NOTICE
» penchera toujours davantage vers la linguistique et la » grammaire, ce qui, pour un égyplologue, est un » bien'. » Ce jugement et d'autres, répétés au Ministère, y avaient produit de l'effet. M. de Watteviile, alors directeur du service des missions scientiGques, avait pris l'affaire en main, et, malgré le manque d'argent, se faisait fort de renvoyer M. de Rocliemonteix en lîigypte. Cependant, en dépit de sa bonne volonté» rien n'était terminé encore à la fin de septembre, et Mariette qui l'avait recommandé de son mieux commençait à s'inquiéter de lui. « Croyez-vous, écrivait-il, qu'il obtienne une mission? » Pour moi, je suis décidé à l'avoir chez moi, pendant tout » le temps que mon hospitalité ne lui déplaira pas. Mais » encore voudrais-je savoir si le Gouvernement est, de son
» côlé, décidé à l'aider. » Un projet lui était même venu à l'esprit, qui lui aurait permis d'associer M. de Rochemontcix directement h ses travaux. « Vous savez que j'ai
» encore à publier le gros ouvrage sur les tombes de
» l'Ancien-Empire à Saqqarah, lequel est à peu près Qui
» comme texte et comme copie de légendes. Mais cet
» ouvrage est si criblé d'hiéroglyphes et de figures qu'il ne
» peut être qu'autographié. Est-ce que vous croyez que
» Rochemonleix ne pourrait pas se charger de ce soin? En
)!► ce cas, je serais très heureux de lui donner l'hospitalité
» chez moi, de le conduire une autre fois dans la Haute-
» Egypte, et (pour cet hiver) en Egypte? Il pourrait ainsi
» n'avoir pas à demander de mission *. » Tout finit pour-
i. Lettre da 13 mars 1876, écrite à Boulaq.
2. Lettre du 20 septembre 1876, écrite à Pont-de-Briques, près Boulogne-sur-Mer.
NOTICE XXllj
tant par s'arranger, grâce à la bienveillance du ministre d'alors, et, le 9 novembre 1876, M. de Rochemonteix quittait enfin Marseille pour retourner en Egypte.
Les choses n'y marchèrent pas d'abord aussi vite ou aussi bien qu'il l'avait espéré. « J 'ai encore fait le voyage avec M . M ay^ rielte, écrivait-il d'Kdfou, le 1" mars 1877, ol avec les deux y^ Baudry, Paul le peintre, et Ambroise l'architecte; M. de » Lesseps, arrivant par là-dessus avec le fils du vice-roi, » nous a encore pris dix jours» sans compter qu'au » Caire je m'étais pas mal attardé! Enfin, on ne fait pas » généralement sa volonté avec le bey, quoiqu'il le croie. )^ En résumé, depuis mon départ de France, le catalogue » de ce que j'ai fait n'est pas gros : 1o j'ai attendu M. Ma- » riette au Caire, en arrangeant mon bateau ; 2° j'ai fait » du nubien, beaucoup de nubien, et j'en ai une fort jolie » grammaire; 3^ j'ai étudié les ouvrages sur le temple » d'Edfou et les textes publiés; 4** j'ai revu les monuments, y^ et cela sert beaucoup, on rumine après ; 5° j'ai copié des i> stèles nouvelles à Abydos; 6"" j'ai revu le bischari; » 7^ nous avons découvert une nouvelle nécropole. Le con- » sul de Girgèh est venu me dire qu'il y avait sur la rive » de l'Est des trous avec des inscriptions, je me suis em- » pressé de le dire au bey; le lendemain, lui, le consul » et Baudry jeune y sont allés passer une heure. J'ai été » obligé de rester à cause du peintre [Paul Baudry, qui » était indisposé], mais j'y retournerai, en revenant, Tétu- » dier à loisir, car le bey n'y a copié que les dédicaces )» d'un tombeau du temps de Ménephtah'. Mais l'architecte
1. Pablié dans les Monuments dieers, pi. 78 et p. 26-27. Le consul, ou plutôt Tagent consulaire de France à Girgèh, était Âbden-Nour, un gros propriétaire copte.
ÎXIV NOTICE
» [Ambroise Baudry], qui a parcouru le pays, et surtout le
» consul (c*est un Copte), nfont dît que la nécropole était
» considérable (peu d'inscriptions) : il y avait une ville,
» on distingue les restes d'un pylône, il faudrait fouiller.
» Je crois que c'est l'ancienne Tinis, au nooins la dédicace
» copiée par le bey ne parle que des dieux de Tinis et du
» culte d'Anhur. Le bey répond que ce pouvait être un
» étranger enterré là, et penche toujours pour placer
» Tinis à Girgèh où une princesse de Chine (en arabe ùu« y> 5î/i, cf. Tin et ûii Tanis et San : Stn=Tin, calera- » bour logique) a bâti la mosquée. Mais il n'y a pas à » Girgèh les amoncellements qui marquent ailleurs la place » des ruines, enfln pas de nécropole. Je tiens donc pour » Oulcd-es-Scheikh (c'est la nécropole), et je tâcherai, à ï> mon retour, de le prouver. D'ailleurs Tin étant le nom » du nome et de la capitale, Girgèh est encore dans la » région où la mode moderne accorde aux hameaux dissé- » minés le nom de la métropole et en fait comme des fau- » bourgs; la légende de la princesse de Chine s'expli- » querait donc encore très bien de la manière que suppose » le bey, la mosquée (ou un édifice plus ancien) ayant été » fondée par une dame de Tin. Il est curieux que Wil- » kinson soit le seul qui ait indiqué très sommairement » {Manners and Customs) l'existence de ces ruines ; 8^ j'ai » travaillé à Thèbes... Je termine en ce moment le résumé » de mon travail à Thèbes. C'est l'analyse du petit temple
1. C'est le viUage de Méshéikh où des fouilles rapides, exécutées de 1882 à 1883 ont mis au jour un petit temple de Ramsès 11, avec une réunion de statues de Sokhlt, au nom d*Âmenhotpou III, provenant du temple de Moût à Thèbes.