit lieu de la Rochete, tenoit une partie d'Allevart. D la vendit à ce Dauphin le 14 des kal. de juin 1263. Les confins y sont despuis Malefosse jusques à Bayn, vers la montagne appelée Bramefont et la cime de celles de Maurienne. Ce fust pour la somme de 15,000 sols , bons viennois, que le Dauphin luy paya et en passa quittance le jeudy après la feste de S^ Marc 1264.
La terre de Serres, dans le Gapençois, estoit tenue en firancalleu par la famille de Meuillon. Galburge de Meuillon la possédoit, et s'estant laissé séduire à Guillaume, seigneur de Tournon, elle s'offrit de reconndstre sa terre au Dauphin et de se déclarer sa vassale , pourveu qu'il luy aydat à obliger Tournon de Tespouser. Ce fust le l«r d'aoust 1262.
Il acheta, le 7 des ides d'octobre 1264, de Galburge, fille de Raymon de Meuillon, pour 28,000 sols viennois , les terres de Serre, d'Aucellon , de Laser et du Poet au diocèse de Gap.
Voicy le titre que j'ay promis pour justifier que le Briançonnois
DE GRAISrVAUDAN ET D'ALBON. 375
fut acquis au Dauphin par son mariage avec Adélaïde de Suze. Le comte de cet Estât eut de grands différends avec ce Dauphin y pour les limites de ce qui leur appartenoit du costé du Pont. 11 y eut une enqueste pour cela , en 1265, par où il conste que le Dauphin avoit tout le territoire du Pont, la plaine des Ghandeines despuis le Leya , montagne de Haurienne , suivant le cours d'une eau jusques au village du Pont, puis tirant vers la montagne de Lesarier et à celle de Nisol vers celle de Lausene et de Ranel , vers ladite plaine ; que le Dauphin y possédoit tout ce qui avoit esté au comte de Suze, la moitié du droit qui avoit eu le seigneur Sigismon, Anne et Sibille, ses filles, Almanzor, mary de Sigismonde, fille de ladite Anne; l'autre moitié appartenoit à Pierre et le tenoit d'Alix et d'Isabelle, fille de Sigismon.
Voicy les noms des nobles qui déposèrent :
Isoard Turpin ;
Roux Turpin ;
Pons des Canaus ;
Pierre Pelesser;
Pierre Tartoux ;
Henry Tartoux ;
Un autre Pierre Tartoux ;
Jean Béton ;
Aymar Morel ;
Pierre Riols ;
Boniface d'Ast.
n y est aussy dit que le Dauphin avoit des forets à S. Eusèbe et à Belmes dont les habitans avoient l'usage.
Falques, de l'ordre des Chartreux, évèque de Grenoble, étant mort, son temporel fut mis entre les mains du Dauphin par droit de régale; Jean de Sassenage luy ayant succédé, Jean de Goncelin, juge du Graisivaudan, eut ordre de le luy rendre, ce qu'il fit le 9 des kal. d'aoust 1266.
Ge Dauphin fit renouveller ses reconnoissances dans ses terres de Graisivaudan, en 1266, et se fit prester hommage à ceux qui le luy dévoient. J'y remarque de trois sortes d'hommages : le lige, le simple et le commun.
Je tiens de feu W le président de Boissieu, homme savant djms l'usage des fiefs, que l'homme lige est celuy qui doit
376 l'histoire des comtes
suivre son seigneur à la guerre. L'homme simple c'est un vassal sans obligation, et l'homme commun celuy qui est obligé de faire souvent la cour à son seigneur.
Voicy ceux qui sont compris dans ces reconnoissances, distinguez {(ar ces diflférents hommages.
Homme$ Kgea.
