‹ Œuvres diversesChapitre 98 sur 281 · SUR LES MOTIFS QUI PEUVENT DISPENSER DU JEUNE · texte numérisé non relu

SUR LES MOTIFS QUI PEUVENT DISPENSER DU JEUNE

J'approuve fort, pour le jeûne, que personne ne s'en dispense de soi-même, et qu'on ne cherche point de ne le pas observer, par propre élection; mais qu'on se laisse, pour cela, avec toute sorte de soumission, à la discrétion de la supérieure et de ceux qui conduisent. Si l'on s'en remet à notre choix, choisissez le jeûne, parce qu'il est toujours bon de pencher du côté de la rigueur pour nous. Mais si vous vous sentez un véritable besoin de ne point observer le saint jeûne, et qu'on vous dise : Ne jeûnez point, ou qu'on s'en remette à votre jugement, usez tout simplement de cette obéissance ou de cette liberté, surtout pour les nécessités suivantes :

1° Si vous sentez que le jeûne vous rende extrêmement chagrine;

2° Si vous êtes sujette à de fréquents étourdissements de tête, ou si vous souffrez souvent de douleurs d'estomac et d'entrailles, parce que le jeûne est extrêmement contraire à ces infirmités-là; car la sainte Eglise n'ordonne le jeûne que pour mortifier la sensualité et non pour ruiner la santé des infirmes

et des faibles, et donner de grandes incommodités à l'esprit; 3° Si, en prenant quelque petite chose le malin, vous supportez mieux le jeûne le reste du jour, il faut le faire sans scrupule; mais toujours avec l'avis de ceux qui vous conduisent.

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