‹ Œuvres diversesChapitre 59 sur 281 · SUR LE BÉNÉFICE DE LA VOCATION · texte numérisé non relu

SUR LE BÉNÉFICE DE LA VOCATION

Mes Sœurs, j'ai cru qu'il serait bon, tandis que vous êtes en ce temps de récollection, que je vous suppliasse de considérer le bonheur de la vie religieuse, et la grandeur du bienfait de cette vocation sainte , en laquelle Dieu , par sa grâce , nous a mises, et nous a tirées des vanités du monde, pour nous loger en sa maison. Oui vraiment, mes Sœurs, nous pouvons bien dire de la religion, que c'est la maison de Dieu et la porte du Ciel , et que Dieu y est- car, en vérité, celles qui l'y cherchent, en simplicité de cœur, ne manqueront de l'y trouver, et je les en puis assurer de sa part. Pensez et repensez, je vous prie, combien c'est de bonheur d'avoir été tirées , sans l'avoir mérité , du

service du monde, pour entrer en celui de Dieu, tirées hors des occasions de commettre des grands péchés et d'en voir commettre de grands, pour être mises en une maison sainte, où nous pouvons ne faire que des actions de vertus, si nous voulons, et où nous ne voyons faire autre chose. Nous avons été tirées de mille et mille soins et sollicitudes du monde, pour n'avoir que le seul soin de plaire à Dieu , par la voie de nos règles et de nos observances. Le monde ne nous inquiète point ; car nous sommes ici séquestrées de lui, et enfermées dans nos cloîtres bien-aimés, comme des âmes d'élite de Dieu, pour chanter continuellement le cantique de son amour et de son bon plaisir. Et pour le corps et pour l'esprit, nous jouissons de mille privilèges , dont les plus grandes dames du monde sont privées ; car quand nous n'aurions que cette paix, suavité et tranquillité, sans autre soin que de plaire à Dieu, nous sommes trop heureuses. Voyez- vous , mes chères Sœurs, le bénéfice de la vocation religieuse doit être pesé, comme disait notre Bienheureux Père, au poids du sanctuaire, et gardons-nous, je vous prie, de n'être ingrates; offrons continuellement action de grâces à Dieu, pour ce bienfait. Le bon David ne demandait à Dieu qu'une seule chose, qui était, qu'?7 habitât en la maison du Seigneur tout le temps de sa vie. Hélas ! Dieu nous a, plusieurs d'entre nous, menées dans sa maison, sans que nous le lui ayons demandé , ains nous lui avons quelquefois apporté de la résistance à ses douces inspirations, et pourtant sa bonté n'a pas laissé de nous tenir par la main, voire, nous porter entre ses bras , pour nous mettre en une vocation toute sainte, et où nous trouvons tant d'occasions de nous sauver et perfectionner, et point de nous perdre, que par notre seule malice. Je vous supplie, mes Sœurs, que toutes fassent une revue particulière sur ce bénéfice, et tâchent de tout leur cœur d'en rendre grâce à Dieu, se résolvant, moyennant son aide divine, d'embrasser tout ce qu'elles verront lui être plus agréable, qui n'est autre

chose que l'exacte observance; et cela, certes, mes Sœurs, il le faut, sous peine d'ingratitude; ça, c'est ce que Notre-Seigneur veut que nous lui rendions, pour les biens qu'il nous a faits; tachons, je vous prie, de le faire fidèlement, courageusement et constamment; si nous le faisons, j'espère que cette suprême bonté nous bénira.

EXHORTATION XIX

POUR LE TEMPS DES RETRAITES

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