Hugues d'Auvergne; Berlion de Larenier; Aymeric d' Avalon ; Raymon d' Avalon ; Pierre d' Avalon; Hugues Guers; Pierre de Maisségues ; Rodolphe du Gaz; Pierre Isoart; Humbert du Serre; Pierre Romain; Armand de Laye; RoUand d'Aubesaigne; Nicolas d'Herbeys; GretiedelaPaule; Humbert de Theys ; Hugues de Mailles ; Romestaing et Raymon, fils de
Donnât d' Avalon; Pierre de Bardonneche ; Pierre Archier i Humbert de Œermont ; Pierre de Moques;
Baisin de la Couronne ; Martin Charboneis; Guillaume de Heaume ; Guillaume Minsart; Guignes Artaud; Raymon de Montbran ; Hugues Richart; Raymon Berard; SimondetaPaute; Guy de la Paute ; LantelmeCouez; Raymon de Montbran ; Raymon d'Aresnes; Pierre Reynot; Odon de Sassenage; Pierre Richart; Odon Richart; Bernard de Vaigany ; Pierre des Champs; JeandelaPoya; Isoart de Molines; Gruigues de la Rochete ; Arnaud de la Salette.
Les hommes simples.
Girin de S. Simphorian ; Bernard Broard ; Michel de Moretel ; Guignes Alleman ; Piscaire de Barrant;
Jarson de Barrant; Guiflfrey de Salvaing; Pierre Groteirey; Guillaume Pila; GuiguesPila;
DE GRAISIVAUDAN ET d'ALBON.
Humbert de Clugnie ; Antoine de Granges ; Guionnet de Granges ; Pierre de Granges; Lantelme Laure ; Richart de Mailles; Aymon Belmont; Aymeric de Goncelin; Richart Albert; Pierre de Theys ; Hugues Horard; Pierre de Maurienne; Aymon de Boqueiron ; Humbert Guman; Pierre, son frère; Hugues de Ghateauneuf ; Pierre Peloux; Lantelme Buissiëre ; Pierre Guers; Guigues de Granges ; Jean de S^ André; Pierre Omar; Humbert Omar; Pierre Tardivel; JeanChabert; Pierre Guman; VillendeMoletes; Guillaume Guers; Pierre de Clairfiiyet; Pierre Por; Humbert Putod ; GuydelaRochette; Lambert de Trefort; Lantelme de Trefort ; Lambert Ricoz; Estienne Ricoz ; Guillaume Ghypres ; Guigues de Villaret ; Hugues de Pellafol;
Lantelme de Beaumont;
Rostaing d'Aspres;
Guillaume d'Aspres;
Martin d'Aspres;
Rodolphe de Vaujany ;
Alleman Auruce ;
Pierre Auruce;
Boniface de Montorcier;
Lantelme de Montorcier;
Guillaume Richart;
Barthelemy-Boson, son frère;
Raymon Nantelme;
Pierre de Buy;
Pierre d'Ancoy ;
Guigues Duclot;
Odonde Valserre;
Pierre Faucher ;
Arnaud Saurel;
Amblard de la Couronne ;
Aynard de la Couronne ;
Pierre de la Couronne ;
Albert Bleyme;
Humbert du Thaut;
Raymon du Thaut;
Guigues de Morges ;
Pierre de PeUafol;
Pons Roux;
Pons Mathieu;
Guillaume Armand ;
AmouldeLaye;
Jacques Orcel;
Boniface Arnoul;
Guillaume Agnes;
Pierre Ode ;
Pierre de Montorcier ;
Raymon de Laval;
Pons Rage;
Guigues d'Aurel;
Pierre de Veynes;
l'histoire des comtes
Guides de Veynes ; Jean d'Aurel ; Rodolphe , son frère ; Bartelemy Rage ; Rodolphe d'Aurel; Guillaume Imbert ; Armand d'Aurel ; Lantelme d'Avalon;
Bay de Laval ; Guigues, son frère ; IsoarddelaPorte; Lantelme Ode; Guigues Isoard; Boniface Baudon ; Ray mon Rage; Pierre Jouven.
Lu hommêê communs.
I Guigues Artaud.
