PENDANT MA PREMIÈRE RETRAITE APRÈS LA PROFESSION
Je suis pressée de louer Dieu, voyant le soin qu'il a pris de votre âme, et j'admire sa Providence de vous avoir donné cette vocation par des moyens si particuliers. Il vous reste de correspondre fidèlement à ce bon Dieu, et qu'il n'y ait jour de votre vie, où votre cœur ne lui donne des marques de sa reconnaissance. Vous satisferez à ce juste devoir, si vous portez toujours votre âme en vos mains, en ne faisant rien qui ne parte d'un principe de vertu , et qui ne contribue à la gloire de votre Epoux autant qu'à votre perfection. C'est dans cette disposition intérieure que vous trouverez le moyen de si bien composer votre
extérieur, qu'il n'y ait rien en vous qui ne respire la sainteté. Nos constitutions, que vous lisez très-souvent, vous serviront de modèle, et vous n'avez, ma fille, qu'à vous former là-dessus. Que votre condescendance pour vos Sœurs ne tienne en rien de cette civilité apparente et affectée, dont on use dans le monde, qui n'exclut pas l'orgueil secret, par lequel on se préfère bien souvent aux personnes qu'on semble vouloir honorer; qu'elle soit plutôt un effet de l'estime et de la charité que vous avez pour elles; qu'elle soit gaie et sans contrainte, qu'elle gagne leurs cœurs, les obligeant de vous aimer réciproquement.