‹ Œuvres diversesChapitre 168 sur 281 · FAIT PAR NOTRE TRES-DIGNE MERE · texte numérisé non relu

FAIT PAR NOTRE TRES-DIGNE MERE

Premièrement, s'examiner sur l'avancement ou reculement que l'on a fait depuis la dernière retraite, qui se fait d'année en année; si l'on ne s'est point acquis de mauvaise habitude que l'on n'avait pas auparavant; jeter les yeux sur les plus ordinaires imperfections, tentations, répugnances et difficultés, que l'on a en l'observance des Règles, Constitutions et Coutumier, recherchant la source de tous ces maux, et de tout s'en découvrir avec simplicité, s'en confesser, et faire son renouvellement avec nouveau courage et résolution de tendre à la perfection de son élat, de tout son pouvoir, par l'exercice des vertus qui nous seront recommandées particulièrement.

Comme recevez-vous les sacrements? n'y allez-vous point quelquefois par coutume et par imitation , par crainte plutôt que par dévotion; n'en perdez-vous point les fruits faute de préparation?

Allant à la sainte confession, êtes-vous bien aise de vous faire connaître digne d'abjection? si cela est, vous direz vos péchés fort simplement, et en termes abjects; vous direz de bon cœur m. 6

vos défauts, et tout ce qui vous pourra rendre plus confuse et honteuse devant le confesseur.

Etes-vous fidèle à vous corriger de ce de quoi vous vous confessez? faites -vous bien les actes de contrition devant que d'y aller; et, étant confessée, avez-vous soin de remercier Dieu de cette grâce, qui est, certes, très-grande?

Faites-vous quelque chose en vertu de la sainte communion, soit devant ou après, quelque pratique de vertu à cette intention? tenir votre esprit plus recueilli en la considération de ce bénéfice.

Ne vous distrayez-vous point bientôt après la sainte communion? en êtes-vous plus humble, douce et cordiale ce jour-là? car c'est le fruit que l'on en doit tirer.

Avez-vous soin de redresser vos intentions au commencement de chaque exercice et action importante, les offrant à Dieu pour sa gloire, et à l'honneur de la très-sainte Vierge ou à quelque autre intention?

N'êtes-vous point tépide en la dévotion, aux pratiques de vertu, tout ne vous ennuie-t-il point? Quelquefois l'on trouve l'Office long, l'oraison pénible, les exercices spirituels si pesants, les retours que l'on fait à Dieu si difficiles; on fait les exercices sans attention. Ne disputez-vous point contre les lumières que Dieu vous donne, tant pour faire le bien que pour éviter le mal, ne les voulant pas regarder, afin de faire vos imperfections plus hardiment, et ne les pas suivre au bien qu'elles vous montrent?

Comme allez-vous aux Offices , et comme vous y comportezvous y étant, et à l'oraison, et à la sainte messe? Aux examens, ne manquez-vous point de soin à vous y préparer, et assujettir votre attention et votre esprit à suivre les enseignements que l'on vous a donnés pour ce regard, observant ce qui en est dit dans le Coutumier?

Ktes-vous prompte à rejeter les distractions? Ne les causez-

vous point, faute de tenir la vue basse en ce temps-là, ou bien faute de tenir votre esprit recueilli le long de la journée, vous amusant à chose inutile?

Comme observez-vous la règle, les constitutions, et premièrement vos sacrés vœux? Obéissez-vous exactement en toutes choses; promptement, sans retardation ; simplement, sans réplique; amoureusement, sans chagrin; cordialement et de bon cœur, sans murmure; humblement, sans contrôler et censurer le commandement? N'êtes-vous point plus exacte au commandement honorable et d'importance, qu'aux plus légers et abjects?

Ne désobéissez-vous point par négligence, oubli, paresse ou opiniâtreté, de volonté délibérée, faute d'amour à l'obéissance ou à la personne qui commande, faute d'estime du commandement en chose de peu d'importance ou autre? Déclarez-vous bien en ce fait, car il est important.