Aymar de Barrant ; Jacques de Mailles ;
De toutes ces familles ,
DeDuserre;
DeClermont;
DeSassenage;
DeSalvaing;
DePeloux;
De Duclot;
D'Ode;
De Jouven ;
DeTheys;
De Morges ;
DeVaujany;
Le 4 des ides d'avril 1266 , il y eut une sentence arbitrale entre le Dauphin et le chapitre de l'élise de S. Jean de Lyon, par laquelle U fust dit qu'il donneroit au Dauphin une maison dans cette ville, au deçà du Rosne, de revenu de 50 livres, et le Dauphin se despartiroii en sa Êiveur de la directe de Septeme et de Villeneuf ve d'Esperanche ; que le chapitre feroit ce qu'il pourroit pour le foire décharger envers l'archevêque de l'hommage qu'il luy devoit, pour Annonay et Argental , sinon il le rendroit comme il l'avoit esté autrefois.
Le Dauphin acquit en 1267 la terre de Mon^ay , de Guillaume de Montjay qui en estoit seigneur, pour 8,000 sols viennois.
Béatrix, dauphine, et Guigaes, son fils, firent un traité, le
il ne reste que celles :
De Granges;
De Chypres;
DeDuthau;
De Veynes;
DeBardonneche;
D'Artaud;
D'Alleman;
De Morard ;
DePellafol;
D'Armand;
De la Porte.
DE GRÀISIVAUDAN ETD'/LLBON. 370
17 des kal. d» mars 1267, avec Humbert, évèque de Valence et de Die, par lequel cet évèque leur cède les hommages qui luy estoient deubs et à son église par le comte de Valentinois et de Diois, à raison des châteaux de Yeronne, de S. Benoist, et la Dauphine et le Dauphin luy cèdent ce que luy devoitSylvion de Grestpour Grest, Lambrey, Divsgeu, Aouste, S. Médar. Ils soumettent encore à son église Montclar , le Monestier , S. Jullien, et ce qu'ils avoient à Véronne, à Suze, et Tévèque leur permet d'acquérir dans son diocèse ce qu'il leur plaira despuis Lue jusques à Die.
Luc estoit la capitale de Yoconces. CSe n'est plus qu'un méchant village, ayant esté détruit par les eaux de la Drtaie. César en parle dans ses Commentaires.
Le Dauphin fit une ligue otteotim et déff»ifiive avec Othon, évèque de Gap, un veodredy après la feste de S^ Jean Baptiste de cette année.
Pierre, oosoàe de Savoye, père de la dauphine Béatrix, fit son testament le lendemain de la feste de S^ Jean Baptiste de l'an 1268 , et &it héritier cette Béatrix qu'il qualifie sa fille et femme du dauphin de Viennois , en tout ce qui luy appartenoit au diocèse de Genève jusques à Matements et en Allemagne, excepté ce qu'il avoit à Seissel et à Montfalcon; plus l'hommage qui luy estoit deut par Albert, seigneur de la Tour, et l'arrière fief que tenoit de luy le comte de Forets ; plus les châteaux de S. Rambert et des Bonmes et les fiefs qui luy estoient deubz à Roremont. C'est tout ce qu'on appelle Foucigny qui venoit de droit à cette Béatrix, car le comte de Savoye n'avait eu qu'elle d'Agnès, dame de Foucigny. Ce fust par cette alliance que le Foucigny parvint à la famille des Dauphins.
Il est certain que les Dauphins n'avoient aucune autre maison d'habitation dans la ville de Grenoble que là où est le palaix du Parlement. Ceux qui ont cru que l'hostel de Lesdiguières estoit celuy où ils habitoient, parce que Humbert, dauphin, en 1342, acheta plusieurs maisons pour l'agrandir , se sont trompés car nos Dauphins anciennement n'y en avoient point. Le premier qui y acquit quelque chose fut ce Guignes qui , le 12 de novembre 1268 , y acheta une maison, une cour, et un pré contigu derrière l'église de S^ André jusques à l'Isère, de Guillaume Chaunais, fils de Raymon ; ce pré s'étendoit bien avant le long de l'Isère en tirant
380 l'histoire des comtes
contre le couchant, et, avant qu'on eut batiy des maisons de ce costé là pour agrandir la ville. On a appelé ce pré cduy de la Trésorerie parceque nos derniers Dauphins avoient estably en cette maison le dépost de leurs finances.
