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BiBL. ÉGYPT., T. m. 18

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double destination d'un grand nombre d'emblèmes et de formules qui ornent les murs, et qui ne sont pas destinés seulement à rappeler un dogme, un principe religieux, mais aussi à acquérir au monument et aux adorateurs qui y pénètrent, aux divinités mêmes qui l'habitent, une protection {sa) spéciale. C'est à l'aide de formules, de fragments du Livre des Morts ou d'autres ouvrages, que le défunt acquiert le makheru, plus encore que par son existence, et ces formules lui donnent la victoire sur les ennemis de tout genre qui l'empêchent de suivre le cours de ses heureuses transformations. Enfin c'est Thot, le grand dépositaire des rituels, qui donna le mâ-kheru à Osiris. Il y a donc dans le mot ma un vague dont il faut tenir compte ; il rappelle les idées de justice et de vérité, mais aussi de science divine et, dans un ordre moins élevé, mais exact, de magie. Le sens approximatif du mot ma dans le style religieux me parait être traduit par « la loi divine, l'ensemble des lois divines », et, comme adjectif, « conforme aux lois, aux prescriptions divines. » De même que les paroles consacrées dissipent les ennemis du bien, de même la lumière dissipe les ténèbres; dans ce sens elle peut être appelée ma. C'est Ma, la double fille du soleil, le rayon qui illumine le Nord et le rayon qui illumine le Midi ; c'est elle qui crée et qui maintient la Création contre les puissances destructives ; elle est donc la loi divine, la règle qui régit l'Univers. Comme maintenant la Création, comme la Providence^ elle est la déesse mère et devient un nom d'Hathor et par ce fait de la montagne funéraire ; à elle surtout de protéger le dieu et de favoriser sa régénération, et dans notre tableau, elle s'incorpore pour cela au dieu et lui donne la vertu à la fois divine et magique du ma.

Le tableau suivant affirme l'identité d'Amon et d'Osiris ; en effet deux dieux reçoivent les hommages. Le premier est représenté avec les attributs d'Osiris, lepedum et lejlagellum croisés sur la poitrine; derrière lui, et comme le complétant, un Osiris coiffé comme l'Osiris du tableau précédent.

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mais le corps engainé. Le premier est « Amon-Ra de Thèbes, celui qu'on nomme Amon-Ra né dans le temple de la grande Apet », celui qui rassemble ses membres dans le « temple de l'engendrement » . Le second personnage qui suit Amon pour compléter la série d'emblèmes à accorder à Amon, s'appelle simplement Osiris le bien-aimé, le dieu illustre.

Ainsi, l'idée développée jusqu'ici est une pensée d'adoration au dieu qui sort triomphant des lois divines contre les puissances du mal; il en sort triomphant par le ma et par la science des formules divines. Ce dieu dans le temple présent est Osiris, mais une forme locale, l'Osiris de Thèbes, qui n'est lui-même que le grand dieu de Thèbes, Amon-Ra, lorsqu'il passe dans la région de l'Ouest et qu'il dispose ses membres pour une nouvelle renaissance.

Le tableau qui clôt la série montre que la victoire est complète après la lutte au moyen du ma, et le roi, sans diadème, ne jouant cette fois d'autre rôle que celui d'adorateur, est en présence du dieu ressuscité derrière lequel on voit Horus sur les genoux de la déesse qui a contribué à la renaissance. C'est le résumé du drame et des acteurs divins. Le dieu a pour titres : « Osiris Unnefer mâ-kheru, roi de toutes les divinités, le père des Horus, né dans le temple d'Apet Urt. »

2* registre.

Séries droite et gauche.

Le registre supérieur est un développement de l'idée exprimée dans le premier registre. Le dieu adoré dans la chambre est le premier créateur, il est le père des dieux, il fait vivre ses créatures et maintient son œuvre par la terreur dans tout l'Univers; c'est aussi le dieu plein de sollicitude, comme Nut, la mère divine, du sein de laquelle jaillit la lumière dans le temple de la grande Apet, qui étend ses ailes pour ombrager la ville de Thèbes. Ce dieu prend dans l'édifice le nom « d'Osiris Unnefer , roi des dieux, celui qui se réjouit de

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son temple à Thèbes et qui juge l'Egypte du lieu de son engendrement ». Ce dieu n'est lui-même à Thèbes qu'Amon- Ra, dont la compagne Mut, qui règne sur VAsher^ exerce principalement et plus efficacement son rôle protecteur en s'identifiant à la déesse Ma. C'est le taureau deux fois grand adoré à Madit (Médamôt^ au nord de Thèbes), qui règne dans le ciel nocturne, celui qui préside aux révolutions solaires, qui illumine l'Univers, qui dispose des rayons de son disque; il est semblable à Mentu, le dieu qui règne à Erment (au sud-ouest de Thèbes) avec sa compagne Ra-Taui, la divine protectrice, et qui par sa vaillance est le protecteur de la divinité vaincue sous le nom d'Osiris roi des dieux ; — il est le dieu qui renaîtra au matin comme Chons.