N'avez-vous point eu quelque aversion à la supérieure, qui vous ait fait faire quelque jugement de ses actions et paroles, qu'elle les a dites ou faites par passion, propre intérêt, affection particulière, vanité et semblable? Alais qui serait bien pire, l'avez-vous point méprisée en votre cœur, mésestimant ses ordonnances, sa conduite, son jugement, et spécialement en ce qui vous regarde sur les mortifications et corrections qu'elle vous a faites ? car c'est la vraie marque pour connaître votre défaut. N'avez-vous point fait de murmures et plaintes d'elle en parlant aux Sœurs, et même en parlant avec les personnes de dehors, vous accusant en confession, ou traitant de votre conscience avec quelque Père? N'avez-vous point tâché de faire connaître ses défauts, ou ceux des autres, pour excuser les vôtres, ou sous le prétexte de vous mieux faire entendre? N'avez-vous point manqué de respect en son endroit, lui répliquant ou contredisant par passion avec audace devant les Sœurs, refusant d'obéir pour faire votre propre volonté, par

opiniâtreté ou autrement? Notre obéissance doit être établie en une parfaite abnégation de la propre volonté et propre jugement.

Contre la sainte pauvreté, n'êles-vous point propriétaire d'effet ou d'affection en "quelque chose, pour petite qu'elle soit? N'avez-vous point murmuré quand quelque chose vous a manqué , ou que ce qu'on vous a donné n'était pas à votre gré , soit du vivre, vêtir, médicament, coucher, chauffer, ou quelque autre commodité corporelle?

N'avez-vous rien demandé, pris ou donné sans congé? N'avez-vous rien désiré, demandé ou retenu non nécessaire, prévoyant de loin que cela vous pourrait servir?

Si vous avez eu quelque charge, avez-vous servi les Sœurs sans choix? leur avez-vous donné de bon cœur ce qui était de votre charge, sans autre considération que de la seule nécessité?

Ne vous êtes-vous point préférée vous-même à la distribution en quoi que ce soit? car notre pauvreté doit être dépouillée de toutes choses.

Notre chasteté doit être angélique, et partant examinez-vous si l'imagination, la pensée, le désir, le sentiment a été sans attaque ou du moins sans coulpe : faites cet examen sur ce point tout simplement, quoique fidèlement, et vous accusez des fautes que vous y avez remarquées, avec une humilité et confiance toute généreuse.

L'amour bien ordonné vous fera avoir un grand soin de la pureté et avancement de votre chère àme en la perfection, et fort peu de soin et d'affection pour votre corps, en laissant tout le soin à votre supérieure.

Ne vous surestimez-vous point au-dessus du prochain? ne désirez-vous point d'être estimée, et pour cela ne vous vantezvous point d'un biais ou d'un autre? Ne faites-vous point de l'entendue aux choses spirituelles, parlant des intérieurs, disant des petits mots pour autoriser votre opinion, et même

la maintenir quelquefois opiniâtrement par vanité et orgueil? Ne parlez-vous point avantageusement de vous, de vos appartenances, du bien que vous avez fait et que vous faites, vous proposant pour exemple sous prétexte de bien édifier le prochain, ou de l'encourager d'en faire autant? Ne parlez-vous point de vos parents, des commodités que vous aviez dans le monde, de l'honneur que l'on vous y rendait, voire, en ravalant quelque autre, et même pour des choses vaines, comme de danser, ou jouer, se parer, se promener, être recherchée par des partis avantageux, et semblables folies, s'amuser à y penser, se flatter en la vaine croyance que l'on vous estime et que l'on vous aime? Ne vous enquérez-vous point, par quelques paroles artificieuses, de ce que l'on dit de vous en votre absence, ou bien quand l'on vous en dit quelque chose et qu'on vous loue, ne tâchez-vous point de prolonger le discours, disant quelque mol de récréation qui agrandisse le discours et la louange, soit de vous ou de ceux qui vous touchent et que vous aimez? Ne vous entretenez-vous point avec des personnes, non point tant pour leur mérite et vertu, et le devoir que vous avez, que par vanité, parce qu'ils vous aiment et qu'ils font état de vous, qu'ils vous louent, parce que ce vous sera de l'honneur qu'on sache qu'ils vous voient de bon cœur, qu'ils font état de votre esprit, jugement et conversation?

