‹ Œuvres diversesChapitre 52 sur 281 · POUR LE DEUXIÈME SAMEDI DE CARÊME · texte numérisé non relu

POUR LE DEUXIÈME SAMEDI DE CARÊME

SUR L EXCELLENCE DE LA PERFECTION DE L'iNSTITUT, QUI EST DES PLUS PURES QUE L'ON PUISSE TROUVER EN L EGLISE DE DIEU.

Je ne puis rien présenter à vos yeux , en ce saint temps de Carême, mes chères Sœurs, rien, dis je, qui soit plus pressant que l'obligation que nous avons de tendre à la perfection , car ce n'est pas jeu d'enfant. Nous nous sommes toutes, de franche volonté , obligées d'y tendre , par des vœux grandement solennels ; et ce n'est pas à une petite perfection, ains à la perfection de notre vocation , et chacun tient que la perfection de la Visitation est des plus grandes, pures, solides et vraies qui soient au monde. Ce qui est très -certain, car si notre Bienheureux Père , qui avait connaissance de tous les états de perfection , en eut trouvé une plus pure et plus relevée, il nous l'aurait donnée. Or, nous nous devons fort humilier, et remercier Notre-Seigneur de nous avoir mis dans une voie si sainte, où nous pou-

vons marcher assurément. Mais , mes chères Sœurs , pensez et repensez à ce que notre Bienheureux Père a dit, que pour avoir Pesprit de la règle, il faut la pratiquer. Je vous en dis de même, que pour avoir la perfection de notre vocation, il faut pratiquer les enseignements qui nous y sont donnés.

Sur cela, je vous prie donc, mes chères Sœurs, que ce saint temps du Carême ne se passe pas sans que vous voyiez vos Règles, Constitutions et Coutumier; nous ne les lisons point assez. Ce n'est pas que je veuille que vous lisiez le Cérémonial et le Directoire; mais je vous conseille, de tout mon cœur, de voir les saints documents qu'ils nous donnent, comme aussi les Ecrits de notre Bienheureux Père. Vous y verrez des miroirs de la perfection à laquelle celte vocation nous oblige, où elle nous appelle. Ah ï mes chères Sœurs, nous sommes si bien instruites! Allons donc fervemment en notre voie, et suivons l'esprit qui nous conduit, car il est assuré.

Aimons Notre-Seigneur et le servons avec crainte, mais d'une crainte amoureuse, chaste et filiale , qui craint de ne pas assez plaire à son Epoux, d'offenser son Père, de déplaire à ce divin Amant; et, croyez-moi, mes Sœurs, quoiqu'on vous dise qu'il faut aller par des voies relevées , tandis que nous sommes en cette vie, il faut craindre Dieu. Bienheureux qui craint Dieu et assure sa vocation par de bonnes œuvres, et qui opère son salut en crainte et tremblement. Voilà ce que la sainte Ecriture nous dit; et l'on ne peut conserver un vrai et efficace désir de servir Dieu, si l'on n'a pas une sainte crainte de lui déplaire, de l'offenser, et de lui donner sujet de retirer de nous sa grâce et ses inspirations.

EXHORTATION XI

(Faite en 1630)

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