Du moins, avant la victoire des Mahdistes
tinguent non moins des nomades de race Kushite ^ qui les entourent de toutes parts, et auxquels ils ne s'allient pas.
Se fondant sur Tidentité de langue, on leur attribue la même origine qu'aux misérables nègres du Dar Nuba, traqués dans les montagnes du Kordofan, au sud de Lobeld, dont on a fait ainsi, avec Pritchard, leur première patrie. Ce n'est point ici le lieu d'entrer dans une discussion scientifique de cette assimilation ; je n'ai pour cela ni la compétence nécessaire, ni la disposition de documents anthropologiques précis, lesquels font encore, je crois, un peu défaut. Mais je ne puis m'empécher de reporter mon souvenir sur ces représentants des tribus Nobawia ', que j'ai interrogés pendant un séjour que je fis, en 1877, à Wadi- Halfa, à l'époque des hautes eaux, c'est-à-dire au moment de l'affluence des gellabs " ; il m'a semblé alors qu'il y avait tout un monde, au point de vue de l'intelligence et des traits, entre eux et leurs prétendus frères. Je les ai trouvés plus dégradés que les autres esclaves nègres convoyés avec eux, et les rapports des voyageurs me confirment que je n'ai pas eu là une impression de circonstance.
En fait, les Barbarins, tels que nous les voyons aujourd'hui, sont une race mixte, reste des derniers champions de la cause nègre dans la lutte tant de fois séculaire qui s'est livrée, sur les bords du Nil, entre deux grandes familles humaines, les fils de Kush frère de Misraîm et les noirs Sou-
1. J*entends par Kushites les tribus de môme race que les nomades Bisharl, Hadendoa, BenUAmer, dont la langue est apparentée avec rancien égyptien, et qui occupent en majorité les déserts du Soudan égyptien et la portion du continent africain bornée par le Nil et la Mer Rouge, y compris TAbyssinie et les territoires Galla et Somali, soit qu*elles aient conservé leur idiome ancien, soient qu'elles aient appris une langue sémitique.