Ne vous plaisez-vous point de parler de l'entretien que vous avez eu avec quelque personne de marque, rapportant les conseils que vous avez demandés, et les réponses que vous avez faites quand vous les jugiez à propos. Tout cela est fort vain.

Ne vous plaisez-vous, ni amusez- vous point à raconter vos songes, et dire vos pensées par vanité, désirant que l'on en tire de bonnes interprétations? Ne vous fàchez-vous point d'ouïr louer les autres, et de savoir qu'elles sont estimées et aimées, jugeant que cela vous retourne à mépris? Ne tâchez-vous point

d'amoindrir les louanges qu'on leur donne, ou par vos paroles, ou par votre silence, et qui serait le plus mal , rapportant leurs défauts en ces occasions, par jalousie, orgueil, envie, craignant de n'être pas assez aimée, estimée et préférée?

Ressentez-vous beaucoup les humiliations et corrections, n'en murmurez-vous point de pensée ou de parole? N'avezvous point diminué l'affection, ou conçu quelque aversion, et manqué de confiance envers celles qui vous les ont faites , ou qui vous ont avertie de vos défauts? Ne vous fâchez-vous point d'être employée en chose vile et basse? N'avez-vous point à dégoût d'avoir les moindres charges, aimant plus et vous employant plus soigneusement es choses plus honorables, aux offices plus relevés, désirant les premières charges sous quelque prétexte que ce soit? Cela est fort préjudiciable, et marque assurée de peu de vertu.

Ne vous impatientez-vous point en vous-même pour peu de

chose? Etes-vous sujette aux sentiments de colère, les suivezvous par paroles, par actions, ou tenant voire courage?

Les fautes que vous faites sont-elles de promptitude, par le premier mouvement, ou par un sentiment entretenu tant de temps, selon le sujet? Faites-vous des actions de dépit sur de légères contradictions? Les paroles que vous dites ensuite pour satisfaire à votre sentiment, sont-elles aigres, rabrouantes, suffisantes, froides, sèches, piquantes, pour troubler la personne qui vous a fâchée, et par vengeance, faisant voir votre passion? Ne lui faites-vous point la mine, ne lui répondant après qu'à demi-mot, ou ne faisant pas semblant de l'entendre, et semblables défauts?

N'avez-vous point acquiescé aux volontés des séculiers, traitant avec eux par respect humain, crainte de leur déplaire, perdant les Offices ou autres exercices sans nécessité, pour les entretenir de choses vaines et frivoles, écoutant longuement des nouvelles non nécessaires, et choses semblables et inutiles,

sans les interrompre, pour le plaisir que vous y prenez, regardant leur vanité et vous riant de leur folie, commettant des actes de légèreté et immodestie, qui leur donne confiance de prendre des libertés indécentes à votre condition ? Familiarisant trop avec eux, l'on n'en rapporte que du mal, et détriment à la perfection.

Ne multipliez-vous point trop les paroles, usant de termes trop exagératifs, comme leur témoigner votre affection sans nécessité, les louer, leur dire avec exagération qu'on les estime, qu'on les préfère, que l'on dit du bien d'eux en leur absence, que l'on pense en eux, qu'on désire de les voir; et, d'autre part, n'êtes-vous point trop froide, ne témoignant pas la dévote, douce et sainte cordialité de votre Institut ?

Ne dites-vous point de mensonges légers par précipitation d'esprit, par inconsidération, pour vous excuser, pour agencer des contes? Ne déguisez-vous point la vérité, prenant des intentions en choses légères et non nécessaires, sous bon prétexte et autres motifs, si vous le faites souvent, spécialement, si c'est en rendant compte de votre intérieur, ou bien autrement, ce qui serait très-mal, si cela vous est arrivé en confession?

Ne faites-vous point d'artifice pour faire savoir que vous vous trouvez mal, ou que vous avez besoin de quelque chose, sans le dire ou le demander, de peur qu'on ne vous juge trop tendre et immortifîée?