Pour la preuve de ce que je viens d'annoncer , il y a plusieurs requestes présentées à la Chambre des Comptes par François de Bourges et François Crallien, Trésoriers receveurs généraux de Dauphiné, où ils remontrent que, du temps des Dauphins, et longtemps après , jusques -à Artus Prunier, les Trésoriers receveurs du pays ont habité en une maison de Grenoble appelée la Trésorerie, dont ils avoient été obligez deshabiter ayant esté ruinée tant par les guerres civiles que par les nouvelles fortifications de la ville ; que le sieur de Lesdiguières rayant fait rebastir, les Grouvemeurs et les lieutenans au gouvernement de la province y avoient habité, et estoient les suppliants obligez d'en louer une autre; que pour cella on ne leur avoit accordé que 100 livres et que ce n'estoit pas assez ; que s'estant pourveus au Roy ils avoient obtenu des lettres patentes, l'an 1594, par lesquelles il leur avoit accordé 133 écus 20 s., il plut àla Chambre de les vérifiSer, ce qu'elle fit le 18 de janvier 1598.
L'an 1260, il confirma les privilèges du monastère de S^ Robert de CoumiUon et, dans les lettres qu'il fit expédier au prieur Guichart de Largentière, il est fait mention expresse d* André, dauphin, son père, de Béatrix, duchesse de Bourgogne et comtesse de Vienne et d'Albon, son ayeule, et de Guignes, fondateur de ce monastère.
Il fist son testament et mourut l'an 1270. D institua pour son héritier universel Jean, son fils unique, auquel il substitua Anne et Caterine, ses filles, et à tous s'ils mouroient sans enfeuits, Hugues, duc de Bourgogne , et après luy son fils aisné. D donna la tutelle de son fils à Béatrix, sa femme, à condition de suivre les conseils de ce duc et de ne pas se remarier. Il légua à Anne 6,000 marcs d'argent, et à Caterine 5,000. D fit des légats à tous les couvenset monastères de la province.
Il en fit un à la maison des repenties , ce qui marque que de tout temps on leur a construit un refuge. Cette maison est donnée pour confins à ce que Humbert , dauphin , Anne , dauphine, et
DE GRAISIVAUDAN ET D'aLBON. 331
Guillaume 9 évêque de Grenoble, donnèrent aux FF. Prescheurs de cette ville en les fondant.
n légua à l'ordre de S^ Jean de Jérusalem 50 liv. et son cheval de combat. D ordonna à son héritier d'envoyer à cet ordre dix chevaliers et de leur donner au chacun 100 liv. pour leur dépense, et choisit l'église de Prémol pour son tombeau.
Il légua 300 liv. à trois chevaliers pour aller combattre en la Terre Sainte, et voulut que Guichart de Clérieu, son ûeveu , et Disdier de Chateauneuf fussent de ce nombre.
Il appelle Clérieu son neveu parcequ'il estoit fils de Marguerite de Poitiers, descendue de Marquise, fille de Guigue^, dauphin.
II est certain que son corps est dans l'église de Prémol, bien que Chorier le mette en celle de Saint André , proche de l'autel de la Madelaine. C'est dans la sect. 4 du livre 5 de son^» volume , et pour &ire voir sa bevuë c'est que dans la sect. 5 il dit qu'il est ensevely à à Prémol. Si je voulois remarquer les autres qu'il a fait j'en ferois un gros volume.
Il eut donc pour en&nts :
1 Jean , qui aura son chapitre ;
2 Caterine;
3 Anne , qui fut son héritière , et qui aura aussy son chapitre ;
4 Marguerite , mariée à Boniface , marquis de Saluces.
18* Degré.
JEAN, Comte de Graisivaudan et d'Albon> dauphin de Viennois.
