‹ Œuvres diversesChapitre 150 sur 281 · QUE LA VIE RELIGIEUSE NOUS OBLIGE ÉTROITEMENT A LA SUITE DU SAUVEUR · texte numérisé non relu

QUE LA VIE RELIGIEUSE NOUS OBLIGE ÉTROITEMENT A LA SUITE DU SAUVEUR

PREMIER POINT

Considérez, que le Sauveur appelant ses Disciples leur disait toujours : « Suivez-moi ; » soit qu'ils fussent à la pêche, comme saint Pierre et saint André, soit qu'ils raccommodassent leurs filets, comme les enfants de Zébédée, soit qu'ils fussent au bureau et en la banque comme saint Matthieu, tous eurent une même semonce : « Suivez-moi, » ce qui m'apprend que tous ceux qui sont appelés à la vie religieuse et perfection évangélique sont appelés à suivre le Sauveur en son humanité, opérant les vertus par son exemple.

DEUXIÈME POINT

Considérez comme quoi il faut suivre le Sauveur, apprenez-le de ses propres paroles : « Qui veut venir après moi, dit-il , » qu'il renonce à soi-même et qu'il me suive. » Mais , ô divin Sauveur! par où vous suivrons-nous? Tout le temps de votre vie vous n'avez tenu que les chemins d'une parfaite pauvreté, d'un continuel mépris, abaissement et abjection devant les créatures , et par des travaux continuels : est-ce donc par là où il faut vous suivre? est-ce dans ces pas que l'àme religieuse s'oblige de suivre vos traces? O la grande, mais la précieuse abnégation.

TROISIEME POINT

Considérez en quel malheur ceux-là tombent, qui, après avoir entrepris de suivre le Sauveur, retournent en arrière. Hélas! tels, dit-il, ne sont pas 'propres pour le Royaume des

deux, non plus que ceux qui cheminent seulement en quelque chose en la vertu, et sont arrêtés d'eux-mêmes en d'autres sujets : « Je vous dis en pleurant, » disait Tardent saint Paul, » qu'il y en a qui cheminent qui sont ennemis de la Croix de » Jésus-Christ, la fin desquels est la perdition. »

Première affection. — 0 Seigneur! de qui il est écrit, qu'étant monté à la montagne vous appelâtes à vous ceux qu'il vous plut choisir pour être vos disciples, hélas! je suis venue à vous sur cette montagne de la perfection religieuse, parce que vous m'avez appelée; recevez-moi selon votre parole, et je vivrai. Mais, mon doux Seigneur, comme vous pourrai-je suivre, vous que le prophète assure qui êtes venu faire votre course du haut des cieux en ce monde comme un géant : ah ! il faudra que vous soyez ma force et la vitesse de mon pied. 0 religieuses négligentes! comme suivez-vous de si loin votre Epoux, ne vous chaut-il [importe-t-il] de vous approcher de lui? Ah! si vous le voulez atteindre, suivez-le sans vous arrêter, car, en cette suite, qui s'arrête, recule; qui n'avance, déchet.

Deuxième affection. — 0 moi-même! je te renonce puisque je ne puis suivre mon Jésus sans cela ; ô sainte croix de ma vocation! je t'embrasse de toute mon âme, puisque c'est avec toi, et par toi, que je dois suivre mon Epoux. Epoux divin, qui ne passe que par les sentiers d'une vie cachée, affligée, souffrante et méprisée, dilatez mon cœur, afin que je coure après vous dans cette heureuse voie. O âmes religieuses! si vous vous détourniez de tout, si vous renonciez entièrement à vousmêmes, l'odeur du Bien-aimé, ses sacrés exemples vous tireraient, et vous courriez à l'odeur de ses divins parfums.

Troisième affection. — Ah ! que c'est chose déplorable de voir tant de lâches et de tièdes qui s'arrêtent à tout coup au chemin de leur perfection! O divin Maître, qui m'avez appelée,

parce que tel a été votre amour envers moi, eh! par votre grâce, faites que je vous suive, non de loin, mais pas à pas selon ma portée; ô âme religieuse ! laissez les morts ensevelir les morts; mais vous qui avez trouvé votre Jésus qui est votre vie et votre chemin, suivez-le.

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