Ne feignez-vous point d'avoir plus de ressentiment de vos fautes que vous n'en avez au cœur? Vous connaîtrez cela, si vous en êtes aussi contrite quand vous l'avez reconnu, et que personne ne l'a vu que vous, comme quand vous la dites ou en êtes avertie. Les larmes que vous en jetez, ou les paroles d'exagération que vous dites, ne proviennent que de l'orgueil qui se déplaît que nous soyons remarquées défaillantes, et qui se plaît à faire voir que nous les reconnaissons bien nous-

mêmes, et que nous avons bien mauvaise opinion de nous et de tout ce que nous faisons.

Ne faites-vous point de vaine réflexion quand il faut rendre compte du bien que vous avez fait, des grâces extraordinaires que Dieu vous fait à l'oraison , ne parlant qu'à demi-mot et faisant la honteuse,' entremêlant vos défauts? Tout cela n'est qu'orgueil qui vous fait craindre que l'on croie que vous faites bien de l'état de tout cela, qui est un grand défaut de simplicité Ne couvrez-vous point vos défauts, spécialement quand ils sont abjects, disant plusieurs paroles non nécessaires pour faire voir la juste cocasion que vous avez eue de les commettre?

Ne témoignez-vous point plus de ressentiment de douleur que vous n'en avez, quand vous êtes traitée en infirme, ou que vous êtes préférée en quelque commodité aux autres? Les refus que vous faites de telles viandes, de telle commodité, de tel service, ne proviennent-ils point plus d'un courage vain et d'un acte de duplicité, que du désir de souffrir cette disette et incommodité? Vous le connaîtrez, si votre cœur demeure tranquille en la souffrance, et si vous ne vous amusez point à penser à ce qui vous manque.

Ne faites-vous point semblant de refuser quelque soulagement par vertu, quand vous le refusez par immortification, la chose ne vous plaisant pas? Tout cela est hypocrisie et vanité. Ne faites-vous point la courageuse devant les autres quand on vous plaint de vos peines et de vos douleurs, étant en votre particulier soigneuse de rechercher la cause de votre mal, et à rechercher des remèdes, et des plus exquis?

Vous troublez-vous point de ce qu'on ne croit pas votre mal si grand qu'il est, ou qu'il vous semble être, ou semblable lâcheté, observant jusqu'aux moindres et petites douleurs?

Ne dites-vous point de paroles par le mouvement de la sensualité, faisant entendre subtilement ce que vous désirez et aimez, afin qu'on vous le donne?

N'êtes-vous point douillette au manger, soit en santé ou en maladie, délicate et difficile, ne voulant que ce qui est à votre goût, bien qu'il soit contraire à la santé?

Ne vous plaignez-vous point de n'être pas bien traitée , et de quoi Ton ne s'empresse pas assez à rechercher vos appétits quand vous vous trouvez mal? Quand les viandes sont à votre goût, n'en prenez-vous point trop, quand bien ce ne serait que de l'eau et du fruit ; ne vous inquiétez-vous point de la longueur des veilles et des douleurs, de prendre des remèdes? N'obéissezvous point à l'infirmière avec regret, comme encore au médecin, faisant avec chagrin, murmure et plainte, ce qu'il vous ordonne?

Regardez enfin comme vous vous exercez en la mortification de votre cœur, qui se pratique à surmonter la propre volonté, le propre jugement, les passions et inclinations, et vous soumettre en tout, condescendant volontiers à la volonté d'autrui.

Aimez- vous bien tous les prochains cordialement pour l'amour de Dieu, tant en particulier comme en général?

Si vous aimez autant le prochain et les Sœurs qui sont de mauvaise grâce, comme celles qui ont des conditions qui vous plaisent naturellement, votre amour est bon : si, moins, il est imparfait , et bien souvent nuisible : examinez bien si vous avez le cœur franc en leur endroit , si vous ne leur faites point de mal, ni d'un côté ni d'autre; si vous priez Dieu d'aussi bon cœur pour elles que vous feriez pour celles qui vous agréent. Manquez-vous de support envers le prochain , soit pour les infirmités corporelles ou spirituelles? Ne jugez-vous point témérairement de ses actions, particulièrement de celles que vous n'aimez pas beaucoup?