On le voit, ce n'est qu'une paraphrase du premier registre et qui correspond à l'expression de la divinité évoluant et présidant elle-même à ses évolutions au moyen du ma.

Le tableau qui occupe la paroi du fond a un intérêt spécial; il nous reporte aux monuments qui se trouvaient dans la chambre et aux cérémonies qui y étaient accomplies. Il a été publié par M. Lepsius; je le décrirai sommairement.

Sur un lit funèbre est étendu un dieu; les premiers symptômes de la vie nouvelle se manifestent en lui par le mouvement de son bras qu'il porte vers sa face. Au-dessus de lui vole un épervier ithyphallique à tête humaine, coiffé du diadème d'Amon. C'est Amon-Ra, l'âme auguste d'Osiris, qui vient se joindre à son corps.

Ce sujet était en nature dans la chambre, et représentait le cercueil traditionnel d'Osiris Thébain. On sait par la belle publication des textes de Dendérah de M. Mariette, que dans chaque salle était uncercueild'Osiris couché dansune attitude spéciale. De chaque côtédu cercueil, deux statues représentent Isis et Nephthys debout; Isis avance une main vers la tête du dieu: « J'élève mes mains, dit-elle, pour sauvegarder tes membres. » Enfin, derrière Isis, un petit groupe représentant Horus en or, tenant par les oreilles le génie du mal, le tra-

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meur de mauvais dessins, et le frappant de sa massue, complète la scène. La couleur de la matière de chaque objet symbolise le rôle de chaque personnage. Les inscriptions nous apprennent la matière dont se compose chaque objet et les dimensions. Autour de ce cercueil les prêtres s'assemblaient et donnaient une représentation de la passion d'Osiris. Nous ne savons pas malheureusement la date de cette grande fête : mais l'inscription placée au-dessous du cercueil nous apprend son nom, le jour de la résurrection s'appelle « le jour du taureau saint dans son champ ». C'est une inscription que nous avons trouvée mentionnée déjà et dont voici le texte :

û û NX O ClT -,. Elle donne en outre la situation du temple.

La scène, les cérémonies que les prêtres venaient accomplir autour du cercueil et le but mystique sont figurés symboliquement par l'offrande du roi et des divinités qui l'assistent. Le roi tient en effet les bandelettes destinées à la momie, il se présente comme incarnant les forces mystérieuses qui aident à la génération. Aussi les huit dieux dont nous avons déjà vu plusieurs fois la liste, et qui assistent ici le roi, ontils, le principe mâle, une tête de grenouille, le principe femelle, une tête de couleuvre. Tout ce qui tient à la terre et qui sort mystérieusement de ses entrailles, semble aux Égyptiens propre à rappeler les idées des forces cachées aidant à la Qoraison, à la renaissance; le fellah lui-même, courbé sur le guéret, est un agent de renaissance, et c'est dans ce sens que les scribes revêtent le dieu Ptah, répondant aux mêmes idées, du serre-tête propre aux fellahs sur les monuments. C'est aussi comme résumant ces forces que le roi se présente avec ce serre-tête, encore usité aujourd'hui par le fellah, même à défaut d'autre vêtement. Le disque qui rayonne au-dessus de la tête du dieu rappelle le principe de

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toute puissance et de toute force. Enfin, Ptah en gaine et Thot, dont les rôles sont connus et communs avec ceux des huit dieux, suivent le roi. Les deux dernières lignes de la légende, écrites au-dessous du cercueil, rappellent la présence de tous les personnages figurés et leur rôle dans le grand drame divin.

Tel est le sujet de ce tableau qui, en résumant les idées religieuses qui s'attachent à TOsiris de Thèbes et au mythe général de la religion universelle, repeuple en partie la chambre des objets qui la décoraient et nous donne comme un écho des cérémonies principales célébrées dans le temple. La principale rappelle la mort d'Osiris et, en même temps, son engendrement, au souvenir duquel le temple a été consacré.

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