Pour la justification des enfants que le précédent Dauphin avoit laissé, c'est un hommage que rendit Galburge, fille de Raymon, seigneur de Meuillon, k Béatrix» le 16 des kal. de novembre 1270, en qualité de mère et tutrice de Jean, d'Anne et de Caterine.
Béatrixde Savoye, qualifiée comtesse d'Âlbon, au nom de Jean, son fils, acquit la terre de Moiranc, le !« d'octobre 1270,
382 l'histoire des comtes
en échange d'une partie de celle de Tullin qu'die donna à Guy , seign. de Tullin.
D est dit dans l'acte que ce Guy l'avoit acquise de Guillaume de Moiranc, frère et héritier d'Aynard.
La mesme année elle fit hommage à l'archevêque et à l'église de Vienne.
Le dimanche auquel on chante le Lœtare de l'an 1270 , Béatrix, sa mère y fit hommage en son nom à l'archevêque de Vienne, Guy y et à son chapitre pour la comté d'Albon et pour le château de S. Quentin y comme l'avoient fiiit ses prédécesseurs.
Leonete, dame de Geix, soumit sa baronnie à ]Béatrix, dauphine, .dame de Foucigny, le jour avant les nônes de février 1270.
Béatrix ayant fait un traité avec Guillaume de Rosset y qui luy avoit promis de luy remettre la terre de la Roche de Glun , il s'engage de nouveau , par un acte d'un jeudy avant l'invention de la S*« Croix, et promet d'y satisfaire, et la Dauphine à ce qu'elle luy avoit promis ; et pour l'observation elle donna pour cautions :
Aymar Rossillon, seign. d'Annonay;
Pierre, seign. de Ghandieu;
Alleman de Condrieu;
Guy, seign. de Tullin ;
GuiotdeForest;
Aymon de Bocsozel.
Et Rosset donna :
Le dit seigneur d'Annonay ; Aymon de Boese ; Artaud de Lanjac ; Guionnet de Peresc ; Gaudemar de Jarez ; Pierre , seign. de Ghandieu ; Guillaume, seign. de Montegna; Guigonnet de Rosset.
Le 16 des kal. de novembre, mesme année, cette Béatrix, dite veufve de Guignes , dauphin , et mère et tutrice de Jean , reçoit l'hommage de Galburge de Meuillon, fille de Bertrand , pour 15 terres aux Baronnies.
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Béatrix donna à Tabbé de S^ Chef, le fief de Demtesieu dont il luy en fit hommage le jeudy, après l'octave de l' Ascension , de 1370.
Le 4 des luil. de janvier de cette année, le Dauphin acheta la terre de S^ Jean de Boumay de Drodon de Beauvoir pour 400 liv.
Le li de décembre 1271 , les habitans de Grap donnent leur consolât au Dauphin, sauf le droit de Tévèque, si aucun il en a, et ils font hommage à Béatrix, sa mère; et, en mesme temps, le Dauphin leur en fit donation.
Le comte de Provence ayant appris que les habitans de Gap avoient donné leur consolât au Dauphin , sur les remontrances de Févèque qui le prétendoit aussy , par ses lettres du dernier de may 1272, conmiit pour informer à qui il appartenoit ou à luy ou à Tévèque , ou au Dauphin. H est dit que non seulement Béatrix, dauphine, veufve de Guignes, dauphin, le prétendoit par la donation que luy en avoit faite les habitans, mais qu'elle avoit acquis le droit qu'y avoit Armand Flotte.
Chorier ny aucun autheur n'ont pas connu Marguerite de Viennois, espouse deBoniiace, marquis de Saluées, mais j'ay veu une quittance de sa dot, qui estoit de 100 marcs d'argent, passée par son mary à Jean, dauphin, son firère, un vendredy après la feste de Notre Dame de l'an 1272.
Béatrix , veufve du Dauphin , se remaria en 1273 à Gaston VII , vicomte de Béam.
