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1. Les signes placés entre crochets sont communs aux deux inscriptions.
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Série gauche (ouest).
Par la disposition des lieux, la série des tableaux de gauche est la plus importante. Nous allons nous trouver encore en présence d'idées de résurrection exprimées; il est évident qu'à moins de séries épisodiques rappelant les fêtes célébrées en rhonneur du dieu, le prêtre va surtout s'adresser au moment qu'il appelle de tous ses vœux. Aussi, le premier tableau est-il une invocation aux divinités terribles qui luttent contre le mal. L^adoration est faite par la créature ramenée à la vie, par le roi portant les attributs du dieu rajeuni, le diadème formé des bouquets de lotus. Il offre le sphinx, emblème de vaillance et qui rappelle les idées doi\t Shu est le représentant, aux deux lions qui combattent au matin : 1° Shu, le dieu lumière qui crée et qui tue, mais aussi le vent frais du Nord^ le souffle divin qui pénètre dans les narines du dieu mort et le ranime; 2** Tefnut, fille du soleil, qui renverse les ennemis de TÊtre-bon; il l'offre enfin à Har-uer, qui règne au Midi, le fils de Nut, le vaillant, le chef des dieux qui vengent Unnefer mâ-kheru, la joie de son fils Horus.
Le tableau suivant occupe toute la paroi ouest. Il nous montre tous les dieux ayant concouru à l'accomplissement heureux du grand drame, « ses serviteurs », qui viennent faire acte d'adoration au dieu ressuscité. Ce sont les deux grands maîtres des cérémonies divines, Monta et Tum qu'on voit dans les temples^ introduisant les rois en présence du dieu, et qui personnifient le soleil sous ses deux formes actives, le jour et la nuit, Montou, seigneur deThèbes,Tum, seigneur des deux pays de An (Héliopolis et Erment) ; Shu, fils deRa, et Tefnut, fille de Tum; Seb et Nut; Tanent et Annit; Osiris et Isis; Har-uer et Nephthys; enfin Horus, roi du ciel, et Hathor de Thébes, et Sebek. Il est à remarquer que dans la série des divinités, Osiris figure ; on reconnaît là le procédé employé par la mythologie égyptienne. Osiris^ grand dieu sur le sol natal de son mythe, est adoré sous la
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forme prédominante connue : bientôt le nom d'Osiris deviendra le symbole, la personnification de ce rôle prédominant, le nom d'Osiris représentera cette personnification. Dans le concours des dieux, il devra comparaître pour y jouer le rôle qui le caractérise et pour disposer des moyens dans le drame de la résurrection divine. D'ailleurs, l'Osiris auquel s'adresse l'hommage n'est pas proprement l'Osiris d'Abydos ou le personnage du mythe célèbre, c'est un grand dieu qui meurt et qui ressuscite, le grand dieu de Thèbes, Amon-Ra, et qui prend dans cet état le nom d'Osiris Thébain, ce qui est plutôt un qualificatif qu'un indice de changement de personne. Cette identité de l'Osiris adoré dans la chambre et d' Amon-Ra n'est pas seulement proclamée dans le tableau suivant, elle l'est dans toute chambre. Aussi Amon et la triade thébaine ne figurent pas dans les dieux en adoration. Le roi lui-même se présente comme résumant le rôle que jouent toutes les divinités qui sont comme le détail de sa personnalité, c'est-à-dire la forme secondaire de dieu, qui préside aux résurrections. Il a donc les attributs d'Osiris, le diadème Atef, et présente une offrande qui est le symbole du procédé employé pour ressusciter le mort, la couronne qui confère le mâ-kheru et qui doit donner la victoire au dieu sur ses ennemis.
Le dieu est coiffé de la couronne du Midi ornée de plumes et d'une guirlande d'urœus ; sur son front se dresse également une ursDUS coiffée de la couronne du Midi. Enfin, dans le disque lunaire qui est au-dessus de la porte de la chambre, le dieu, qui est gravé à l'intérieur, porte aussi une couronne blanche, qu'il est nécessaire de distinguer de VAtef. Nous avons affaire là à une représentation locale d'Osiris. Parmi
ses titres il est dit U^"^^^ U « quand il se lève, il est le
dieu éblouissant, c'est lui qui revêt le diadème hcus éblouissant (blanc comme la lumière). » Il est l'Osiris de Thèbes, fils de Nut, élevé par sa mère dans le « lieu de son engendrement, lemaître de l'heure awjoMrcf a taureaupur dans son champ y^
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(c'est-à-dire Amon momie étendu sur son lit funèbre); ce dernier titre nous apprend le nom de la grande fête qui était célébrée dans la chambre. Derrière le dieu, une déesse le tient embrassé et élève la main en signe de protection. « Elle s'unit à ce dieu dans sa forme de ma. »
Le résumé des inscriptions et de la représentation nous montre que c'est surtout au moyen du mâ-kheru qu'Osiris est secouru par les dieux. « Ra-Harmakhis, dit le roi, rendra ma tes paroles en présence de tes ennemis ; » et en récompense le dieu lui répond: «Je te donnerai le mâ-kheru contre tes ennemis au jour de l'examen des paroles. » Enfin la déesse protège le plus efficacement le dieu en se réunissant à lui sous forme de ma.
J'ai déjà parlé du sens vague du mot ma que je crois dangereux de traduire par vérité, à cause du sens précis que la langue française confère à ce mot^ . Le sens précis du mot ma serait plutôt règle, par suite vérité, justice, art, science, et surtout, je crois, la science divine. Or n'oublions pas que nous sommes en Egypte, où la science divine n'est pas seulement la vérité, telle que nous l'entendons, la connaissance des lois de l'Univers ; mais aussi la connaissance des formules qui jouent un si grand rôle dans la religion égyptienne. Un mot, une prière, une allusion mythologique, le nom d'un dieu, prononcés par l'initié, acquièrent une vertu qui refoule les ennemis dont les terreurs vagues de son imagination peuplent l'Univers, et aussi dans les dangers réels, les grands actes de l'évolution humaine. La science divine était beaucoup pour l'initié la connaissance des textes et des paroles consacrées par la tradition. Ce n'était pas dans un but purement spéculatif, il y avait des avantages pratiques, l'initié acquérait ainsi une force particulière dans ce monde et dans l'autre. La Vérité pour lui comportait un grand fonds de magie. J'ai insisté, à propos du temple d'Edfou, sur la