‹ Œuvres diversesChapitre 147 sur 154 · ANNO AB INCARNATIONE DOMINI M G XLIII · texte numérisé non relu

ANNO AB INCARNATIONE DOMINI M G XLIII

VI ID. FEBRUAR.

MARGARETA COMITISSA SPIRITUM EXHALAVIT.

Et le chanoine Guillaume parle ausy du lieu de la mort : Cum in viUa quœ Mura dicitur moraretur in gravissimam incidit invaletudinem.

On a fait son éloge en vers latins qui sont imprimés avec l'histoire de sa vie.

Elle laissa pour enfants :

1 Guigues, dont je parleray;

2 Béatrix , espouse de Robert , comte d'Auvergne ;

352 l'histoire des comtes

3 Marguerite, d'Aymar de Poitiers, comte de Valentinois;

4 Alexie , d'Olderic , prince de Piémont.

9e Degré.

GUIGUES, Dauphin , comte de Graisivaudan et d'AIbon.

Les ides de janvier 1155, l'empereur Frédéric luy céda les regales de son estât , les minières de Rame , et luy conGrma ce que d'autres empereurs avoient concédé à ses prédécesseurs.

De grands seigneurs furent présents à cette bulle qui est en la Chambre des Comptes du Dauphiné. Ce furent :

Peregrin , patriarche d' Aquilée ;

Hillin, archevêque de Trêves;

Herberard , évéque de Bamberg ;

Anselme, archevêque de Ravenne;

Herman, évêque de Constance;

Prohin , évêque de Basle ;

L'abbé Vibaud;

Albert, prévôt d'Aix ;

Henry, duc de Saxe;

Herman , marquis de Baden ;

Guillaume , marquis de Montferrat ;

Vemier , comte de Halsbourg ;

Bertolde , duc de Zeringhen ;

Henry, duc de Charintie;

Boleslas, duc de Pologne;

Otton, comte Palatin ;

Odacer, marquis de Stirie;

Herman , marquis de Véronne ;

Ulric, comte de Luxembourg.

Quelques seigneurs de cette province , qui estoient alors à la cour de l'empereur, se trouvèrent aussy présents à cette bulle , ce furent :

Pierre, prevost d'Oulx ;

Guignes Aynard, seign. de Domêne;

Alleman et Guyon Allemans.

DE GRAISIVAUDAN ET d'aLBON. 353*

La bulle est datée de Tivoli au chasteau de Riverol.

Le mois de juin 1156, il luy confirma les mesmes minières qu'il dit estre d'argent, et défent à l'archevêque d'Ambrun et à tous autres d'y prétendre.

Le voisinage du comte de Savoye, et le voyant possesseur de presque tout le Viennois jusques à la Goste et Voyron, luy donna une grande jalousie et , soubz de légers prétextes , il luy desclara la guerre, et soustint qu'il n'avoit pas plus de droits que luy en cette partie qui en faisoit une du royaume de Bourgogne dont il le soustint usurpateur. Cependant, pour avoir une raison apparente de rompre avec luy, il rendit visite à Berthol lY, duc de Beringen, qui se disoit descendu des premiers roys de Bourgogne et qui croioit y avoir de grandes prétentions. Il se les fit céder par un acte de 1155; et ce fut soubz l'appas de ces prétentions qu'il demanda au comte de Savoye la restitution du Viennois. Cette guerre a duré pendant le règne de tous nos dauphins de Viennois ; et ces différents ont été terminés par une transaction de 1354 faite entre le nouveau dauphin de France et le comte de Savoye par laquelle je fîniray cet ouvrage.

Ce fust en la présence de l'empereur Frédéric que Berthol fit cette cession au comte de Graisivaudan. Cependant Guillaume, comte de Bourgogne, qui avoit les mesmes droits, pouvoit inquiéter Gulgues, ce qui obligea Berthol de luy promettre de luy faire la guerre, au cas qu'il voulut le faire. Il fut convenu que si Berthol estoit obligé de se retirer dans la viUe de Vienne, Guignes l'y recevroit.

Voila le titre qu'ont eu les comtes de Graisivaudan, ou Dauphins, pour se qualifier comtes de Vienne que les archevêques de cette ville prenoient et qu'ils leur ont disputé. A icet acte furent présents quelques seigneurs de la cour de Guigues, nommés :

Guignes Aynard, seigneur de Doméne;

Guillaume de Rusticel ; Rodolphe de la Salle; Guignes Guerin; Chabert, son frère; Alleman de Rives ;

Boson d'Aresnes ; Alleman Payen; Guignes, son frère; Pierre de Jeffrey; Chabert de Torane.

L'empereur Frédéric estoit venu à Césanne. L'année après le comte Guignes l'y fust voir avec plusieurs prélats de cette

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province, et il fut Csdt chevalier de la main de rempereur, suivant le témoignage de Hadevic, de gMis fVecfertGi primif qui appelle Sylvion, aeign. de Qérieu, qui y estait aussy, grand et puissant prince.

Guignes estoit neveu de Tempereur par son mariage avec Bèatrix de Montferrat, fille d'Otdine, sœur de Tempereur. Ghorier dit qu'il estoit seulement son cousin germain, mais il se trompe.

n mourut qudques années avant Marguerite, sa mère, dans le lieu de VisiUe, et ce fust Tan 1168. Soa corps fut aporté à Grenoble et enterré dans les cloistres de Téglise de Nostre Dame où est encore son tombeau, en forme d'autel , souhz une petite voûte, au milieu de la grande allée, contre leqpiel est encore une figure ronde où est gravée la croix qu'on voit aux armoiries des Dauphins. Le chanoine Guillaume en parle ainsy :

Nandum «nnos pott filii deeessum e/ltixeml.

D avoit espousé Béatrix, fille de Guillaume, marquis de Montferrat, et de Judith d'Austriche. La généalogie qui est en la Chambre des Comptes dit qu'elle estoit petite fille de l'empereur, mais cela n'estoit pas, mais seulement nièce de Frédéric Barberousse. Le chanoine Guillaume dit : Iptius imperoiarii consanguinea. C'est sur quoy on s'est trompé.

Elle mourut l'an 1163, le 8 février.

D en eut deux en£smts :

1 Guignes, surnommé Humbell, qui moinrut sans alliance;

2 Béatrix, qui mérite un chapitre particulier, et par son fils puisnay commencera la 2* race de nos Dauphins.

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