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SUR LES VERTUS QUI ONT BRILLÉ EN SA NAISSANCE

Mes très-chères filles, je n'ai qu'un mot à vous dire, car la fête de demain nous prêche assez, et nous fournit de grandes considérations pour renouveler nos bons propos et résolutions. Certes, puisque nous avons reçu le bonheur et la grâce inestimable d'être appelées plus spécialement sous la protection de la très-Sainte Vierge plus qu'aucune autre Religion, qui soit en l'Eglise de Dieu, aussi avons-nous véritablement plus d'obligation qu'aucune autre de lui être dévotes et de l'imiter en ses vertus; car notre Institut est totalement dédié au culte de Dieu et à l'honneur et service de Notre-Dame ; c'est pourquoi nous disons continuellement son Office et n'en chantons point d'autre.

Or cette Vierge sacrée a eu toutes les vertus éminemment et plus parfaitement que nulle autre créature; mais celles qui ont davantage éclaté et relui en elle, c'est, à mon avis, sa grande pureté, innocence, simplicité et modestie, car elle parlait peu. Je désirerais donc extrêmement, mes chères filles, que vous l'imitiez, surtout en ces vertus ici, et que, durant cette octave, vous y fissiez une attention plus particulière, tenant vos âmes, vos cœurs et vos esprits en grande pureté et fuite de toute pensée inutile, allant à Dieu en toutes choses, avec une grande simplicité, sans vous fourvoyer ni à droite ni à gauche, vous rendant cordiales et respectueuses les unes aux autres, et enfin produisant fréquemment des actes de révérence, d'amour et de confiance filiale envers cette grande Reine et Impératrice du ciel et de la terre, qui nous vient naître. Ne la regardons pas, je vous prie, comme un autre enfant ; mais comme une créature

choisie, de toute éternité, de la divine Majesté, pour être la Mère du Fils Eternel de Dieu , pour être comblée et remplie de tant de grâces, qu'après Dieu il n'y a rien de si grand que cette sainte Dame. Oh! que nous tirerions de grands profits, si nous faisions souvent ces considérations sur ces excellentes perfections, pour nous en réjouir et louer Dieu, et nous exciter à courir après les odeurs et parfums de ses vertus et exemples.

Je me souviens que notre Bienheureux Père me dit une fois une chose qui est dans notre Petit Livret ; c'est qu'à la naissance de Notre-Seigneur, lorsque les rois vinrent pour adorer ce divin Enfant nouveau-né, cette glorieuse Mère ne se mit point en peine de leur faire de grandes harangues , ni de prendre une autre posture , d'autant que celle qu'elle avait prise pour la révérence de la personne de son Fils était d'une si grande gravité et respect que rien plus , et remarquez aussi qu'à l'endroit des pasteurs et bergers elle était fort simple, candide et cordiale, les caressant et regardant amoureusement. Nous devons tirer deux grands fruits de ceci : le premier, que nous devons continuellement avoir une si grande modestie extérieure, qui provienne d'une composition intérieure de toutes nos passions, qui soient bien mortifiées, et de tous nos sens qui soient bien recueillis près de Dieu, pour le seul respect de sa sainte présence, et de ses yeux, qui sont toujours fichés sur nous, et de telle sorte que quand on nous enverrait au parloir pour parler à des princes et princesses, nous n'eussions point de besoin de penser à ce que nous leur dirions, ni à composer une autre harangue, aïns que nous leur disions simplement et rondement ce que Notre-Seigneur nous dirait, nous rendant humblement et fidèlement attentives à lui ; et l'autre, que nous devons être fort simples, cordiales et naïves envers nos Sœurs, les respectant et aimant chèrement et précieusement, soie qu'elles nous soient supérieures, égales ou inférieures, les préférant toutes à nous, et ne nous préférant à aucune. 11 me dit encore une fois ce

Bienheureux, sur le sujet de cette fête, que Notre-Dame ne naîtra jamais que dans les cœurs approfondis en humilité , et élargis en simplicité et cordialité.

Or sus, mes chères Sœurs, prenons bon courage, jetons-nous autour du berceau de cette Reine des Anges et Avocate des pécheurs , notre chère et très-honorée Maîtresse ! Recourons à sa poitrine maternelle, qui est toujours ouverte et embrasée de charité; demandons- lui ces saintes et désirables vertus, et lui protestons qu'avec son assistance nous travaillerons, tant qu'il nous sera possible, pour les acquérir, afin d'être ses filles, nonseulement de nom, mais aussi d'effet. Dieu, par sa douce bonté, nous en fasse la grâce !

EXHORTATION XVIII

POUR LE TEMPS DES RETRAITES

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