‹ Œuvres diversesChapitre 12 sur 169 · XXVI NOTICE · texte numérisé non relu

XXVI NOTICE

petitesse des chambres rendait diflScile et même dangereux pour sa sant« un séjour prolongé à bord durant les mois d'été : il y serait mort de chaleur, à supposer qu'il échappât aux coups de soleil. Il vint donc s'établir dans le temple et il y choisit pour logis les chambres sans décoration qui sont situées au second étage, sur la petite cour de la chapelle du Nouvel-An. La destruction d'un mur par les Coptes as moyen âge les avait largement ouvertes vers le septentrion ; elles reçoivent librement cette douce brise du Nord, dont les vieux Égyptiens appréciaient si justement la fraîcheur. Une des pièces servait de cuisine et de garde-manger, l'autre de chambre à coucher et de cabinet de travail : une couchette empruntée au bateau, une ou deux caisses à linge, deux rayons en bois blanc pour les livres et pour les papiers, quatre chaises, une table, une paire de ces nattes recourbées et piquantes sur les bords afin d'écarter les invasions de scorpions. Deux voies se présentaient pour arriver à ce perchoir improvisé : les escaliers qui montent à la terrasse par où passaient les visiteurs graves, les assises du mur démoli qui permettaient de tomber directement dans la cour du Nouvel-An en deux bonds et trois sauts. La nourriture était simple et sans variété: des conserves, et des poulets maigres ou des pigeons, auxquels venaient se joindre de temps en temps un quartier de mouton et l'un de ces dindons gigantesques, où un homme seul trouve aisément de quoi manger pour quatre ou cinq repas. Le cuisinier du bord épuisait son imagination à renouveler ce maigre menu, de manière à raviver un appétit émoussé par les chaleurs de Télé. La société n'abondait pas: un Européen d'occasion, rarement un égyplologue, comme M. de Bergmann, qui

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copiait uQ texte ou deux ', un artiste d'occasion, peintre ou archîlecte. « J'ai un compagnon pour quelques jours ; c'est » un architecte espagnol qui croque le temple au profit de » son Gouvernement ; je lui ai procuré une joie d'enfant en >^ lui dessinant linéairement des hiéroglyphes. II en dessine H avec fureur et fait un profil détaillé du temple. Son >v ardeur est récompensée et il fait déjà mieux que Geslin * : y> s'il continuait, il enfoncerait Weidenbach. Je lui ai parlé >^ des services qu'il pourrait rendre : il mordra peut-être. » Le palais donne peu en Espagne, et je lui indique votre » adresse, car il veut aller à Paris. » Ce jeune homme, qui était pensionnaire de l'Académie d'Espagne à Home, s'appelait, autant qu'il m'en souvient, Amador de los Kios; il appartenait à la famille du lilléraleuretde l'homme d'État, et ses dessins montrent ce qu'il aurait pu faire, s'il avait persévéré et s'il avait vécu. C'étaient là des exceptions heureuses: le plus souvent, M. de Rochemonteix en était réduit à la société des gens du pays, télégraphiste, postier, mamour de la police, gardien du temple. Ce dernier était un vieil officier, Mahommed-Effendi Marzouk, élève de l'École polytechnique, soldat d'Ibrahim-Pacha et de Soliman-Pacha, qui avait fait en dernier lieu la campagne de Crimée, avec le grade de capitaine. Comme il avait appris le français au collège, il croyait le savoir, et de fait, il commandait admirablement l'exercice. Aux jours de gaieté folle.

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