N'êtes-vous point sujette au soupçon pour de légères apparences? Ne pénétrez-vous point ses intentions, ses prétentions, selon votre fantaisie et à son désavantage, quelquefois par passion, d'autres fois par vanité d'esprit, faisant de l'entendue en

la connaissance des esprits, des naturels, des intérieurs, des défauts? puis se vanter du jugement que Ton a fait, et quelquefois l'assurer comme véritable, et cela par l'expérience que vous avez en vous-même de tels défauts?

Ne parlez-vous point de ses péchés, de ses imperfections? raconter ses mauvaises humeurs pour se plaindre par passion, avec exagération , sans utilité ni nécessité , pour satisfaire à l'aversion ou mécontentement que vous aurez reçu de lui?

N'avez-vous point eu quelque ressentiment de joie, quand on a mortifié celles qui vous ont fait quelque contradiction? cela est esprit de vengeance. Dites-vous point quelque petit mot parmi les Sœurs, pour les faire avertir des choses qu'elles font qui vous déplaisent? Examinez-vous, si vous les avez averties vous-même, si ce n'a point été par ce même mouvement, et si vous n'avez point exagéré le défaut, ou mal interprété, et parce que la chose vous regarde; ce qui serait un grand défaut de charité.

N'avez-vous point méprisé vos Sœurs, d'effet ou de pensée, soit leur esprit, soit leur façon, contenances, trouvant à dire à tout, voire, même es choses plus légères, et, qui serait le plus mal, pour leur qualité originaire, étant de moindre maison que vous? ce qui serait une très-insupportable vanité. Et si vous êtes de basse condition , en votre cœur ou en vos actions, vous élevez-vous point au-dessus des autres? dites-vous point des paroles fâcheuses, piquantes et rabrouantes, qui les puissent offenser et déplaire, et même aux séculiers, contestant ou répliquant avec sentiment d'impatience, maintenant votre opinion, votre arrogance et suffisance, voire, en choses petites? ce qui serait un grand mal, et qui peut mal édifier le prochain.

Ne disputez-vous point impérieusement, méprisant le jugement et l'avis de ceux avec qui vous traitez? Se complaire en eela, se résoudre de gronder ou fâcher, s'entretenir à cette pensée, tout cela est fort mal.

N'êtes-vous point sujette à avoir de l'envie, qui fait que Ton est quasi bien aise que celles que nous voyons être estimées commettent des défauts , et qu'ils soient remarqués, ne pouvant souffrir qu'on les excuse ou soulage en quelque chose? Examinez bien votre cœur sur tout cela, et vous en déclarez le plus ouvertement et simplement que vous pourrez. Si vous avez quelque chose qui vous travaille, soit doute, tentation ou difficulté , faites-vous-en éclaircir.

Cet examen contient des remarques fort particulières, et lesquelles donnent non-seulement la vue pour la confession, mais encore pour la pratique des vertus, et très-utile pour voir, une fois l'an, tout l'état de l'àme , quoique l'on ne s'accuse pas si pointilleusemeni, si l'on ne veut, de toutes ces choses. Il est autant requis au voyageur de savoir et découvrir les mauvais pas afin de s'en écarter, comme le bon chemin pour le suivre; et véritablement l'amour-propre a étendu ses filets sur tout le cours de la vie spirituelle , en sorte qu'il est impossible d'en échapper, sinon, comme dit le glorieux saint Antoine, passant par-dessous, nous humiliant profondément, examinant sérieusement, nous accusant sincèrement, sans nous flatter; et, bref, opérant notre salut avec un sacré tremblement et une filiale et chaste crainte, qui nous fasse cheminer en simplicité de cœur, en sainteté, justice et vérité devant Dieu. Sa divine bonté nous en fasse la grâce, par l'intercession de sa très-pure Mère, de son saint Père putatif, et de notre saint Fondateur qui désirait cela de nous.

DIEU SOIT BÉNI

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