‹ Œuvres diversesChapitre 158 sur 281 · DU SÉJOUR DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE AU PIED DE LA CROIX · texte numérisé non relu

DU SÉJOUR DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE AU PIED DE LA CROIX

PREMIER POINT

Considérez la très-sainte Vierge, très-constamment constante au pied de la croix de son Fils. Eh! que cherchez-vous, ô Mère de vie! en ce lieu de calvaire et de mort? ah! vous ne

cherchez pas les allégresses, mais votre cher Enfant, et partout votre cœur maternel vous fait souhaiter d'être unie avec cet aimable Fils; ainsi je vous vois en ce lieu de calvaire, prise, attachée, collée et affichée [liée] à votre divin Epoux.

DEUXIEME POINT

Considérez comme Pamour tira toutes les peines, les tourments, les blessures et passions de notre Rédempteur dans le cœur de sa très-sainte Mère; hélas! les mêmes clous qui crucifièrent le corps de ce divin Enfant, crucifièrent aussi le cœur de la Mère ; les épines de sa couronne outrepercèrent Pâme de cette Mère toute douce, si qu'elle peut véritablement dire : Mon Bien-aimé m'est un bouquet de myrrhe î mais, tant aimé, qu'il demeure entre mes mamelles, c'est-à-dire en ma poitrine, et au milieu de mon cœur.

TROISIEME POINT

Considérez la très-saiote Vierge comme une abeille mystique faisant son plus excellent miel dans les plaies de ce Lion de la tribu de Juda, égorgé, mis en pièces et déchiré sur la croix : 0 Enfant de la croix! disait-elle, glorifions-nous en voire admirable problème que le monde n'entend pas : ô vous tous qui passez par ce monde , voyez que la mort de mon Fils est aimable, puisqu'elle est le souverain effet de son amour! ah! qu'il est nécessaire que mon Jésus meure, afin que toute la race humaine ne périsse.

Première affection. — Votre sainte Abbesse , ô âmes religieuses! n'est point sur le mont de Thabor, ains seulement sur le mont de Calvaire, où elle ne voit que des opprobres, des impuissances, des lances, des clous et des ténèbres : O Mère d'amour très-constante ! toute la multitude de ces eaux d'afflictions n'ont pu éteindre votre charité ; hélas ! et une petite goût-

telette d'affliction et de contradiction me fait reculer en arrière de mon Bien-aimé souffrant.

Deuxième affection. — Comme vous étiez, ô très-sainte Mère! le vaisseau le plus grand, le plus capable, le plus digne du monde, vous fûtes aussi plus que nul autre remplie de l'amertume et du breuvage d'angoisse, que votre Bien-aimé avalait en ce lieu de tourment : ah! que m'apprend cela, sinon à recevoir les tribulations comme une chose partagée avec l'Epoux ? O Mère très-pure! vous nous appelez, disant : Hé! venez, mes filles, que vos cœurs soient des vaisseaux tout vides, et mon Fils y versera la rosée dont son chef est couvert, et les gouttes de la nuit de sa Passion , dont sa tête est emperlée, se convertiront en perles de consolation. Ma très-douce Mère, hé! faitesmoi donc la grâce que désormais je reçoive toutes les petites occasions d'humiliation, de souffrance et d'abjection, comme des petites gouttelettes distillées de cette chevelure précieuse.

Troisième affection. — O abeille mystique ! faites-moi la grâce que, dans la ruche de mon cloître, et dans la petite chambrette de mon cœur, je puisse, à votre exemple, ménager le miel cueilli en ces saintes plaies du Sauveur. Retirez-vous de moi, goûts terrestres ; le fiel de mon Roi me sera plus doux que le rayon de miel. Hélas ! ô Mère de douleur et fontaine d'amour ! ne permettez plus que je m'éloigne du pied sacré de cette adorable croix.

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