L'an 1274, Humbert, seign. de la terre d'Upie, acquit les parties que Sylvion de Qérieu et Lambert de Ghabeuil avoient de la terre de Pisançon. Guy, archevêque de Vienne, en prétendit l'hommage comme abbé de S. Bernard, disant que cette terre en estoit mouvante. Humbert l'ayant refusé, il y eut une guerre qui dura jusques en 1279 qu'elle fut terminée par accommodement, et Humbert, devenu Dauphin, unit cette terre au domaine delphinal. Puisque cet Humbert devint Dauphin, je dois raporter que l'empereur Rodolphe, qu'il alla visiter à Vienne, en Autriche, le fit, en 1279, sénéchal héréditaire du royaume d'Arles.
La dauphine Béatrix, le 10 deskal. de juillet 1278, acquit trois maisons fortes à Voyron au mas de Poison. Et les Dauphins , la terre de Pisançon, un jour avant les kal. de may de cette
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année y d'Alix, femme de Pierre Peloux, fille et héritière de Guelix de Ghabeuil. Ce ne fust que d'une partie. Mais les Dauphins, ses successeurs, en acquirent d'autres; non pas toutes, car il y a une partie qui n'est pas du domaine, et cette parerie a appartenue aux seigneurs de S. Vallier.
L'empereur Rodolphe, par une buUe du 4 des ides de may 1280 , promet au Dauphin de luy donner la lille de Montdlimar , en cas que , par occasion, elle parvint à l'empire. Cest une des dix villes de cette province dont les députei entioient dans les Estats. Elle estoit anciennement appelée Monteil et appartenoit en souveraineté à la fiunille d'Adémar qui luy a donné la moitié de son nom MontUU Adematum.
Pariset est un mandement auprès de Grenoble , sur les rives du Drac , qui a appartenu a une famiUe de ce nom. François la vendit au Dauphin qui, cette année 1280 , ordonna d'en prendre possession pour luy, et de mettre ses armoiries sur le chasteau. Il est encore avgourd'huy du domaine ddphinal.
Ghorier a dit faussement que ce DaufJiin mourut TanlSTS, puisqu'il vivoit en 1SS76, comme je vais le justifier, passant à l'article d'Anne, sa sœur. D mourut d'une chute de cheval , suivant la généalogie qui est m la Chambre des Comptes n'ayant que 20 ans.
L'année qu'il mourut, qui fut au mois de février sur la fin, il fit un eschange, le l«r des kal. de ce mois, avec Aymar de Poitiers, comte de Valentinois , par lequel le comte luy céda la baronnie de Clérieu avec ses arrières fiefe de Oaveson, Montchenu, Batemay, Maijuset Lamage; et le Dauphin lui céda Crest, Aousie et Divijeu. L'acte est aux archives du comte de S^ Vallier, où sont tous les titres principaux de la famille de Poitiav Valentinois trouvés aux archives du chasteau de S^ Vallier, lorsque Jean de la Cnnx de Chevrières en acquit la terre.
Les Dauphins estoient chanoines nais en l'église de Nostre Dame du Pny en Velay , el en fiùsoient l'hommage- Cduy-cy le rendit un jeudy après la Purification decette année 1282.
L'acte porte que l'évéque et son chapitre Tesloient venu prendre processionnalement, que de cette prAeùàe despendoit une maison el une chapdk soobx le vocable de S. Michd, comme aussy plusieurs droits au territoire de Rossas en oe dnoèse, et le fief de Jondrac en cehiy d'Orenge.
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II est auBsy dit que le Dauphin percevoit sur l'autel une pension personnelle de 15 liv. , qu'il y avoit une maison affectée a ce canonicat appelée de Grataloup, et une chapelle jointe soubzle vocable de S. Michel; que de cette prébende despendoient plusieurs droits au territoire de Rossas et en ville de Puy, comme aussy le fief de Jondrac au diocèse d'Orenge, et celuy de Ut Faze; qu'a l'avènement de tout Dauphin ce canonicat luy estoit deub.