A NOTRE DIGNE MÈRE JEANNE-FRANÇOISE
FRÉMYOT DE CHANTAI/
J'ai été tout aise, ce matin, de trouver mon Dieu si grand, que je ne pouvais pas même m'imaginer sa grandeur; mais, puisque je ne le puis magnifier ni agrandir, je veux bien , Dieu aidant, annoncer sa grandeur et son immensité. Cependant, ma chère fille, cachons doucement notre petitesse en cette grandeur, comme un petit poussin tout couvert des ailes de sa mère demeure en assurance et tout chaudement. Reposons de même nos cœurs sous la douce et amoureuse Providence de Notre- Seigneur, et abritons-nous sous sa protection.
Ma chère fille, non certes, je ne doute ni peu ni point de votre confiance; aussi vous dis-je que je veux vous employer comme chose qui m'est entièrement remise, pour être maniée, selon mon gré, au service de Dieu.