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Les signes placés entre crochets sont écrits dans le sens

318 LE TEMPLE D APET

au rôle et surtout au mythe d'Osiris : il devient une succursale du temple d'Amon, comme le temple des Terrasses, à Dendérah, est une succursale de celui d'Hathor destinée à Taccomplissement des fêtes importantes, et ici aussi peutêtre, répond-il à une tradition différente de celle qui était représentée par le grand temple.

J^avais d^abord songé à faire copier par les membres de la Mission française les parties d'inscriptions qui manquaient dans le manuscrit de M. de Rocbemonteix, et à faire collationner sur Toriginal celles dont nous publions la copie. Il n'a pas été possible de donner suite à ce projet. Je livre donc l'œuvre de M. de Rochemonteix, telle que nous l'avons trouvée dans ses papiers, en priant le lecteur de vouloir bien excuser les imperfections qu'elle présente forcément, et en espérant qu'un autre pourra la reprendre et l'achever . — G. M.

Le mouvement qui a conduit à rechercher les chansons populaires, les contes, les légendes, s'accentue de plus en plus ; les recueils périodiques se multiplient, des sociétés d'émulation où chacun doit conter et chanter se fondent et prospèrent. Ces humbles documents sont entrés dans la science et y ont pris une place importante ; des hommes d'un talent éminent, en Allemagne, en Angleterre, en France, se sont détournés de leurs travaux pour leur consacrer une étude attentive, et la méthode qu'ils ont instituée en a tiré déjà des lumières nouvelles pour l'histoire des grandes races. A côté de l'école philologique, une phalange, plus ardente encore à la collection, fouille dans les souvenirs de tous les peuples, s'adresse aux tribus les plus sauvages, tout en se refusant la moindre interprétation, et en annonçant qu'elle ne fait qu'amasser des matériaux pour une œuvre à créer dans un avenir indéterminé. J'apporte aujourd'hui ma petite part; mais à l'exemple des folkloristes purs, et peut-être pour ces motifs de réserve que bon nombre d'entre eux ne s'avouent pas, je me contenterai du rôle facile de narrateur, sans chercher à reconstituer, à travers les âges et les peuples, la genèse et les parentés des récits que j'expose ci-après.

1. Extrait des Mémoires présentés et lus à l'Institut égyptien ^ t. II, p. 433-549.

Ces récits ont été recueillis parmi les populations à qui les fellahs d'Egypte et les nomades avoisinant le Nil donnent, avec une nuance de mépris, le nom de Barbarins \

Serrés sur l'étroite bordure que le fleuve a formée le long de ses rives, depuis Assuan jusqu'aux environs du Gebel Barkal, les Barbarins vont chercher leur vie dans des régions plus privilégiées. Ceux du nord descendent en masse dans les campagnes et les villes égyptiennes pour se faire gardiens de récoltes, veilleurs de nuit, domestiques, matelots, interprètes. Ceux du Dongola, au sud, manifestent mieux encore leur esprit assimilateur (surtout dans leur jeunesse), leur activité ; ils ont, dans tous les marchés du Soudan, des colonies commerciales puissantes, se font les courtiers et les percepteurs de l'Egypte*. Dans ce siècle même, des hommes de leurs tribus ont été les héros de brillantes aventures. Faut-il le rappeler^ le Mahdi, qui vient d'associer dans un mouvement formidable tant de mécontents, d'avides et de fanatiques des races les plus diverses, est originaire d'une lie du Dongola ; et les Anglais ont semblé croire qu'un autre Barbarin, le sheikh Tombol, le descendant des Tombol et des Zuber d'Argo, couvrirait rÉgypte contre l'envahissement du Soudan.

Les Barbarins ne sont pas intéressants seulement pour leurs qualités morales : voisins immédiats des Égyptiens, ils en diffèrent essentiellement par le type physique, et se dis-

1. iSxJ, barbari « barbare », pi. berdbra. Contrairement à Vopinion de H. BRUG8CH, je crois que la ressemblance de barbari avec le nom de la ville de Berber et des Berberata antiques du Haut-Nil est toute fortuite. — M. LÉO Rbinisch a déjà, à la suite de sa grammaire nubienne, donné un choix très intéressant de fables, d'historiettes, d*on-dit barbarins.

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